La marche annuelle de l'association Compostelle-Cordoue a eu lieu cette année 2026 du 11 au 18 juillet. © Compostelle-Cordoue
Fidèle à sa devise – Marcher-Dialoguer-Comprendre -, l’association Compostelle- Cordoue a organisé sa marche annuelle 2026, sur le thème de l'Europe, du 11 au 18 juillet 2026 dans les Vosges du Nord.
Association interconvictionnelle et interculturelle, Compostelle-Cordoue a réuni ses marcheurs pour faire ou refaire connaissance avec cette région de l'est de la France, l'Alsace-Moselle, hautement symbolique dans l'histoire récente de la France, à l’écoute des réminiscences des douleurs dans lesquelles la région a été ballottée entre l'Allemagne et la France depuis 1870. Compostelle-Cordoue ne voulait pas tant reparler des souffrances que comprendre comment ces régions bâtissent la paix et le vivre-ensemble avec leur voisin depuis l'après-guerre.
Association interconvictionnelle et interculturelle, Compostelle-Cordoue a réuni ses marcheurs pour faire ou refaire connaissance avec cette région de l'est de la France, l'Alsace-Moselle, hautement symbolique dans l'histoire récente de la France, à l’écoute des réminiscences des douleurs dans lesquelles la région a été ballottée entre l'Allemagne et la France depuis 1870. Compostelle-Cordoue ne voulait pas tant reparler des souffrances que comprendre comment ces régions bâtissent la paix et le vivre-ensemble avec leur voisin depuis l'après-guerre.
Réhabiliter l'honneur des combattants de la ligne Maginot,
Le séjour, organisé par Jacques Augustin, s'est composé de marches, d'une quinzaine de kilomètres chaque jour, regroupant une trentaine de personnes venant de différentes régions de France et de la Suisse. Les marches ont rayonné autour du Centre international d'hébergement Albert Schweizter situé à Niederbronn-les-Bains, ville thermale près de Haguenau, où le séjour a été honorablement confortable. Totocar, un bus mutualisé, basé à Toulouse, emmenait les marcheurs aux différents points de départ des randonnées et les ramenait. Philippe et Yves, les deux chauffeurs bénévoles ont participé à toutes les marches. La canicule n'a pas fait défaut, tempérée par l’ombre des forêts vosgiennes.
La région, parsemée de nombreux petits villages tous près les uns des autres – rappel d'une industrialisation précoce –, nous a offert ses maisons fleuries, ses coteaux boisés, véritables nids de fraîcheur bienvenue, mais également ses champs cultivés – vignes, maïs, vergers, sarrasin, ses élevages pacifiques... et sa tranquillité. De délicieuses mirabelles (déjà mures !) ont fait le bonheur des marcheurs.
La semaine a débuté par un circuit viticole et arboricole conclu par la visite de la Cave coopérative vinicole de Cleebourg, créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour sauver le vignoble du nord de l'Alsace. Une visite commentée de la Cave a permis de découvrir les secrets de la vinification et de déguster et apprécier ses vins « légers, boisés et champêtres », aux dires des connaisseurs.
La deuxième journée, une magnifique randonnée sur les chemins forestiers autour de l'Étang de Hanau, nous a conduit aux vestiges de châteaux médiévaux de Falkenstein, Rothenbourg et Waldeck, en grès rose haut perchés, d'où la vue sur le paysage vosgien est imprenable.
Le soir, au centre d'hébergement, les participants ont écouté une conférence sur la ligne Maginot, ligne qui avait été pensée dès le début des années 1930 pour éviter l'envahissement de la France par les Nazis. La conférence fut donnée par le professeur Marc Halter, affable et joyeux, qui, depuis plus de 40 ans, s'engage à réhabiliter la mémoire et l'honneur des combattants de la ligne Maginot, oubliés par l'histoire. Durant cette conférence très instructive, des questions ont été posées, notamment sur la participation de soldats des colonies.
La région, parsemée de nombreux petits villages tous près les uns des autres – rappel d'une industrialisation précoce –, nous a offert ses maisons fleuries, ses coteaux boisés, véritables nids de fraîcheur bienvenue, mais également ses champs cultivés – vignes, maïs, vergers, sarrasin, ses élevages pacifiques... et sa tranquillité. De délicieuses mirabelles (déjà mures !) ont fait le bonheur des marcheurs.
