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Economie

Tourisme : un château de la Loire « muslim-friendly »

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 2 Juin 2011

Les Français sont de plus en plus sensibles à la préservation de l’environnement. Dans ce sens, l’écotourisme est en plein boom. Le marché de location des gîtes ruraux est en constante croissance, suscitant de nouvelles vocations auprès de nombreux auto-entrepreneurs. Parmi eux, les Azzouzi ont décidé de faire de leur château un lieu de vacances relaxant pour les touristes de passage dans la région.



Le chateau de la Roche-Tinard, localisé à 12 km d'Angers, devrait accueillir ses premiers clients dès le mois de juin.
Le chateau de la Roche-Tinard, localisé à 12 km d'Angers, devrait accueillir ses premiers clients dès le mois de juin.
Des gîtes et des chambres d’hôtes « muslim-friendly » de haut de gamme commencent à voir le jour. Bien rares sont les musulmans en France qui possèdent un château. Propriétaire de celui de la Roche-Tinard, près d’Angers, dans le Maine-et-Loire, Abdel-Rahmène, chirurgien-urologue à l’hôpital d’Angers, et sa femme Isabelle Azzouzi ont entièrement restauré la bâtisse du XVIe siècle pour accueillir des familles et une clientèle d’affaires aisée de passage dans la région, où les offres hôtelières sont peu nombreuses.

Surtout, le couple souhaite en faire « un site d’émulsion pour la communauté musulmane » en France. « Les musulmans sont à la recherche de ce type de location : être au confort comme à la maison et se sentir bien sans avoir à s’inquiéter d’une éventuelle discrimination », affirme Isabelle. Un gîte rural vosgien avait défrayé la chronique en octobre 2006 pour avoir refusé une cliente et sa mère au motif qu'elles portaient le voile. Le propriétaire avait alors écopé de quatre mois de prison avec sursis et à 1 000 € d'amende pour ce cas flagrant de discrimination.

Un château et une région chargés d'Histoire(s)

Parti trois ans en Grande-Bretagne, le couple Azzouzi a été séduit par les cottages outre-Manche. De retour en France, il a souhaité concrétiser son projet touristique en reproduisant quelque peu le style anglais. Le château appartenait auparavant à une communauté de sœurs franciscaines. Un temps couvent puis maison de retraite privée, il fut ensuite racheté par les Azzouzi.

Isabelle, la gérante de cette affaire, en est fière. Des associations musulmanes ont déjà organisé des week-ends de travail dans ce lieu paisible et agréable et le bouche-à-oreille fait son effet.

A la recherche d’une clientèle aisée

Les hébergements non hôteliers sont de plus en plus sollicités en période estivale en France. Campings, gîtes et chambres d'hôtes font un malheur auprès des Français. Longtemps considérés comme les parents pauvres du tourisme, ils montent en gamme et suivent les tendances des hôtels étoilés tout en gardant une certaine proximité avec la Nature.

La Roche-Tinard ne fait pas exception. Trois gîtes, installés dans les dépendances du château, sont ouverts depuis près d’un an et peuvent accueillir entre trois, sept et dix personnes. Sous peu, ce seront cinq chambres d’hôtes qui se verront proposées.

Mais à 100 € en moyenne la nuit, celles-ci sont davantage accessibles au public aisé. Les gîtes, quant à eux, sont à 400 € environ la semaine et une réduction de 25 % est possible pour cette première saison sur les locations à la semaine et le week-end. Idéale pour les familles qui désirent se retrouver en toute quiétude.

Un lieu propice à la méditation

Pour le moment, c’est un simple « bed and breakfast » qui attend les clients. « La piscine n'est pas d'actualité pour des raisons écologiques et de sécurité pour les enfants. Un terrain de volley est en projet à court terme. Pour le court de tennis, nous l'envisageons à partir de la saison 2012-2013. En termes de relaxation, nous réfléchissons à l'installation d'un hammam et/ou d'un spa mais pas avant un aménagement des sous-bassements du château, c’est-à-dire à la saison 2012-2013 », nous indique-t-on.

Obtenir le label « Gîtes de France » n’est pas encore d’actualité pour les propriétaires qui souhaitent « garder toute (notre) liberté de gestion ».

Entre le château, la petite chapelle du XIXe siècle ‒ que les propriétaires ont gardé en état ‒ et le parc naturel de 4 hectares classé qui l’entoure, le cadre en vaut le détour.






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