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Société

Islamophobie : face à la justice, Claude Goasguen ne s'excuse pas

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 14 Novembre 2014

Claude Goasguen, qui avait irrité les musulmans de France pour ses propos sur les « musulmans drogués » dans les mosquées en début d'année 2014, s'est rendu à son procès vendredi 14 novembre. Le Conseil français du culte musulman (CFCM), à l'origine de la procédure, a maintenu ses accusations contre le député.



Islamophobie : face à la justice, Claude Goasguen ne s'excuse pas
Claude Goasguen a été cité à comparaître, vendredi 14 novembre, devant le tribunal correctionnel de Nîmes par le Conseil français du culte musulman (CFCM) pour diffamation et incitation à la haine raciale après ses propos tenus en février 2014 au KKL, le Fonds national juif. Le député-maire du 16e arrondissement de Paris avait alors déclaré qu’on osait plus enseigner la Shoah dans les lycées français « tant on a peur des réactions des jeunes musulmans qui ont été drogués dans les mosquées ».

Claude Goasguen, appelé à s’expliquer devant la justice, a fait le déplacement. S’il admet avoir été « maladroit » dans l’usage du terme « drogués », il n’enlève rien au fond et confirme ses propos qui visaient, selon lui, les jeunes musulmans « intoxiqués » par « l'islamisme radical » qui gagnerait les mosquées en France.

Aucun soutien à sa rescousse

Le député avait annoncé en septembre vouloir faire citer comme témoins deux anciens ministres de l’Education nationale, Luc Ferry et Xavier Darcos, et Marc Knobel, historien et directeur des études au Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), pour prouver les difficultés d’enseigner la Shoah en France et espérer battre en brèche l'accusation de diffamation. Aucun des trois hommes n’a finalement fait le déplacement à son procès. Pour faire oublier ce revers, Claude Goasguen a déclaré s’appuyer sur un rapport officiel de l’Education nationale daté de 2004 pour créditer ses propos.

Abdallah Zekri, président de l'Observatoire national contre l'islamophobie qui dépend du CFCM, a maintenu les accusations contre le député, qui avait tenté de négocier une solution « à l’amiable » avec le plaignant dans l’objectif de mettre fin aux poursuites. Une fin de non-recevoir lui avait alors été adressé dès juin, la sincérité de Claude Goasguen ayant été remise en cause. Ce dernier, qui indique avoir proposé un « débat politique » avec le CFCM, a estimé qu’il en va de « l'intérêt général de la France qu'on n'ait pas trop ce genre de débats dans un pays en difficulté ». Il en va plutôt de l'intérêt personnel d'un homme dépité d'être appelé à répondre de ses actes devant l'institution judiciaire.

Le « zèle » du député se retourne contre lui

Au procès, « je lui ai fait comprendre que les mosquées ne sont pas des lieux de débauches mais des lieux de prière qu’il faut respecter », déclare à Saphirnews Abdallah Zekri, à l’issue de l’audience. Soulignant que ses propos avaient été tenus en pleine campagne électorale des municipales, le Nîmois juge qu’à l’époque, « il a voulu faire du zèle et s’attirer les faveurs d’un certain électorat, celui de l’extrême droite » dont il a été rattaché dans sa jeunesse.

Abdallah Zekri, qui a réclamé 5 000 euros de dommages et intérêts et 1 500 euros au titre des frais d'avocat, est « confiant » pour la suite. La suite dira s'il a raison de l'être. Le verdict sera rendu le 16 janvier 2015.





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