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Arts & Scènes

My Foul’Art, un voyage autour du foulard en plein Paris

L’œil de Saphirnews

Rédigé par Hanan Ben Rhouma et Huê Trinh Nguyên | Vendredi 11 Novembre 2016

Jeudi 10 novembre s’est tenu My Foul’Art, un évènement festif dédié au couvre-chef en tissu sous toutes ses formes et pas seulement dédié aux femmes ni circonscrit à la sphère religieuse. Pour désacraliser le voile et montrer que celui-ci est une expression visuelle aux signifiants multiples selon les contextes et les cultures, l’association Les Passerailes de Rosa a combiné miniconférences et défilé de mode dans une ambiance festive et bon enfant. Fashionistas, dandys, blogueuses de mode et stylistes ont répondu présent-e-s.



My Foul’Art, un voyage autour du foulard en plein Paris
Il existe mille et une façons et raisons de porter le foulard. Un constat autour duquel l’association Les Passerailes de Rosa travaille depuis sa création en 2011. L’association, qui promeut la diversité culturelle et l'artisanat, a organisé son premier défilé en plein Paris, dans la salle des fêtes de la mairie du 4e arrondissement de Paris, jeudi 10 novembre.*

« My Foul’Art », qui promet un voyage autour du foulard, a réuni une bonne centaine de personnes qui se sont retrouvées dans une ambiance chic et ultra branchée, avec la mixité hommes-femmes au rendez-vous.


Mounira Abdi, la créatrice de la marque Niyya, entourée de deux mannequins, prêtes à participer au défilé de mode de My Foul'Art. © Saphirnews.com
Mounira Abdi, la créatrice de la marque Niyya, entourée de deux mannequins, prêtes à participer au défilé de mode de My Foul'Art. © Saphirnews.com
« C'est l’occasion d'échanger et de partir à la découverte de l’Autre, de créer des liens entre les différentes cultures du monde, de réunir les différents styles de vie liés au foulard et, enfin, de rapprocher les gens grâce à ce petit accessoire universel ! », avait fait savoir en amont l’association. La structure, présidée par Emma Camara, articule son travail autour de quatre thèmes : la culture, la santé, la religion – et pas uniquement l’islam – et la mode.

Signe de la diversité des initiatives autour du foulard, quelque 30 exposants ont tenu un stand lors de cet évènement, afin de faire connaitre leur activité, à l’image de Henry Margu, une marque qui vend turbans et perruques en guise de solutions auprès des personnes atteintes de pertes capillaires.

Des dandys chics au rendez-vous en leur qualité d'ambassadeurs masculins de My Foul'Art font aussi partie du défilé de mode, organisé jeudi 10 novembre. © Saphirnews.com
Des dandys chics au rendez-vous en leur qualité d'ambassadeurs masculins de My Foul'Art font aussi partie du défilé de mode, organisé jeudi 10 novembre. © Saphirnews.com
Dans la thématique de la culture, on rencontrait dans les allées Siti Ben Boina, cofondatrice de Udjuwa, une maison de mode qui puise son inspiration dans son double héritage, comorien et français, pour proposer des carrés de soie aux inspirations africaines.

L’anthropologue Laurence Lecuyer, au cours d’une conférence précédant le défilé de mode, a estimé que des initiatives comme My Foul’Art sont des formes de réponses à « la voilophobie ambiante ».

« Le foulard fait partie de la communauté républicaine », s’est exclamé Yassine Belatar, qui a salué l’organisation de l’événement dans une mairie.

Pour contrecarrer les critiques la visant sur sa présence dans une mairie, l’association avait fait savoir en amont que My Foul’Art n’est pas dédié à la modest fashion – souvent assimilée à la mode dite islamique –, tout en la considérant comme une des facettes respectables de la mode. Sereine, sa présidente Emma Camara a annoncé l’organisation, en mars 2017, d’un « salon-expo culturel et festif » dédié au foulard à Paris. Avis aux amatrices (et amateurs) !

Mise à jour : L’association organisatrice de l’événement, face aux fausses accusations relayées par l’extrême droite, a rappelé au lendemain de la soirée que l’objectif de My Foul’Art était de « présenter le foulard dans tous ses états, pour réunir les différentes cultures et différents styles de vie liés au foulard » et que l’événement était ouvert à tous, « dans une logique de mixité, de tolérance, de mieux vivre ensemble, de découverte, d’éducation, de promotion de l’artisanat local…en utilisant le foulard comme lien social ».

« Nous nous retrouvons au cœur d’une polémique qui nous dépasse complètement car de nos jours le mot foulard fait peur. Il a été mystifié et réduit à "voile" par certaines personnes qui souhaitent vraisemblablement récupérer notre évènement à des fins politiques (et de tous bords !) », a indiqué dans une lettre ouverte la président Emna Camara, qui veut « recréer un climat d’apaisement face à une polémique sans fondements ».






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