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Sur le vif

Jérôme Kerviel, critique du capitalisme, rencontre le pape

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 20 Février 2014



L’ex-trader Jérôme Kerviel, symbole des excès de la finance et de la spéculation, a rencontré mercredi 19 février le pape François au Vatican.

Jérôme Kerviel avait écrit une semaine auparavant une lettre au souverain pontife. Leur rencontre fut brève. Des minutes précieuses pour l’ancien trader, qui dénonce aujourd’hui le système financier capitaliste condamné par le pape. Accompagné de son avocat David Koubbi, il a pu échanger quelques mots avec le pape.

Lors d'un entretien accordé au site d'informations chrétien Aleteia et publié le 10 février, Jérôme Kerviel faisait part de son admiration pour le pape François. Il « représente pour moi une figure - LA figure - morale d’honnêteté et de droiture. Ses prises de parole engagées font écho à l’éducation et aux valeurs qui m’ont été inculquées par mes parents, et dont je n’aurais sans doute jamais dû m’éloigner », déclare M. Kerviel.

S’il avoue avoir une foi « fragile », l’homme voit le pape comme « l’image d’un phare qui montre un cap, seul à même de moraliser le système et de mettre en échec l’insupportable relégation de l’humain au second plan ».

L’ex-trader de la Société générale, qui fit perdre à son employeur près de 5 milliards d’euros lors de la crise financière de 2008, dénonce aujourd’hui le système dans lequel il évoluait. « J’ai participé à l’œuvre de la finance dans ce qu’elle a de pire, de plus malsain et de plus inavouable », avoue-t-il. « Il est tout à fait indiscutable que le système financier, faussement régulé de par le monde, est à l’origine des crises successives qui ont de lourdes conséquences sur la plupart des femmes et des hommes de la planète. Ce système, tel qu’il existe aujourd’hui, sera la cause de son propre effondrement si les dirigeants de ce monde n’acceptent pas de se saisir du sujet », poursuit Jérôme Kerviel.

« Ce système se nourrit de catastrophes et de malheurs puisque tout est prétexte pour spéculer pour faire de l’argent, sans avoir rien fabriqué au préalable. Comprenez-moi bien, la spéculation ne crée rien. Pour vous donner un exemple de la perversité du système spéculatif, il suffit de se souvenir que les journées de trading les plus profitables pour les banques sont celles où se déroulent de grandes catastrophes : attentats, tsunami, déclarations de guerre… », explique encore le trader repenti.

« J'ai fait ce que la banque m'a appris à faire et je n'ai volé personne », se défend par ailleurs Jérôme Kerviel, qui a toujours affirmé que la Société générale savait ce qu’il faisait.

Jérôme Kerviel a été condamné en première instance puis en appel à cinq ans de prison, dont trois ans ferme, et à reverser 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à son ancien employeur. La Cour de cassation doit examiner son pourvoi, le 19 mars prochain.

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