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Religions

Kamel Kabtane : « Le CFCM est un bateau ivre »

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Lundi 8 Octobre 2012

Alors que le Conseil français du culte musulman (CFCM) est en pleine crise, Kamel Kabtane prend les devants pour la construction d'un islam de France solide. Sur ses terres, le recteur de la Grande Mosquée de Lyon compte organiser une réunion nationale courant novembre. Loin des dissensions internes traversées par le CFCM, dont il est membre, il souhaite ouvrir le débat au monde universitaire.



Kamel Kabtane : « Le CFCM est un bateau ivre »
Dernières élections boycottées par la Grande mosquée de Paris (GMP) et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), démission de Dalil Boubakeur, piètre image auprès de la communauté musulmane : le CFCM a du mal à s'imposer dans le paysage de l'islam en France.

Alors que la réforme de l'instance représentative du culte musulman annoncé depuis plusieurs mois n'a pas encore vu le jour, M. Kabtane a l'intention d'organiser une réunion nationale autour de l'islam de France. Il souhaite convier une trentaine d’universitaires et de spécialistes de la religion musulmane. Entretien.

Saphirnews : Vous avez annoncé votre intention d'organiser une réunion nationale pour la refonte de l'islam de France.

Kamel Kabtane : Il s'agit d'une rencontre universitaire pour faire l'état des lieux de l'islam en France et analyser la situation d'aujourd'hui. Le but est de voir ce qui ne va pas et pourquoi cela ne marche pas. Autour de la table, il n'y aura que des universitaires, des personnes comme Franck Frégosi (directeur de recherches au CNRS, spécialiste de l'islam, ndlr), Dounia Bouzar (anthropologue, ndlr) ou encore Tareq Oubrou (imam de la mosquée de Bordeaux, ndlr).

Quand aura lieu cette réunion nationale ?

K. K : En novembre. Nous attendons encore le feu vert de l'Université Lyon 3 à qui nous avons demandé une salle. Je tiens vraiment à ce que cette réunion se déroule en ces lieux.

Pourquoi est-ce important pour vous d'organiser une telle réunion ?

K. K : Aujourd'hui, le CFCM est en panne d'idées. J'ai appris, encore tout récemment, que son président (Mohammed Moussaoui, ndlr) voulait toujours s'appuyer sur la réforme proposée par l'ex-ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Ça ne va pas ! Les divisions de l'instance doivent également être analysées. On doit voir pourquoi l'islam de France peine tant à exister. Est-ce un problème structurel ou d'ingérence ? Il faut se poser des questions là-dessus.

On a besoin d'une représentation forte qui porte un message clair et sans ambiguïté alors que jusqu'à présent, le CFCM a toujours eu un message inaudible.

On comprend votre exaspération mais pourtant vous êtes toujours membre du bureau exécutif du CFCM...

K. K : Je suis dans les effectifs mais je n'y vais plus. Comprenez, le CFCM est un bateau ivre.

Que faut-il faire pour sauver ce bateau ?

K. K : Les musulmans ont la nécessité d'avoir une représentation pyramidale ou consensuelle où il y a de la démocratie et de l'indépendance. Il ne faut plus qu'il y ait les mêmes personnes, qui depuis 10 ans qui se cooptent. Il n'y a pas une seule femme, pas un seul jeune, pas un seul converti, ni un seul intellectuel. Il faut du sang nouveau et changer de méthode. Il est important d'être plus à l'écoute de la base. Prenons le cas du Hajj : les pèlerins ont l'impression que personne ne s'inquiète de leurs problèmes. Le CFCM doit s'imposer.

A la mosquée de Lyon, comment se traduise votre ligne de conduite ?

K. K : Je suis pour l'indépendance du CFCM comme ma mosquée est indépendante. La rentrée des imams dans la formation leur proposant un enseignement de la laïcité a été lancée en partenariat avec l’Université Lyon 3 et l’Université catholique de Lyon (UCL) et aura lieu jeudi 11 octobre après une sélection des candidats dimanche 7 octobre et un test de français mercredi 10 octobre. Cela montre qu'à Lyon, nous faisons des choses concrètes.

Quel regard portez-vous sur les dernières semaines d'actualité marquées par le film anti-islam et les caricatures de Charlie Hebdo ?

K. K : Je ne peux être qu'outré. Beaucoup de gens se font du blé sur le dos des musulmans. Notre communauté se doit de réfléchir avec la tête. Le Prophète Muhammad avait connu pire. Il avait été maltraité jusqu'à être obligé de s'enfuir à Médine. Il faut être fort et capable de faire face intelligemment d'où la nécessité d'avoir des intellectuels à nos côtés.

Aller devant les tribunaux ne mène à rien. Nous avons été les premiers à aller devant la justice après les premières caricatures de Charlie Hebdo (en 2006) mais la liberté d'expression est clairement établie en France.



Maria Magassa-Konaté


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