La création de ce premier comité de conformité francophone comblerait un réel manque, nous a affirmé M. Ajdir. Un manque qui a "poussé les savants à se spécialiser et à consacrer beaucoup de leur énergie à ce sujet-là ". Les banques et autres financiers ont besoin d'un comité comme ACERFI et d'experts en droit musulman pour valider la conformité des produits qu'ils souhaiteraient proposer. Et les savants moyen-orientaux s'intéressant à ce sujet ne connaissent pas vraiment le contexte français. Or les savants composant ACERFI le connaissent puisqu'ils y évoluent, tels que Cheikh Zakaria Seddiki, qui présidera le comité et qui dirige la Maison des Savoirs, du Moufti Louqman Ingar, diplômé en Sciences de Gestion à l’Université de la Réunion, en Shariah et en Fiqh de l’Université Islamique Azaadville – Johannesburg – Afrique du Sud, et imâm et enseignant à la Grande Mosquée de Saint-Denis, ou encore du Cheikh Mouhammad Patel, diplômé en Shariah de l’Université Islamique Zakariya de Johannesburg – Afrique du Sud, et imâm et enseignant à la Mosquée de Saint-Pierre.
ACERFI apportera des idées nouvelles, des alternatives, encouragera les financiers à s'intéresser davantage à la finance islamique et à ce qu'elle propose. A très court terme, même si Boubkeur Ajdir reste discret sur les détails, ACERFI a un "projet de validation d'un produit" de finance islamique pour la France. Des publications sont également en cours d'élaboration. A plus long terme, le comité devrait mettre à la disposition du grand public des outils de compréhension de la finance islamique. Les membres d'ACERFI pourraient alors intervenir dans le cadre de conférences, des formations dispensées déjà régulièrement par l'association AIDIMM et un forum sur Internet est aussi à l'étude.
Il n'existe pas encore d'estimation chiffrée concernant la finance islamique en France, même si au niveau mondial elle est estimée à 700 milliards d'euros, selon le communiqué de presse d'ACERFI. Toutefois, s'agissant des banques d'investissements, en France elles souhaitent attirer 100 milliards de dollars. Les banques de détail elles, ont tardé à se pencher sur la finance islamique, d'où le vide s'agissant des chiffres et des estimations. L'association AIDIMM, en collaboration avec la société britannique spécialisée en Finance Islamique IFAAS, a demandé durant le printemps 2008 à l'IFOP de réaliser un sondage d'où il ressort que "47 % des musulmans vivant en France seraient intéressés par un contrat d’épargne et 55 % par des emprunts qui respectent l’éthique islamique".