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La finance chrétienne remise au goût du jourUn indice boursier chrétien lancéRédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 29 Avril 2010
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La crise économique et financière est devenue un véritable levier pour les finances éthiques et socialement responsables à l’instar de la finance islamique. Après l’indice boursier respectant les règles de la sharia − le Dow Jones Islamic Market Index créé en 1999 −, le « Stoxx Europe Christian Index », le premier indice d'actions européennes fondé sur les valeurs chrétiennes, vient d'être lancé.
Lancé officiellement par Stoxx, la société européenne émettrice d'indices boursiers, lundi 26 avril, en Suisse, le « Stoxx Europe Christian Index » a été créé en réponse à la demande croissante des investisseurs pour des placements éthiques. « Avec le lancement de l'indice Stoxx Europe Christian, nous reconnaissons qu'il y a de plus de plus de chrétiens qui souhaitent investir en fonction de leurs croyances religieuses », a déclaré, par voie de communiqué, le PDG de Stoxx, Hartmut Graf.
Un tel indice n’est cependant pas nouveau. Le FTSE KLD Catholic Values 400 Index, un indice catholique lancé pour les sociétés américaines, existe depuis 1998. Comme la finance islamique, les sociétés souhaitant figurer dans le nouvel indice ne peuvent tirer profit du tabac, de la drogue, de la pornographie, de la prostitution, des produits de contraception, des jeux d’argent ou encore de la vente d'armes. Seule différence avec l’indice sharia-compatible : est inclue la production porcine et d’alcool, alors que porc et alcool (y compris les spiritueux, des boissons contenant un certain pourcentage d’alcool) sont formellement interdits en islam. L’éthique au centre de la finance d’essence religieuse
Pour garantir le respect de ces règles, un comité indépendant, composé d’experts, de représentants de la communauté chrétienne et du Vatican, a été mis en place. Comme un « sharia-board » en finance islamique, le comité sera chargé de vérifier si les activités des sociétés intégrant l’indice ainsi que les actions qu’elles émettent sur le marché sont vertueuses au sens chrétien du terme.
533 entreprises européennes, dont les compagnies pétrolières BP et Royal Dutch Shell, les laboratoires pharmaceutiques GlaxoSmithKline et Sanofi-Aventis, les banques BNP Paribas et HSBC, le groupe agroalimentaire Nestlé et les opérateurs télécom France Télécom et Vodafone, ont d’ores et déjà intégré le Stoxx Europe Christian Index. On remarquera subtilement que la classe politique française, qui ne cesse, à tort, de prôner la laïcité s’agissant à tout ce qui touche les musulmans, n’a pas encore réagi devant l’intégration des valeurs d'entreprises françaises comme BNP, France Télécom ou Sanofi à l’indice chrétien. D'autre part, une question taraude l’esprit : le partage des pertes et des profits et l’adossement de l’économie sur des actifs réels, des principes fondamentaux de la finance islamique, seront-ils autant de rigueur pour la finance chrétienne si des banques, les mêmes que celles qui ont permis la propagation de la crise de 2008, y sont intégrées ? La question reste entière. Les prêts à intérêts, que le christianisme a longtemps interdit, continuent de perdurer. Seule lueur d’espoir : l’intégration de ces banques dans l’indice chrétien pourrait permettre à ces dernières d’évoluer vers plus d’éthique et plus de justice sociale. Il n’en reste pas moins que cette finance chrétienne, loin d’être une concurrente de son pendant islamique, demeure complémentaire et répond à une demande légitime d’investisseurs lassés par les excès de la finance conventionnelle.
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