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Ramadan

Ramadan : une fatwa autorise les candidats au bac à rompre le jeûne

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 6 Juin 2016

Le Conseil théologique musulman de France (CTMF) a émis une fatwa permettant aux élèves candidats à des examens « importants et déterminants pour leur avenir » de rompre le jeûne du mois de Ramadan lorsque celui-ci se déroule en été. Comment le CTMF explique cette exemption ?



Ramadan : une fatwa autorise les candidats au bac à rompre le jeûne
Le mois du Ramadan vient de débuter en France et ce sont 29 ou 30 jours de jeûne, en plein été, que les musulmans sont incités à faire. Alors que se profilent plusieurs séries de concours de fin d'année, à commencer par le baccalauréat, le 15 juin, le Conseil théologique musulman de France (CTMF) a émis, lundi 6 juin, une fatwa permettant aux élèves candidats à des examens « importants et déterminants pour leur avenir » de rompre le jeûne du mois de Ramadan lorsque celui-ci se déroule en été, « où le temps de jeûne est de 18 heures dans certaines régions et plus dans d’autres ».

« Le jeûne est un acte d’adoration physique, parmi les plus importants de notre religion, c’est même un de ses piliers », rappelle l’organisation, qui se réfère au verset 287 de la sourate La Vache : « Dieu n’exige de l’homme que ce qui est dans ses moyens ». Ainsi, « les médecins affirment que la longueur des heures de jeûne, couplée d’efforts physiques et intellectuels, diminue chez le jeûneur la glycémie, notamment après l’heure du midi ; or, la diminution du taux de sucre dans le sang est synonyme de sa diminution dans le cerveau, ce qui provoque des sensations de malaise, de fatigue, un besoin de sommeil et, par ricochet, une baisse de concentration », explique-t-on dans l’avis juridique dont a pris connaissance Saphirnews la veille du Ramadan.

Le rattrapage des jours manqués pour condition

De ce fait, « les élèves qui vont passer des examens, décisifs dans leur vie, peuvent ne pas jeûner, pendant la période de préparation, comme pendant les jours des examens, puisqu’ils ont besoin de manger pour leur préparation et leur application dans les réponses, notamment ceux qui connaissent leurs propres faiblesses et leur manque d’endurance ».

Cette exemption, fondée sur une fatwa similaire du Conseil européen de la fatwa et de la recherche datée d'octobre 2015, leur est offerte sous une condition : rattraper les jours manqués après le mois du Ramadan, « à l’instar de la personne âgée, de la femme enceinte ou qui allaite, ou de la personne en bonne santé dont le métier le contraint, pendant le Ramadan, convaincu, sur l’avis d’un médecin ou sur la base de sa propre expérience ou de signes tangibles, qu’il ne peut pas exercer correctement son métier, de rompre son jeûne. Car ceux-là, tous ont, juridiquement, le droit de ne pas jeûner », signale le CTMF.

Pour ceux, parmi les musulmans, qui doutent que l’exemption au jeûne pour les candidats au baccalauréat ne serait pas justifiée, le CTMF prend le voyage comme exemple : « En dépit du fait que le voyage aujourd’hui déborde pour le voyageur de toutes sortes de moyens de repos, l’ensemble des jurisconsultes contemporains autorise la rupture du jeûne pour les voyageurs. »

« Comme les sociétés ne peuvent pas se passer d’artisans ni d’ouvriers, elles ne peuvent pas se passer des médecins, des ingénieurs, ni des enseignants de demain. Or, sans franchir ces étapes, c’est-à-dire ces examens, la construction de la société de demain ne peut pas se faire, ni même s’envisager », poursuit le CTMF, qui estime que la fatwa « répond à une situation de nécessité. Or, la règle juridique nous enseigne que la nécessité doit être proportionnelle au besoin. Il ne faut donc pas l’utiliser à outrance ». La balle est désormais dans le camp des candidats.

Que préconise le CTMF aux candidats aux examens ?

« - De réaliser convenablement que le jeûne est une prescription juridique, que Dieu a prescrite aux personnes saines d’esprit et de corps, parmi Ses serviteurs, que sa place dans la religion est importante. Il ne faut par conséquent pas le négliger, car chacun connaît son état mieux quiconque.

- D’avoir une crainte révérencielle vis-à-vis de Dieu au sujet de leurs personnes autant qu’au sujet de leur religion.

- De mieux organiser leurs temps de révision, car ceux, parmi eux, qui ont des épreuves seulement le matin n’ont pas à se servir de cette dérogation, sauf celui dont l’état pendant l’examen l’y oblige. A ce moment-là, il peut rompre. »







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