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Arts & Scènes

Kitsch ou pas kitsch ? L’expo de l’ICI haute en couleur

Rédigé par | Jeudi 17 Septembre 2015

Photographies, tableaux, vidéos et installations… Quinze artistes investissent l’Institut des cultures d’islam (ICI) dans la nouvelle exposition automne-hiver 2015 « Kitsch ou pas kitsch ? », du 17 septembre 2015 au 17 janvier 2016.



Photo : une partie de l’œuvre  « Oum El Dounia », de Lara Baladi (2007), tapisserie en soie et laine 902 × 290 cm. © Lara Baladi
Photo : une partie de l’œuvre « Oum El Dounia », de Lara Baladi (2007), tapisserie en soie et laine 902 × 290 cm. © Lara Baladi
Vous avez dit kitsch ? Le mot sonne souvent comme une dépréciation : qualifier un décor kitsch, trouver une ambiance kitsch n’est pas ressenti comme un compliment. Dans le langage courant, ce type de remarque désignerait plutôt le mauvais goût ou l’assortiment décousu de vieilles choses clinquantes destinées à en mettre plein la vue mais qui auraient raté l’objectif d’épater la galerie.

Qu’à cela ne tienne ! L’Institut des cultures d’islam (ICI) assume pleinement sa nouvelle programmation de l’automne 2015. « Kitsch ou pas kitsch ? » entend justement chambouler les aprioris sur la création artistique venue du Moyen-Orient. Le clinquant des couleurs, les collages inédits de formes et de matières, la juxtaposition d’univers traditionnels et contemporains participent du foisonnement créatif des quinze artistes invités, issus du monde arabe, de Turquie et d’Iran.

Miss Hybrid 4, de Shirin Aliabadi (2008). © Courtesy de l’artiste
Miss Hybrid 4, de Shirin Aliabadi (2008). © Courtesy de l’artiste

Art populaire, art politique

Il en est ainsi, par exemple, de Shirin Aliabadi, artiste iranienne qui, dans sa série photographique Miss Hybrid, met en scène des femmes aux perruques blondes et aux lentilles claires, faisant ici apparaître l’attirance pour les diktats esthétiques dans un monde où le féminin est sous carcan.

L’artiste libanaise Lara Baladi, qui vit au Caire et a fondé, en 2011, Radio Tahrir lors de la révolution égyptienne, expose Oum El Dounia (« La mère du monde », expression populaire qui fait référence à l’Égypte), une tapisserie créée au moyen d’un processus digital lié à un métier à tisser et d’après un collage de photographies.

Dans plusieurs de ses œuvres, Ashraf Fawakhry, né en Galilée et vivant à Haïfa (Israël), prend pour emblème récurrent l’âne. Cet animal à la fois têtu et endurant, capable de transporter de lourdes charges et de traverser durant des heures des contrées escarpées et hostiles symbolise ainsi l’obstination des Palestiniens à défendre leurs droits et leurs terres.

The Knight, d’Ashraf Fawakhry (2010). © Courtesy de l’artiste
The Knight, d’Ashraf Fawakhry (2010). © Courtesy de l’artiste

Scènes et écrans

Sur scène, Rachid Akbal (les 24, 25 et 26 septembre, à 19 h) conte les grands récits du monde arabe (Les Mille et Une Nuits) et de Mésopotamie (L’Épopée de Gilgamesh), en campant les personnages hauts en couleur de ces trésors de littérature ancienne. La soirée est suivie du concert de Natacha Atlas (le 25 septembre), qui vient de sortir un nouvel album River Nile, composé avec le musicien de jazz Ibrahim Maalouf, et du concert du groupe londonien Ibidio Sound Machine (le 26 septembre) emmené par la chanteuse nigériane Eno Williams.

Sur grand écran, un Bollywood marathon est proposé le week-end du 19 et 20 septembre pour s’avaler non-stop deux fois 12 heures de films d’affilée. De quoi donner le tournis à tous les aficionados du cinéma indien.

RENDEZ-VOUS
Visite commentée de l’exposition par les artistes, le 19 septembre, à 11 h, et le 3 octobre, à 15 h.
Ibn Khaldûn, conférence de Gabriel Martinez-Gros, professeur d’histoire médiévale à l’université de Nanterre : le 30 septembre, à 19 h.
L’astronomie arabe, conférence de Régis Morelon, ancien directeur de l’Institut dominicain d’études orientales du Caire, chercheur émérite au CNRS : le 7 octobre, à 19 h.
Les assises du kitsch, table ronde organisée avec l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) pour aborder les apports multiples du kitsch dans le design, le vêtement et l’architecture : le 14 octobre, à 19 h.
Atelier créatif : kitschez ! collez !, animé par la plasticienne Anita Ben Mohammed : enfants et adultes conçoivent leurs propres œuvres d’art en intégrant les codes classiques du kitsch, les 21, 24 et 30 octobre à 15 h.
Atelier créatif : rétro vinyles, pour créer une fausse pochette de disque vinyle kitschissime, digne des musiques du Maghreb des années 1960 : les 28 et 29 octobre, à 14 h.
La fabrique du paria, rencontre littéraire avec Zahia Rahmani, auteure de Musulman roman (Éd. Sabine Wespieser, 2005) et Karim Miské, auteur de N’appartenir:// (Éd. viviane Hamy, 2015) : le 4 novembre, à 19 h.
L’image du Sahara en Occident, rencontre littéraire avec Michel Pierre, auteur de Sahara, le grand récit (Belin, 2014) : le 9 décembre, à 19 h.
Le Musée palestinien, conférence de Jack Persekian, directeur et conservateur en chef du Musée palestinien, initiateur du Festival Qalandiya International (du nom du checkpoint par lequel on accède à Ramallah) et du Jerusalem Show : le 16 décembre, à 19 h.

« Kitsch ou pas kitsch ? », du 17 septembre 2015 au 17 janvier 2016
Institut des cultures d’islam : 19, rue Léon ‒ 56, rue Stéphenson ‒ Paris 18e
Programme complet sur : www.ici.paris.fr





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