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Société

Face à l'islamophobie ambiante, les réponses de Cazeneuve aux musulmans

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 26 Février 2015



Face à l'islamophobie ambiante, les réponses de Cazeneuve aux musulmans
Les annonces faites mercredi 25 février par Bernard Cazeneuve ne se sont pas limitées à la création d'une instance de dialogue pour le culte musulman. Garantir la sécurité des mosquées en France est une priorité désormais affichée du ministère de l’Intérieur, avec l’explosion des actes islamophobes observée en ce début d’année 2015. En un mois, leur nombre a dépassé le total des actes anti-musulmans recensés en 2014.

Après avoir d’abord insisté, dans son discours délivré à Bordeaux auprès de Tareq Oubrou, sur le fait que les autorités sauront être « intraitables en ce qui concerne le respect de la loi républicaine et la lutte contre tous les communautarismes », il a relevé « l’inquiétude qui saisit aujourd’hui nombre de nos compatriotes musulmans. Je veux leur dire, à travers vous, que j’en comprends les motifs et que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour apaiser leurs craintes, répondre à leurs attentes légitimes et leur procurer la tranquillité d’esprit à laquelle, comme chaque Français, ils ont droit », a-t-il explicité.

Cela suppose « que la République protège tous ses enfants, et notamment les mosquées de tous les actes anti-musulmans », a ajouté Bernard Cazeneuve. Pour faire concret, une nécessité pour créditer les discours, près d’un millier de mosquées - sur 2 300 réparties sur le territoire - et de lieux liés au culte musulman, en métropole et outre-mer, sont aujourd’hui placés sous la protection de militaires, de policiers ou de gendarmes, a fait savoir le ministre chargé des cultes. Des fonds seront également débloqués pour contribuer au financement d'équipements de sécurité autour des lieux de culte, et en particulier de la vidéosurveillance.

Les préfets au cœur du dispositif

Lors d'une conférence de presse tenue mardi 24 février à l'issue d'une réunion avec le CFCM, Bernard Cazeneuve a déclaré sa volonté de lutter « contre tous les amalgames » parce que « la République doit pouvoir prendre dans ses bras tous ses enfants ».

Est ainsi demandé aux préfets de saisir « systématiquement » les procureurs dès lors que des actes anti-musulmans – surtout des dégradations de mosquées dans les faits - « sont constatés sur le ressort de leur territoire de manière à ce que l'action publique soit engagée et que la justice passe ».

Cette annonce n’est pas nouvelle. Les préfets ont été incités à de nombreuses reprises depuis fin juillet à porter plainte lorsqu’un acte anti-musulman a été constaté, comme en témoigne cette déclaration du ministre à la mosquée de Carpentras (Vaucluse) en octobre 2014 après l’exécution d’un otage occidental par l’Etat islamique.

Un combat « majeur » en 2015

« La prévention et la répression des actes anti-musulmans constitueront un axe majeur du plan d’action pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme que prépare actuellement le nouveau délégué interministériel, Gilles Clavreul », a déclaré Bernard Cazeneuve à Bordeaux.

Des mesures seront très prochainement annoncées, « qui concerneront à la fois la mobilisation conjointe de tous les services de l’Etat et de la société civile, le renforcement de la répression, la lutte contre les messages de haine sur Internet et sur les réseaux sociaux, et enfin l’éducation. L’école a un rôle fondamental à jouer pour lutter contre les préjugés nés de l’ignorance ; personne ne naît raciste, antisémite ou anti-musulman », a-t-il dit, citant le renforcement de l’enseignement du fait religieux à l’école comme une des solutions pour lutter contre les préjugés.

« Au-delà des violences, je sais que le climat de suspicion qui semble peser depuis janvier sur les musulmans constitue une autre source d’inquiétude. Je comprends que les musulmans trouvent injuste de devoir sans cesse rappeler qu’ils n’ont rien à voir avec de tels crimes », a-t-il aussi déclaré. « Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable. »

Si tôt les déclarations - salutaires - de Bernard Cazeneuve faite, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) note la « volonté de la République de vouloir accueillir en son sein tous ses enfants (…) de faire prévaloir les principes d’apaisement, de concorde et de fraternité républicaines ». « Encore faudrait-il que le gouvernement veille à ce que ces valeurs républicaines soient une réalité dans la vie quotidienne de nos concitoyens musulmans », conclut le CCIF.






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