La semaine a débuté par un circuit viticole et arboricole conclu par la visite de la Cave coopérative vinicole de Cleebourg, créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour sauver le vignoble du nord de l'Alsace. Une visite commentée de la Cave a permis de découvrir les secrets de la vinification et de déguster et apprécier ses vins « légers, boisés et champêtres », aux dires des connaisseurs.
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Le soir, au centre d'hébergement, les participants ont écouté une conférence sur la ligne Maginot, ligne qui avait été pensée dès le début des années 1930 pour éviter l'envahissement de la France par les Nazis. La conférence fut donnée par le professeur Marc Halter, affable et joyeux, qui, depuis plus de 40 ans, s'engage à réhabiliter la mémoire et l'honneur des combattants de la ligne Maginot, oubliés par l'histoire. Durant cette conférence très instructive, des questions ont été posées, notamment sur la participation de soldats des colonies.
Une halte à Strasbourg, ville cosmopolite et généreuse
C'est le lendemain, troisième journée, date de la Fête nationale, que les marcheurs ont visité, à travers cols et villages, ce qui reste de la ligne Maginot dont une partie est restée terrain militaire de nos jours, avec une descente dans un impressionnant « fossé antichar ».
La randonnée s’est complétée d’une visite guidée du Fort souterrain de Schoenenbourg, propriété de l’association de Marc Halter, qui fait partie de la ligne Maginot, situé à 30 mètres sous terre, ayant abrité pendant 300 jours quelques centaines de soldats français. Ce fort est visité par différents groupes, officiels ou touristiques, pour comprendre ce qu'a pu être la vie, une année durant, de quelques centaines de soldats français, avant la défaite de 1940. Ce fort, semble-t-il, a fonctionné beaucoup mieux que prévu, mais les ordres des officiels militaires auraient signifié l'évacuation et donc la capture des soldats par les Allemands dès juin 1940. Au sortir du fort, les soldats français étaient nombreux à être atteints de « bétonite », maladie dépressive et d’angoisse liée à leur long enfermement.
La journée du 15 juillet a été consacrée à la visite du Parlement européen et du Conseil de l'Europe, qui font de la ville de Strasbourg une ville cosmopolite et généreuse, après une longue histoire marquée par les différentes affiliations politiques et nationales. Là encore, les marcheurs ont bénéficié d'une visite guidée et d'explications intéressantes qui ont permis de clarifier le fonctionnement et la composition de chacun de ces organismes européens.
La cinquième journée a été la plus étonnante avec une mini-croisière à Saint-Louis Arzviler, sur le canal Rhin-Marne, qui nous a fait emprunter le fameux « ascenseur à bateaux » dont il n'existe un autre exemplaire qu'en Belgique. Cet ascenseur en plan incliné de 44 mètres de dénivelé, a été mis en service en 1969 dans le but de remplacer dix-sept écluses, sur un coteau pentu, afin de raccourcir le temps de transport de marchandises. Un exploit technologique. De nos jours, l'ascenseur ne sert pratiquement qu'aux touristes, puisque les marchandises sont transportées par camions. Ce fut une échappée vivifiante et instructive.
Le soir au centre d'hébergement, nous avons bénéficié d'une conférence sur le droit local de l’Alsace et de la Moselle, par Éric Sander, professeur de droit. La conférence a donné lieu à des échanges vifs et intéressants sur la laïcité en France et sur la place des musulmans en Europe.
La randonnée s’est complétée d’une visite guidée du Fort souterrain de Schoenenbourg, propriété de l’association de Marc Halter, qui fait partie de la ligne Maginot, situé à 30 mètres sous terre, ayant abrité pendant 300 jours quelques centaines de soldats français. Ce fort est visité par différents groupes, officiels ou touristiques, pour comprendre ce qu'a pu être la vie, une année durant, de quelques centaines de soldats français, avant la défaite de 1940. Ce fort, semble-t-il, a fonctionné beaucoup mieux que prévu, mais les ordres des officiels militaires auraient signifié l'évacuation et donc la capture des soldats par les Allemands dès juin 1940. Au sortir du fort, les soldats français étaient nombreux à être atteints de « bétonite », maladie dépressive et d’angoisse liée à leur long enfermement.
