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Culture & Médias

Paris et l’Institut des cultures d’islam fêtent le Maroc

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Mardi 23 Septembre 2014

Le coup d’envoi de la nouvelle programmation de l’Institut des cultures d’islam (ICI) a été donné jeudi 18 septembre. Pendant quatre mois, le centre culturel installé dans le 18e arrondissement de Paris met à l’honneur des artistes marocains avec le festival « Maroc : arts d’identités ». Saphirnews a assisté à l’inauguration de ce 9e Festival des cultures d’islam.



Paris et l’Institut des cultures d’islam fêtent le Maroc
Il fait chaud, très chaud, dans la soirée du jeudi 18 septembre au bâtiment Goutte-d'Or de l’Institut des cultures d’islam (ICI), l’un des deux établissements que compte l'établissement culturel installé en plein cœur du 18e arrondissement de Paris.

Une centaine de personnes s’y sont pressées pour assister à l’inauguration du 9e festival « Maroc : arts d’identités » mettant à l’honneur des œuvres artistiques en provenance du royaume chérifien. Jusqu’au 21 décembre, six artistes marocains y ont pris leurs quartiers : Jamila Lamrani, Hicham Benohoud, Simohammed Fettaka, Younès Rahmoun, Badr El Hammami et Khalil Nemmaoui.

L’une des photos de la série « Ânes situ » d’ Hicham Benohoud.
L’une des photos de la série « Ânes situ » d’ Hicham Benohoud.

Des mises en scène qui racontent des histoires

L’exposition de leurs œuvres n’a pas pour prétention de refléter tout le Maroc mais la « diversité » de l’art marocain, commente Jamel Oubechou. Après une programmation sur l’art syrien « Et pourtant ils créent ! (Syrie : la foi dans l’art) » d’avril à juillet 2014, l’ICI chercherait-il à propager un message plus léger avec un festival sur le Maroc ? Non, juge le président de l’ICI, qui estime que la programmation sur la Syrie était plein d’« espoir » car elle montrait que les artistes syriens continuaient à créer malgré le chaos dans lequel est toujours plongé leur pays.

Avec « Maroc : arts d’identités », les interrogations et tourments des artistes sont tout aussi présents. Ainsi, avec sa série photographique Ânes situ, Hicham Benohoud « interroge la place de chacun dans la société » marocaine en mettant en scène un âne dans d’imposantes installations au cœur de riches intérieurs. Jamila Lamrani a, quant à elle, choisi de faire écho aux Printemps arabes avec son installation Le peuple veut, faite d’une multitude de fils de laine noire et rouge. Les fils de laine rouge symbolisent le « sang » versé lors de « toutes les révolutions », nous explique-t-elle. Le noir correspond à l’encre qui écrit une nouvelle histoire.

Si l’artiste questionne avec cette œuvre imposante, elle interpelle tout autant avec ses « miniatures » exposées à l’ICI Léon, à quelques pas de l’ICI Goutte-d’Or, le second bâtiment de l’institut. Dans ces Birdcages, on trouve non pas des oiseaux mais des robes et petites poupées. Une « référence à l’enfance », indique Mme Lamrani, qui veut également évoquer l’enfermement.

L’automne du Maroc à Paris

Le message féministe est patent. En ce sens, l’ICI propose dans le cadre de sa nouvelle programmation un focus sur le féminin au Maroc, du 18 au 21 décembre. Le président du Conseil national des droits de l’homme, Driss El-Yazami, présentera notamment le rapport de la situation des droits de l’homme au Maroc (dimanche 21 décembre, à 11 h).

Trois autres grands thèmes (« Poésie, voix du Maroc », « Maroc, cultures plurielles » et « Maroc en perspectives ») seront abordés lors de ce festival, où concerts, projections de documentaires et autres spectacles sont prévus. Une manière de faire découvrir la diversité artistique du Maroc.

Dans le cadre d’un « Automne à Paris », d’autres lieux culturels de la capitale mettront à l’honneur l’art marocain les mois à venir tels le 104, la Gaîté lyrique, le Théâtre de la Ville. C'est le cas également de l’Institut du monde arabe (IMA) et du Louvre qui ont prévu, d’octobre à janvier, une programmation sur le Maroc contemporain pour le premier et sur le Maroc médiéval pour le second.

A gauche,  Patrick Klugman, l’adjoint de la maire de Paris aux relations internationales  et à droite Jamel Oubechou, le président de l’ICI.
A gauche, Patrick Klugman, l’adjoint de la maire de Paris aux relations internationales et à droite Jamel Oubechou, le président de l’ICI.

L’ICI, « une réponse » à l’actualité internationale

« Ce moment est très émouvant pour moi. C’est la première fois que je viens ici et que je prends la parole ici », a commencé Patrick Klugman, chargé des relations internationales à la mairie de Paris, lors de son discours d'inauguration. « Ce lieu, l’ICI, dans cet arrondissement, dans ce quartier, est sans doute la réponse la plus intelligente, la plus appropriée, la plus merveilleuse et la plus éclairante à un certain nombre de problèmes qui se jouent actuellement dans l’actualité internationale. C'est le fait que nous tirions fierté des cultures de l’islam à Paris », a poursuivi M. Klugman, ancien président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), dont l'organisation n'a pourtant pas hésité à manifester son soutien à Israël contre Gaza cet été en participant notamment à la manifestation pro-israélienne à Paris fin juillet.

L’homme représentait Anne Hidalgo, qui n’a pu se déplacer. Elle « aurait vraiment aimé être là », a assuré l’élu, rappelant les origines de la maire de Paris, qui est Andalouse, « le lieu où se joue le plus en Europe la culture de l’islam ». Daniel Vaillant, ancien maire du 18e arrondissement, qui a œuvré avec l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë à la création de l’ICI était présent, tout comme un représentant de l’ambassadeur du Maroc. Ce dernier ne pouvait qu’être enchanté de voir toute l’effervescence parisienne autour de l’art marocain, laquelle offre un très bon coup de projecteur pour renforcer la notoriété du pays de Mohammed VI.







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