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Religions

Nantes : Assalam, une mosquée ouverte aidée par un Qatari

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Lundi 19 Novembre 2012

L’Association islamique de l’ouest de la France (AIOF) offre un nouveau lieu de culte aux musulmans de Nantes avec l’inauguration de la mosquée Assalam et de son centre culturel, samedi 17 novembre. L’immense espace cultuel et culturel a l’ambition d’ouvrir ses portes à tous et de développer les relations entre musulmans et non-musulmans.



La mosquée Assalam de Nantes
La mosquée Assalam de Nantes
Avec son minaret haut de 17 mètres et son dôme qui change de couleur au gré de la lumière, la mosquée Assalam illumine la ville de Nantes.

Le maire de la ville, le président de la région des Pays de la Loire, le sous-préfet et le président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), Ahmed Jaballah, ont assisté à l’inauguration de cette nouvelle mosquée samedi 17 novembre.

Le consul de l’Algérie et le consul du Qatar ont également fait le déplacement. Pour cause, un donateur privé qatari, également présent, a permis de débloquer une part non négligeable d’argent pour le financement du lieu de culte. En ce grand jour pour la communauté musulmane nantaise, c’est aussi le centre culturel Abdullah Al Darwish, accolé au lieu de culte, qui a été inauguré.

Quatrième mosquée de France

A Nantes, l’ouverture de la mosquée Assalam répond à un vrai besoin. Jusqu’à présent, les fidèles allaient prier dans la mosquée El Forqane, une ancienne chapelle aménagée en salle de prière. Un espace bien trop petit et exigu. Et la mosquée Arrahma inaugurée en 2009 dans la ville, plus petite que la nouvelle, ne répond pas à tous les besoins. « Depuis 8 ans, il y a une vraie demande. La mosquée El Forqane est saturée. Des gens sont obligés de prier dehors. On a passé des moments difficiles en hiver », raconte Abdelkhalek Chadli, le président de l’Association islamique de l’ouest de la France (AIOF) à l’origine de ce projet.

De plus, le lieu de culte doit bientôt disparaître. « Une route doit traverser l’espace occupé actuellement par la mosquée. Cela est en effet inscrit dans le grand projet de la ville (GPV) de Nantes », explique l’AIOF. Ainsi, c’est sur un terrain de 2 100 m² proposé à la vente par la municipalité que le projet a pu voir le jour. « Il répond à un besoin cultuel et culturel », commente Mohammed Guerroumi, expert en bâtiment indépendant, qui a été l’assistant de l’AIOF sur les questions d’ordre technique et juridique sur ce chantier.

L’édifice religieux, surmonté d'une coupole de 12 mètres de diamètre, peut accueillir jusqu’à 1 200 fidèles. Il est composé de deux grandes salles de prière, d’une salle polyvalente, d’un espace petite enfance et des bureaux de l’association.

La mosquée est tout simplement la « plus grande mosquée de la région Ouest et la quatrième en France », indique M. Guerroumi.

Le centre culturel Abdullah Al Darwish, relié à la mosquée par une galerie, abrite pour sa part des salles de cours, une bibliothèque, une médiathèque, une salle de conférence et même une agence de voyages et un restaurant.

Le Qatar à la rescousse

Pour bâtir ce projet qui a germé il y a une quinzaine d’années, il a fallu casser la tirelire : il a coûté dans sa totalité 5 millions d’euros. Un financement qui a pu se faire « grâce à des dons des fidèles sans aides de la mairie et autres subventions », précise M. Guerroumi.

Pour cela, l’AIOF a organisé une grande collecte dans des mosquées d’Europe « jusqu’à Helsinki (Finlande, ndlr ». « On a commencé la collecte par nous-mêmes, ensuite dans les environs de Nantes puis dans toute la France ; et nous avons par la suite décidé de sortir de la France pour collecter dans toute l’Europe », rappelle le président de l’AIOF.

Mais cette collecte n’a pas permis de récolter les 5 millions nécessaire à ce projet. « A la fin, on a vécu des moments difficiles. On a commencé à se plaindre et à la suite d’un article paru dans un journal à ce sujet, un donateur du Qatar s’est manifesté. Il a décidé de nous aider à hauteur de 2 millions d’euros, en mémoire de son père décédé. Il a directement réglé ce montant aux entreprises qui s’occupaient des travaux », ajoute-t-il.

Aujourd’hui, l’AIOF doit encore régler « 300 à 400 000 € » aux entreprises qui ont participé au chantier, qui a duré trois ans. Autant dire que sans l’aide de ce donateur généreux, qui a contribué à presque 50 % du projet, le chantier était loin de voir le bout du tunnel. Mais avec ce donateur privé, on est loin du cas de la mosquée de Saint-Etienne, financée en grande partie par le Maroc et qui appartient désormais au royaume.

L'AIOF, totalement propriétaire de la mosquée et du centre culturel

« La finalité de ce projet ne se résume pas à l’acquisition d’un bâtiment propre aux musulmans, mais il importe que cet espace puisse avoir la vocation de s’ouvrir à tous les Nantais et s’articule avec d’autres espaces du vivre-ensemble. L’ouverture vers nos concitoyens tiendra une place primordiale », indique l’AIOF.

D’ailleurs, tout au long de la réalisation du projet, il y a eu des portes ouvertes sur le chantier de la mosquée, indique le président de l’AIOF. Mohammed Guerroumi présente, quant à lui, le lieu de culte comme une « mosquée ouverte ». « Les visiteurs peuvent entrer librement dans la mosquée et le centre culturel. Nous suivons le principe du vivre-ensemble», commente-t-il.

L’architecture du bâtiment « très moderne », tout en gardant quelques « aspects artisanaux », a été spécifiquement conçue pour aller dans ce sens. « Il y a énormément d’ouvertures, beaucoup de vitrages. Il y a un accès indépendant au centre culturel, qui est relié à la mosquée. C’est très agréable », explique fièrement M. Guerroumi.

Il faut dire que l’AIOF s’est toujours donnée comme mission de permettre aux musulmans et aux non-musulmans de se rencontrer et s’implique dans des actions autres que cultuelles comme dans le soutien scolaire.

Aujourd’hui, le financement entièrement privé de cette mosquée permet à l’AIOF d’être totalement propriétaire de la mosquée Assalam et du centre culturel Abdullah Al Darwish. C’est aussi à l’association que revient la charge de gérer ces lieux.
Prochaine étape pour l’AIOF : « rechercher un moyen de financer les charges » inhérentes à la gestion de la mosquée et du centre culturel, commente son président Abdelkhalek Chadli.

L’association a parcouru un long chemin depuis les années 1970, où elle était composée seulement de quelques musulmans.
Aujourd’hui, ils sont une centaine de membres adhérents. Mais leurs actions touchent toute la communauté musulmane nantaise et même au-delà, avec une mosquée et un centre culturel qui affichent résolument l’ambition de s’ouvrir aux autres.






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