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Le soir au centre d'hébergement, nous avons bénéficié d'une conférence sur le droit local de l’Alsace et de la Moselle, par Éric Sander, professeur de droit. La conférence a donné lieu à des échanges vifs et intéressants sur la laïcité en France et sur la place des musulmans en Europe.
Comprendre et dialoguer en respectant les convictions des uns et des autres
© Compostelle-Cordoue
Enfin, le vendredi, dernière journée de marche, de rencontres et de visites, a été illustratif de l'esprit de Compostelle-Cordoue, guidé par la bienveillance inconditionnelle et la recherche de la paix universelle. Un sentier forestier nous a permis de franchir en toute liberté la frontière entre la France et l'Allemagne pour nous faire admirer les mêmes arbres, les mêmes couleurs, les mêmes chants d'oiseaux, les mêmes rochers en grès rose, mais pas la même langue sur les panneaux.
Au détour d’un sentier, un ancien poste frontière, petite cabane en bois avec une barrière qui devait être levée et baissée à la main, restait, comme un symbole de la séparation ancestrale. Il nous a été agréable et emblématique de passer, heureux et fatigués, devant ce poste qui rappelle l'importance de « se tendre la main », à travers le « ruisseau sans frontière », comme l'indique un panneau à proximité. Le soir, le professeur Bernard Klein est venu nous parler de la mémoire franco-allemande et de ses impensés. Une discussion joyeuse et vivifiante qui ne pouvait que faire écho à la nécessité de la paix et du vivre-ensemble prônés par Compostelle-Cordoue.
La dernière journée a été marquée dans la matinée par un temps de spiritualité où juifs, chrétiens, musulmans et incroyants humanistes ont pu partager des invocations et des lectures inspirées sur la paix, remerciant la Providence, la Vie, de nous offrir ces moments de contemplation et de fraternité.
Chaque jour, fidèle à ses traditions, Compostelle-Cordoue a tenu ses cercles de partage ouverts à une parole libre et bienveillante sur le déroulé de la journée et les ressentis personnels. Cette semaine de marche, de découvertes, de dialogues et d'échanges a permis une plongée dans l'histoire de l’Alsace-Moselle et d'imaginer, au milieu des difficultés du présent, la perspective d'un futur de paix et de vivre-ensemble. Ainsi, Compostelle Cordoue vit-elle chaque année une expérience unique et symbolique.
*****
Fouzia Oukazi et Brigitte Lelièvre sont des participantes à la marche organisée par l'association Compostelle-Cordoue.
Lire aussi :
Une marche interreligieuse à Calais, le sort des migrants à l'esprit
Une marche intergénérationnelle dans le Vercors sous le signe de la résistance
La résistance au service d’un monde meilleur pour les jeunes générations
De Cannes vers Nice, une marche interreligieuse qui unit les convictions pour la paix
Au détour d’un sentier, un ancien poste frontière, petite cabane en bois avec une barrière qui devait être levée et baissée à la main, restait, comme un symbole de la séparation ancestrale. Il nous a été agréable et emblématique de passer, heureux et fatigués, devant ce poste qui rappelle l'importance de « se tendre la main », à travers le « ruisseau sans frontière », comme l'indique un panneau à proximité. Le soir, le professeur Bernard Klein est venu nous parler de la mémoire franco-allemande et de ses impensés. Une discussion joyeuse et vivifiante qui ne pouvait que faire écho à la nécessité de la paix et du vivre-ensemble prônés par Compostelle-Cordoue.
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Chaque jour, fidèle à ses traditions, Compostelle-Cordoue a tenu ses cercles de partage ouverts à une parole libre et bienveillante sur le déroulé de la journée et les ressentis personnels. Cette semaine de marche, de découvertes, de dialogues et d'échanges a permis une plongée dans l'histoire de l’Alsace-Moselle et d'imaginer, au milieu des difficultés du présent, la perspective d'un futur de paix et de vivre-ensemble. Ainsi, Compostelle Cordoue vit-elle chaque année une expérience unique et symbolique.
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