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Société

L’Observatoire contre l’islamophobie du CFCM cesse le contact avec la Licra

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 8 Novembre 2016



L’Observatoire contre l’islamophobie du CFCM cesse le contact avec la Licra
La Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), au travers de son président Alain Jakubowicz, veut « reprendre le combat contre cette imposture qu’est le concept d’islamophobie ». A ses yeux, « le concept d'islamophobie est un détournement de la lutte contre le racisme antimusulman qui n'a rien à voir avec l'antiracisme ». Ces mots, extraits de tweets publiés samedi 5 novembre, ont été relayés lors du colloque « Faux amis de la laïcité et idiots utiles » organisé dans l'enceinte de l'Assemblée nationale par le Comité Laïcité et République et la Licra.

Depuis, les critiques pleuvent contre l'organisation antiraciste. L’Observatoire national contre l’islamophobie, rattaché au Conseil français du culte musulman (CFCM) a réagi, mardi 8 novembre, pour dénoncer une « phrase-bombe » de la Licra « qui risque d’ouvrir un fossé entre les différentes composantes de notre pays et de construire un mur, principalement entre les citoyens français de confession ou de culture musulmane d’une part et les citoyens français de confession ou de culture juive d’autre part ». L’instance annonce « cesser, à partir de ce jour, tout échange ou contact avec la LICRA tant qu’elle ne revient pas sur sa position qui a soulevé au sein des associations musulmanes et autres, un tollé général ».

« Il se permet de nier le phénomène réel »

Selon le président Abdallah Zekri, Alain Jakubowicz « n’est plus désormais crédible pour parler du racisme, car il fait une distinction entre les formes de discrimination. Il se permet de nier le phénomène réel et combien (il est) inquiétant. Le président de la LICRA a-t-il oublié que son rôle est de réunir le plus grand nombre de citoyens contre tous les racismes et non de cliver l’opinion et de diviser les différentes communautés culturelles ? ».

Rappelant que le terme « islamophobie » – même critiqué par la Ligue des droits de l’homme (LDH) – est utilisée par cette dernière, de même que la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), Abdallah Zekri estime que la Licra « attise les tensions alors qu’en cette période où le terrorisme menace notre pays, il aurait fallu plutôt des discours d’unité et d’apaisement ».

Lors du colloque qui a vu la présence du délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra) Gilles Clavreul, la Licra s’est particulièrement attachée à critiquer vertement le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) au succès qualifié de « terrifiant ». L’association, dont la vision de l'antiracisme est diamétralement opposée à celle de la Licra en niant notamment l'existence d'un racisme d'Etat, revendiquait en octobre plus de 12 000 adhérents.

Le débat sémantique refait surface alors que le mot « islamophobie » se banalise de plus en plus sur la scène médiatique, relayé par les journalistes qui l'utilisent indistinctement du racisme antimusulman - comme à Saphirnews - pour qualifier des actes de haine et de discrimination dirigés contre des individus et institutions en raison de leur appartenance réelle ou supposée à l'islam et non l'interdiction de la critique à l'islam. S'il convient de prêter attention aux possibles instrumentalisations autour de la lutte, la Licra est cependant résolue à faire de la terminologie un combat essentiel, au détriment d'un combat de fond pour traiter le problème que toutes les forces vives de la nation sont appelées à prendre à bras le corps, au même titre que tous les racismes.






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