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Société

RAMF 2016 : France, Syrie, Palestine, Birmanie... les ONG préparent le Ramadan

Rédigé par Samba Doucouré et H. Ben Rhouma | Mercredi 18 Mai 2016

Les ONG musulmanes ont occupé une nouvelle fois une place prépondérante lors de la 33e RAMF. Elles ont encore su s'imposer auprès du public musulman qui se prépare à accomplir le mois du Ramadan. Zoom sur quatre ONG.



Pour les associations caritatives musulmanes, la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) est un rendez-vous crucial pour travailler son image et recruter de nouveaux donateurs.

Les terribles images de la guerre en Syrie et de ses conséquences n’ont pas manqué de sensibiliser des visiteurs, invités dans les allées à s'arrêter quelques instants devant les écrans installés par Syria Charity. Pour sa cinquième participation consécutive, elle a eu une présence très remarquée au sein de la Foire musulmane. Les soirées ont été animées par des showcases de bénévoles qui chantaient des chansons de soutien au peuple syrien. L’ONG a choisi d’exposer une ambulance. Son président Mohammad Alolaiwy s’en explique : « On a mis l’accent sur ce sujet parce qu’on a un manque cruel d’ambulances. Elles sont systématiquement prises pour cible. Quatre d’entre elles ont été bombardées et détruites. »

Dans une déclaration finale des participants lue lors de la clôture de la RAMF, l’UOIF n’a pas manqué de souligner le conflit syrien, appelant les pouvoirs publics à prendre des positions « plus claires et plus fermes en vue d’un règlement rapide de ce drame ».

« La situation internationale s'enracine dans le chaos avec un conflit en Syrie qui fait couler le sang depuis cinq ans. (…) Plus que jamais, les participants (de la RAMF) appellent nos dirigeants et ceux de l’Europe à agir efficacement pour arrêter le régime syrien dans sa folie meurtrière. Ils (…) insistent pour l’organisation de couloirs humanitaires durables », fait-on savoir.

Syria Charity tente, tant bien que mal, à organiser des actions d'urgence et concentre pour cela ses efforts à l’intérieur du pays car selon son responsable, « en plus de la faim, de la soif et du manque de médicaments, ils doivent subir les bombardements quotidiens ». Pendant le mois du Ramadan, « des dizaines de milliers de repas seront distribués » lors de la rupture de jeûne dans des cantines installées dans quatre villes de Syrie que sont Damas, Alep, Homs et Hamma, une opération qui n'est possible que « grâce à la générosité des donateurs », indique Mohammed Alolaiwy. Il se dit satisfait de son opération communication à la RAMF durant laquelle « nous avons dépassé largement nos objectifs. Nous sommes très satisfaits aujourd’hui de la générosité des musulmans mais aussi de toute la communauté nationale ».

De la guerre en Syrie et ses conséquences

Les réfugiés fuyant la guerre en Syrie et en Irak se comptent par millions. Sur ce point, le Secours islamique France s’est distingué en proposant aux visiteurs des immersions virtuelles dans la vie de ces survivants de la guerre. « Au lieu de faire des discours rébarbatifs entendus dix fois à la télé, nous avons choisi de mettre en place des installations qui impliquent les visiteurs, font appel à leurs sens, à leurs émotions et ensuite à la raison », explique Samira Alaoui, chargée des relations presse au SIF.

En parallèle d'une expérience 360° proposée à l'aide d'un casque de réalité virtuelle permettant aux visiteurs de connaître des zones d'intervention du SIF, on pouvait trouver, parmi les installations, « Je suis réfugié », la reconstitution d’une maison dans un pays en guerre. Chaque personne qui entre disposait de 30 secondes avant de fuir un bombardement imminent et devait choisir dans la précipitation quels objets prendre. Une situation inspiré du cas concret de Gazaouis qui, en 2014, recevait des sms les prévenant de la destruction de leur maisons quelques minutes avant les assauts israéliens.

Selon Samira Alaoui, la multiplicité des interlocuteurs institutionnels rend difficile le travail avec les réfugiés en France. Cependant, le Secours islamique a obtenu de pouvoir proposer un abri pour les SDF au-delà de la période hivernale. Une cinquantaine des réfugiés du quartier Stalingrad à Paris bénéficient actuellement de ce dispositif.

A l’approche du mois de Ramadan, l’ONG déclare nécessiter de davantage de bénévoles pour distribuer 3 000 repas par jour pendant un mois, confectionner les 5 500 colis solidaires à destination des prisons et livrer des paniers alimentaires dans les foyers de migrants. En outre, un partenariat avec les Etudiants musulmans de France (EMF) va permettre de préparer des repas de rupture de jeûne (iftar) dans 25 villes de l’Hexagone pour les étudiants en difficulté. Des camions vont ainsi sillonner le pays pour collecter les dons alimentaires.

Un intérêt toujours fort pour la Palestine

Une des ONG des plus visibles fut le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), qui s’est alloué un important espace à l’entrée du salon ainsi qu'au forum Génér'action. Le CBSP a rendu hommage à Jérusalem. Une exposition de tableaux et une maquette de la mosquée Al Aqsa ont été présentées. Une imposante reproduction du dôme du Rocher « qui symbolise la culture et l’histoire palestinienne » trônait au milieu de l’installation.

Une grande tente aux couleurs noires, vertes et rouge a servi de point de ventes de produits palestiniens et de gadgets aux couleurs de la Palestine. « La campagne du mois de Ramadan sert à distribuer de l’argent pour les familles palestiniennes qui vivent dans la détresse afin qu’elles puissent jeûner dignement et offrir des cadeaux enfants » témoigne Mouloud Bouzidi, directeur du CBSP. Lors de la soirée du 15 mai, l’ONG a organisé une vente aux enchères d’objets d’arts dans la salle de conférence. Pour le responsable du CBSP, « la Palestine intéresse la majorité de nos visiteurs et doit être présente chaque année. Je pense que nous avons marqué les esprits ».

Outre la Syrie et la Palestine, « d’autres peuples dans d’autres pays vivent sous la tyrannie et la répression. Les participants rappellent la responsabilité de l’humanité quant aux aspirations et au devenir de ces peuples », a souligné l’UOIF dans son discours final. Moins imposant mais toujours présent pour la troisième année consécutive, le collectif Halte au massacre en Birmanie (HAMEB) a répondu présent pour plaider en faveur des minorités persécutées du pays, en particulier des Rohingyas.

Tout juste revenus d'une mission humanitaire en Birmanie la veille du Salon du Bourget, le secrétaire général de HAMEB Djebril Kaouche a été de ceux qui a tenu le stand. Ce sont 770 familles, soit près de 4 000 personnes regroupées dans un camp, qui ont pu bénéficier dernièrement de colis alimentaires. Une action précieuse appelée à se répéter dans d'autres régions, par d'autres structures, dans l'optique du Ramadan, occasion pour les associations caritatives et leurs soutiens de faire vivre les valeurs de partage et de fraternité auprès des démunis.





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