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Société

A Pantin, la prière pour une victime musulmane du terrorisme dans l’émotion

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 20 Novembre 2015



Le terrorisme n'a pas de religion et c’est la France dans sa diversité qui a été touchée lors des attentats du 13 novembre. La mort brutale d'Asta Diakité, tuée d'une balle dans le 10e arrondissement de Paris, vient le rappeler.

Une prière pour la défunte, cousine du footballeur Lassana Diarra, a été organisée vendredi 20 novembre, avant la prière collective hebdomadaire, à la mosquée de Pantin, en Seine-Saint-Denis.

Des centaines de personnes ont pleuré la jeune femme. Le monde a été tel que la petite mosquée n'a pu contenir tous les fidèles, dont beaucoup étaient sous la pluie. Asta Diakité habitait dans le 19e arrondissement mais le lieu de culte choisi, aux portes de la capitale, est celui que sa famille fréquente et dans laquelle un de ses oncles officie en tant qu’imam, explique M'hammed Henniche, président de la mosquée.

« Quand il m’a demandé, mardi, d’organiser une prière pour le mort dans notre mosquée, je lui ai dit oui naturellement, sans avoir à chercher l’identité de la personne. (…) La conversation a été très rapide. (…) Ce n’est que jeudi que j’ai compris qu’il s’agissait d’une des victimes de l’attentat », lorsque le préfet a signifié sa présence, nous dit-il.

Une cérémonie qui lui rappelle celle qui fut organisée en faveur d’Ahmed Merabet, le policier tué lors de l’attaque contre Charlie Hebdo en janvier. Le quadragénaire, origine de la ville voisine de Livry-Gargan, avait été inhumé au cimetière musulman de Bobigny, non loin de la mosquée de Pantin.

Un hommage national aux victimes aux Invalides

Asta Diakite sera, quant à elle, inhumé au Mali. Son oncle, qui présidait la prière, a déclaré que la jeune femme avait l’intention de se rendre prochainement dans son pays d’origine pour rendre visite à la tombe de son père. Ce devrait être à ses côtés qu’elle sera enterrée.

« Asta Diakité était une bonne musulmane et d’une famille très pieuse et respectueuse de sa religion. Elle est une preuve, s’il en fallait une, que le terrorisme est aveugle, et que les musulmans sont aussi des victimes du terrorisme », a indiqué l'Union des associations musulmanes du 93 (UAM 93) dans un communiqué. Lors de l’hommage, étaient présents le consul du Mali ainsi que Bertrand Kern, le maire de Pantin, et Philippe Galli, le préfet de Seine-Saint-Denis. Venu en uniforme, il a ainsi souhaité marquer la présence d’un représentant de l’Etat pour une des victimes des attentats.

Une semaine après les attentats, le temps des obsèques est arrivé. Les corps sont doucement rendus aux familles à qui les premiers permis d'inhumer ont été délivrés. Elles pourront recevoir une aide du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme (FGTI) pour faire face au coût des funérailles. Un hommage national, présidé par François Hollande, sera rendu vendredi 27 novembre aux Invalides.





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