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Société

Ramadan : solidarité et fraternité, un bilan positif pour les mosquées

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Lundi 2 Septembre 2013

La fin du Ramadan s’est terminée jeudi 8 août avec la fête de l’Aïd al-Fitr. Durant ce mois, l’élan de solidarité a été une nouvelle fois perceptible du côté des mosquées mais aussi des associations musulmanes, qui, pour l’occasion, ont proposé des repas aux plus démunis. Retour sur un mois durant lequel la fraternité a primé de toutes parts dans l’Hexagone.



Repas de rupture de jeûne au centre cultuel et culturel Ibn Khaldoun à Clichy-la-Garenne.
Repas de rupture de jeûne au centre cultuel et culturel Ibn Khaldoun à Clichy-la-Garenne.
Avant le mois de Ramadan, de nombreux lieux de culte se préparaient à recevoir les plus démunis. Comme cela est devenu une habitude depuis de nombreuses années, de multiples mosquées ouvrent leurs portes aux nécessiteux lors du mois sacré du jeûne. Elles leur offrent des repas pour la rupture du jeûne (iftar).

L’année 2013 n’a pas dérogé à la règle. Durant ce mois de Ramadan, qui a été entamé le 10 juillet par la majorité des musulmans, les plus démunis ont pu compter sur les repas offerts par de nombreux lieux de culte.

300 repas distribués par jour

A Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le centre cultuel et culturel Ibn Khaldoun, géré par la Fédération des associations musulmanes de Clichy (FEDAM) a offert entre « 200 à 230 repas par jour », nous dit Nasruddin Beegun, le président de la partie cultuelle. Ce sont exactement 5 567 repas qui ont été offerts, précise Mourad Bouchetara, le président de la FEDAM. Pourtant, la mosquée, fraîchement inaugurée le 7 juillet, ne projetait pas de proposer des repas d’iftar dans un premier temps. Mais « j’ai insisté parce que j’ai vu que les gens s’attendaient à cela », raconte M. Beegun.

Beaucoup de sans-papiers lui avaient fait part de leurs besoins. « Il fallait absolument qu’on le fasse », estime M. Beegun. Leur action a rapidement attiré du monde. « On pensait avoir moins de monde », fait-il d'ailleurs remarquer. Des personnes venues des villes voisines comme Courbevoie et Levallois-Perret ont fait le déplacement pour partager un repas complet (entrée, plat, dessert).

384 colis ont aussi été distribués à des personnes démunis. « Une cinquantaine par jour », précise M. Beegun. Les responsables de la mosquée ont été « soutenus » dans leur démarche par un supermarché « 100 % halal ». Résultat, la fédération n’a déboursé qu'entre « 500 et 800 € », décompte M. Bouchetara, qui ajoute que 70 834 € de collecte et 12 000 € de Zakat al-Fitr, ont été versés à la mosquée par les fidèles durant le Ramadan.

Tandis que l’affluence a été plus importante que prévue à Clichy, à Orléans (Loiret), l’association Annour fait savoir que, cette année, le nombre de bénéficiaires aux repas offerts les soirs du Ramadan a été plus faible qu’« habituellement ». « Entre 60 et 120 repas » ont été distribués, estime Abdelaziz Ziti, son président. Les années précédentes, « jusqu’à 300 repas » pouvaient-être distribués. « C’est à cause des vacances », explique M. ZIti

Du côté de Nantes (Loire-Atlantique), le nombre de 300 repas a été atteint certains jours dans la mosquée Assalam. Des paniers ont également été offerts aux personnes « dans le besoin », à raison de 100 par semaine, indique Abdelkhalek Chadli, le président de l’Association islamique de l’ouest de la France (AIOF), gestionnaire du lieu de culte, inauguré en novembre 2012. L’opération Ramadan a coûté 15 000 €, précise-t-il. Avec une telle somme, chaque soir, « un bon repas » comportant « une chorba ou une harira, un plat de viande et sauce, un dessert, un café et du thé » attendait les bénéficiaires. Tous étaient invités à prendre place dans des chapiteaux.

Des repas pour les étudiants

A Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le Secours Islamique France (SIF) a de la même manière dressé une grande tente pour accueillir tous les nécessiteux sans distinction, pendant tout le mois du Ramadan. L’opération baptisée « Les Tables du Ramadan » a, une nouvelle fois, fait le bonheur de nombreuses personnes en manque de moyens et à la recherche de convivialité.

« Nous avons dépassé nos prévisions dès le premier jour avec 350 repas pour atteindre en fin de 2e semaine les 1 000 repas par jour, en comptant la cinquantaine de colis alimentaires délivrés en urgence chaque jour pour des certaines personnes qui n'ont pas les moyens de manger durant le souhour (le matin avant la prière de l’aube, début du jeûne, ndlr) », nous informe Samira Alaoui, chargée de communication du SIF.

Ceux qui ont étaient venus bénéficier de cette opération étaient des personnes seules ou isolées, des sans-abri, des Roms, des réfugiés, des travailleurs pauvres, des familles et mères célibataires ou encore des étudiants. Ces derniers, qui ont un pouvoir d’achat faible, ont pu, par ailleurs, bénéficier du programme Ramadan mis en place par Etudiants musulmans de France (EMF).

Une douzaine de section de l’association y ont participé, certaines ont proposé des repas quotidiennement ou trois fois par semaine pour la rupture du jeûne, d’autres ont distribué des colis alimentaires, précise Abdoulaye Gaye, le président d’EMF. A Caen, où il est basé, « une trentaine de repas » ont été offerts « tous les jours », mais le bilan national de l’opération menée avec l’aide financière du SIF n’a pas encore été établi.

Couscous de l’amitié

Qu’elles viennent de mosquées ou d’associations, toutes ces opérations ont été les bienvenues pour les plus démunis durant le mois du Ramadan. Mais elles dévoilent aussi la progression de la pauvreté. « Nous avons noté une plus forte présence de personnes qui travaillent mais qui ne parviennent pas à subvenir à leurs besoins durant le Ramadan », fait ainsi savoir Samira Alaoui du SIF. « Ils nous exprimé leur besoin d'une manière plus urgente cette année, nous avons senti un appauvrissement général des bénéficiaires : c'est pourquoi plus de bénévoles ont pu être présents et créer ces liens de solidarité qui leur manquent tant », ajoute-t-elle.

A Clichy, pour leur première organisation de repas de Ramadan, l’élan de générosité s’est manifesté avec de nombreux « jeunes » qui ont rejoint l’aventure solidaire. Les responsables de la FEDAM ont été entourés au départ de deux ou trois cuisinières bénévoles puis par 20 à 25 personnes.

Au sein des lieux de culte musulman, l’esprit d’entraide ne s’arrête pas à la fin du Ramadan. A la mosquée Assalam de Nantes, à partir de novembre, et jusqu’au mois de février, on organisera le « Couscous de l’amitié », chaque dimanche. Organisée depuis quelques années, cette opération attire entre « 300 et 400 personnes » de tous les horizons.

D’autres commencent à réfléchir à l’organisation d’un repas offert aux pauvres pour célébrer l’Aïd el-Kébir, qui aura lieu en octobre prochain. Le SIF annonce déjà préparer, pour cette première fête de l’islam, une opération dans plus d'une dizaine de pays, où elle intervient.

Tout au long de l’année, les actions de solidarité des organisations musulmanes s’avèrent être une nécessité face à une montée de la précarité, ici et ailleurs.







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