Mais les ripostes du Hamas- qui ont fait jusque là deux morts et une dizaine de blessés- valent-elles les frappes d’Israël ? Devant la disproportion des attaques israéliennes, les manifestations en Europe et dans les pays arabes se multiplient depuis samedi. La rue s’enflamme. En France, à l’appel de plusieurs associations de paix, plus de 1300 personnes se sont retrouvées à Barbès dimanche, dans le 18ème arrondissement de Paris, pour une marche en soutien au peuple palestinien à Gaza. « Halte au massacre du peuple palestinien », « Israël assassins, Europe complice », « Moubarak (le président égyptien, ndlr), traître parmi les traitres », pouvait-on entendre notamment. Les propos scandés par les manifestants en colère sont explicites. Tous condamnent d’une seule voix la punition collective opérée par les Israéliens, à l’image de Jihan, 22 ans, manifestante d’un jour choquée par les images transmises en boucle par Al-Jazeera. « Les images m’ont rendu folle. Je ne pouvais pas rester à la maison sans pouvoir crier ma colère », explique t-elle.
Fait rare, toutes les organisations musulmanes se sont jointes à l’appel des associations de paix. D’une voix, l’Union des Organisations islamiques de France (UOIF), le Conseil français du culte musulman (CFCM) ou encore plusieurs conseils régionaux du culte musulman (CRCM) ont vivement demandé aux « musulmans de notre pays et toutes personnes éprises de paix et de justice à participer à toutes les manifestations et rassemblements de soutien ». « C’est peut être l’occasion, pour d’autres manifestations, d’être mieux organisé afin que l’impact soit beaucoup plus grand. Il s’agira d’unifier les slogans, d’encadrer la marche, de diffuser les informations et de parvenir à rassembler l’ensemble des acteurs associatifs », nous fait part Ammar Rouibah, acteur associatif. Nombreux sont les responsables musulmans comme Mohammed Moussaoui, président du CFCM, qui appellent les autorités françaises et internationales à réagir fermement et urgemment face à la violence israélienne, sans précédent depuis l’occupation des territoires palestiniens en 1967.