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Monde

Gaza : les ONG réclament des médias une attention régulière sur la situation en Palestine

Rédigé par Leïla Belghiti | Mardi 22 Juin 2010

L'opération sanglante de l'armée israélienne sur la Flottille internationale pour Gaza fin mai avait soulevé l'indignation internationale. Qu'en est-il aujourd'hui ? Si, l'émotion passée, les rues de France et d'ailleurs se sont calmées, pour les ONG, Gaza nécessite une présence régulière et concrète.



Gaza : les ONG réclament des médias une attention régulière sur la situation en Palestine
« Beaucoup d'émotion, de colère et d'incompréhension », résume Noheila, jeune étudiante qui a rejoint les rangs des militants pro-palestiniens.

Si les appels à manifester n''arrêtent pas de défiler par textos ou courriels, la mobilisation se fait maigre. Pourtant, dans la bande de Gaza, rien n'a changé, ou presque : Israël a annoncé dimanche un « allègement du blocus » pour permettre l'entrée de « biens à usage civil », et gare à laisser passer des « équipements militaires et du matériel susceptibles de renforcer la machine de guerre du Hamas », déclare un haut responsable israélien. Les mots sont pesés, comme à l'ordinaire. Des mêmes mots qui seront repris, ailleurs, dans les médias, sous des formules ressemblantes d'« organisation terroriste », d'« islamistes du Hamas », etc.

Développement durable dans la bande de Gaza

Outrées notamment par le traitement médiatique infligé à cette partie du monde, les ONG, à l'instar du CBSP qui participa à la Flottille ou le Secours Islamique France (SIF), tentent de se concentrer sur l'essentiel en poursuivant leurs actions de terrain.

« Le quotidien difficile auxquels font face les Gazaouis chaque jour et la nécessité qu’une aide concrète et régulière leur soit apportée, c'est cela que les médias devraient davantage souligner », regrette Anne Hery, responsable Relations extérieures du SIF.

Aux accusations de « soutien à l'organisation du Hamas », Anne Hery réfute et rappelle que le SIF « agit dans le monde entier de manière neutre et impartiale, en fonction de la vulnérabilité et des besoins des populations ». « Travailler dans la bande de Gaza est extrêmement difficile car le contexte est très tendu et sensible», ajoute Mme Hery. « Mais, malgré les conditions, l'aide est utile et efficace », poursuit-elle.

En 2009, un peu plus de 4 millions d'euros ont été versés par les donateurs pour venir en aide au Gazaouis et plus de 3 millions d'euros ont été dépensés dans les domaines de l'enfance dans la construction ou la réhabilitation de ludothèques, de l'urgence ou et de la post-urgence, dans l'aide et la sécurité alimentaire, « en formant les agriculteurs ou en offrant des lapins ou des poules à des éleveurs afin qu'ils puissent se développer et pourvoir à leurs propres moyens de subsistance à long terme», nous explique Mme Hery. Le mot d'ordre : « Que les populations puissent devenir autonomes » dans la gestion des crises.

Faute de ne pouvoir faire passer mobil-homes ou matériaux de construction via les frontières contrôlées par l'Égypte ou par Israël, les ONG procèdent donc à une récupération des matériaux locaux pour tenter de reconstruire un tant soit peu les trois quarts des habitations détruites de la bande de Gaza lors de l'opération « Plomb durci ».

Les ONG misent sur le développement durable à Gaza, mais la solution reste tout de même, reconnaît le SIF, « la levée du blocus ».






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