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Cinéma, DVD

Gaza : « Aisheen », quoiqu’il arrive...

Rédigé par Leïla Belghiti | Jeudi 27 Mai 2010

Avec « Aisheen » (Still Alive in Gaza), le cinéaste Genevois Nicolas Wadimoff signe un documentaire plein de vie et d’espoir. Primé à la Berlinale, il est en salles depuis mercredi.



Gaza : « Aisheen », quoiqu’il arrive...
« Elle est où est la cité des fantômes ? », demande un bambin au gardien du parc d'attraction. « Juste là, mais elle a été bombardée ». Ainsi commence le film. S'ensuit alors une balade dans les décombres de la cité qui faisait tant rêver les petits Gazaouis. « Lorsque tu reviendras, nous aurons tout rénové, insha Allah » tente de rassurer le gardien. Une touche d'espoir pour continuer à rêver.
Puis le réalisateur nous emmène découvrir l'autre « cité des fantômes », la vraie, grandeur nature : Gaza, un territoire de 350 mètres carrés encerclé de barbelés.

Au lendemain de l'opération « Plomb durci » menée par Israël en hiver 2009 et causant la mort de plus de 1 500 Palestiniens, dont l'écrasante majorité des civils et des milliers d'autres blessés, la caméra se promène dans Gaza dévasté, pour y rencontrer des familles, des hommes, des femmes et des enfants surtout.

Une parole libre, dans une prison à ciel ouvert

La parole, Nicolas Wadimoff et sa collaboratrice Béatrice Guelpa ont choisi de la laisser aux Gazaouis. Pas de commentaires en voix off, les images suffisent pour tout dire. Immeubles éventrés, maisons effondrées, oliviers déchiquetés, corps blessés, mutilés, arrachés… pour dire, in fine, l'incroyable dignité qui réside encore chez les habitants tenaces de cette prison à ciel ouvert.

Aisheen nous fait partager le quotidien de la bande de Gaza, trois semaines après le drame. Comme risquer sa vie en mer (les eaux sont sous contrôle militaire israélien) pour un misérable poisson qu'ils partageront à quatre, suivre des clowns en mission de thérapie collective dans une école primaire, attendre des jours et des nuits une bouteille de gaz qui n'arrive toujours pas, vivre l'ambiance oppressante du bureau de distribution des tickets de rationnement...

Une dénonciation sur une bande son hip-hop de Darg Team

Le tout sur fond ponctué de musique hip-hop aux couleurs gazaouies. Une musique produite et chantée par un groupe de jeunes artistes talentueux, Darg Team, qui se retrouve, par son style jugé trop « occidental », mal-aimé des siens. Fiers de leurs racines, l'âme meurtrie par les politiques des gouvernements occidentaux, les Gazaouis supportent mal toute influence « étrangère » sur leur culture.

« Nous avons réussi à arracher 14 jours aux autorités israéliennes pour réaliser le tournage dans la bande de Gaza », raconte le chef opérateur du film, Franck Rabel. Un « exploit » : généralement, les journalistes et reporters peuvent y rester trois jours au maximum. Commandé par la chaîne Al Jazeera Children (une chaîne arabe destinée aux enfants), le film, première production helvético-qatarie, primé à Berlin (prix du jury œcuménique) et à Nyon, sort en salles à partir de mercredi 26 mai.






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