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Religions

La Lorraine inaugure un nouveau carré musulman

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Mardi 7 Octobre 2014

C’est un aboutissement pour les musulmans de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Un cimetière disposant d’un carré musulman y a été inauguré samedi 27 septembre.



Le 27 septembre a été inauguré, à Vandœuvre-lès-Nancy, le cimetière Barthou, dont 2 000 m² sont réservés à un tout nouveau carré musulman.
Le 27 septembre a été inauguré, à Vandœuvre-lès-Nancy, le cimetière Barthou, dont 2 000 m² sont réservés à un tout nouveau carré musulman.
Entre 150 et 200 personnes ont assisté à l’inauguration du cimetière Barthou, le nouveau cimetière de Vandœuvre-lès-Nancy, samedi 27 septembre. Ce cimetière comporte en son sein un carré musulman qui s’étale sur environ 2 000 m².

Il est le fruit d’« un travail de longue haleine », commente à Saphirnews Saïd Derbani, président de l’Association des musulmans de Lorraine (AML), qui, depuis dix ans, portait ce projet. Bien que le premier cimetière de la ville contienne un carré musulman, il ne dispose plus de place depuis longtemps.

Les musulmans de Vandœuvre-lès-Nancy avaient toutefois la possibilité d’être enterrés dans le carré musulman de Nancy. Mais, aujourd’hui, ils ont un espace qui leur est dédié à proximité. Un tiers du terrain total du cimetière Barthou, soit 2 000 m², leur est réservé. D’après M. Derbani, ce carré musulman peut accueillir jusqu’à 350 corps. La location d’une concession coûte 150 € pour 10 ans et 450 € pour une durée de 50 ans. « C’est abordable », juge Saïd Derbani.

Amine Nejdi, le président du Conseil régional du culte musulman de Lorraine (CRCM), et Stéphane Hablot, le maire PS de Vandœuvre-lès-Nancy, samedi 27 septembre.
Amine Nejdi, le président du Conseil régional du culte musulman de Lorraine (CRCM), et Stéphane Hablot, le maire PS de Vandœuvre-lès-Nancy, samedi 27 septembre.

« Une intégration par le sol »

La création de ce carré répond à une vraie demande, explique le président de l’AML. Si « la majorité des fidèles sont inhumés dans leur pays d’origine », il remarque que de plus en plus de musulmans, notamment des convertis, veulent être enterrés dans leur pays qu'est la France. « Une dame convertie âgée de 90 ans me demandait à chaque fois où elle allait être enterrée », donne-t-il en exemple. Ce carré est donc source de « soulagement » pour beaucoup.

« L’intégration passe par la vie active. Mais par le sol aussi », estime M. Derbani. La volonté grandissante des musulmans de France à avoir une sépulture dans l'Hexagone témoigne de leur intégration en France. Amine Nejdi, le président du Conseil régional du culte musulman de Lorraine (CRCM), a également salué cet aspect lors de son discours tenu lors de l’inauguration du cimetière, samedi 27 septembre.

« Selon les statistiques du ministère de l’intérieur, entre 75 % et 80 % des musulmans morts en France sont rapatriés dans leur pays d'origine pour y être inhumés. Mais force est de constater que le nombre de ceux qui souhaitent être enterrés en France ne cesse d’augmenter, notamment au sein des nouvelles générations. Quoi de plus normal pour des citoyens qui ont passé la majeure partie de leur vie sur le sol français et pour leurs enfants qui n’ont connu de patrie que la France », a ainsi déclaré M. Nedji, dont l’allocution a été filmée par Maglor.fr, un site dédié aux Maghrébins du monde.

Plus de 200 carrés musulmans dans toute la France

Présent aux côtés de plusieurs de ses adjoints ainsi que du maire adjoint de Nancy, le maire PS de Vandœuvre, Stéphane Hablot, a également pris la parole. Ce dernier a contribué à ce que le nouveau carré musulman voit le jour.

Amine Nejdi a rappelé que les élus sont encouragés dans ce sens par une « circulaire du ministère de l’Intérieur datant de 2008 » permettant de répondre au « souhait des musulmans de pouvoir inhumer leurs morts dans le respect de leur rite ». Cela a permis de dépasser le nombre de 200 carrés musulmans sur toute la France.

« Néanmoins, ce nombre reste en deçà des besoins grandissants. C’est souvent en raison d'un manque de volonté politique que cette circulaire ne trouve pas écho dans certaines municipalités. Ceci revient à deux raisons principales : certains hommes ou femmes politiques se font une lecture tronquée et biaisée du principe de la laïcité tombant ainsi dans le laïcisme. D’autres, pour des calculs électoralistes, préfèrent tout simplement clore la discussion sur le sujet. Or il va de soi que garantir le droit de culte à un citoyen vivant passe par la garantie de l’exercice de son culte après son décès », a dénoncé le président du CRCM de Lorraine.

Le manque d'accessibilité est encore patent compte tenu d'une communauté estimée à 4 millions de personnes, qui, de génération en génération, souhaitent majoritairement être enterrées en France.








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