Ramadan

Ramadan 2024 : des consignes pour le renforcement de la sécurité des mosquées adressées aux préfets

Rédigé par Lina Farelli | Jeudi 7 Mars 2024 à 11:55

Alors que le mois du Ramadan approche à grands pas, et devant la recrudescence des actes antimusulmans observée depuis la fin de l’année 2023, des consignes ont été données aux préfets par le ministère de l'Intérieur pour renforcer le dispositif de sécurité de l’ensemble des lieux de culte musulmans en France.



Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a demandé aux préfectures que « tous les lieux de culte musulman » en France soient protégés « en statique par les forces de l'ordre » durant le mois du Ramadan. Il est réclamé « une présence renforcée des forces de sécurité aux heures d'arrivée et de départ des fidèles lors des rassemblements et offices », avec un accent sur « les lieux et édifices les plus sensibles et emblématiques (...) en coordination avec les forces de l'opération Sentinelle », indique une note aux préfets envoyée mercredi 6 mars et consultée par l'AFP.

Gérald Darmanin a aussi appelé à porter une attention particulière aux événements religieux qui seront organisés lors de la 27e nuit du Ramadan, souvent considérée par de nombreux musulmans comme la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr), et aux célébrations de l'Aïd al-Fitr, marquant la fin du mois béni de jeûne.

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Le locataire de la Place Beauvau a rappelé « le niveau élevé de la menace terroriste qui continue de peser sur notre pays, ainsi que la persistance des tensions au plan international en particulier dans le cadre du conflit israélo-palestinien (qui) exigent le maintien d'une extrême vigilance, notamment vis-à-vis des manifestations et des lieux à caractère religieux ».

Cette demande faite aux préfets intervient dans un contexte de hausse des actes antimusulmans au cours de l'année 2023, en progression de 30 % par rapport à 2022, dont plus de la moitié ont été commis au cours du dernier trimestre, « ce qui qui montre que le conflit au Proche-Orient a des résonnances évidentes sur notre sol », avait affirmé le ministre de l’Intérieur lors de la deuxième session du Forum de l’islam de France (Forif) fin février.

C’est d’ailleurs dans le cadre des travaux du Forif que l’Association de défense contre les discriminations et actes antimusulmans (ADDAM) a été lancée, en réponse à une préoccupation majeure des citoyens de confession musulmane. En parallèle, un doublement de l’enveloppe consacrée à la sécurisation des mosquées (un million d’euros en 2024 contre 500 000 € en 2023), a été annoncé « de manière à assurer le financement de 100 % des projets répondant à des besoins de sécurité expertisés par les policiers et les gendarmes ».

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