Nourriture, habits, toits, eau, électricité, chauffage… La population manque de tout. De même que les hôpitaux qui n’ont plus de ressource ni de place pour les centaines de blessés qui leur sont apportés au fil des jours. Au sixième jour de bombardements israéliens sur Gaza qui ont fait près de 400 morts et 2000 blessés, la situation se précarise davantage pour les quelques 1,5 millions de personnes y vivant. La situation humanitaire n’a jamais été aussi catastrophique depuis le blocus imposé par Israël en juin 2007 lors de la prise de pouvoir par la force du Hamas sur ce territoire. Les ONG et les agences internationales dont l’UNRWA, la principale agence d’aide aux réfugiés palestiniens, ont fait savoir depuis longtemps l’étendue de la crise.
Aujourd’hui plus que jamais, nombre d’humanitaires font pression auprès de l’Etat hébreux pour pouvoir porter assistance auprès de la population. C’est le cas notamment en France du Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens (CBSP), du Secours islamique ou encore de Muslim Hands International qui organisent, chacune à leur manière, des campagnes d’action en faveur de Gaza. Kamel Zine, chargé de la communication et de développement du bureau Muslim Hands en France rend compte de la gravité de la situation. « J’ai eu hier au téléphone le directeur du bureau de l’ONG à Gaza qui m’a expliqué à quel point la situation est dramatique. Sa maison à Gaza est d'ailleurs partiellement détruite. Les bombardements n’ont pas cessé depuis samedi, ce qui empêche les travailleurs humanitaires de circuler librement. Ils font le maximum mais leur travail est difficile car personne ne sait où la prochaine bombe va tomber. Même la Croix-Rouge ou encore l’UNRWA, qui fournit 80% de la nourriture à la population de Gaza, ont du mal à travailler. Les hôpitaux sont engorgés, les frigos mortuaires sont pleins, ils manquent de médecins, de médicaments, de produits de soins d’urgence, de tout. » Pire encore puisque Gaza est plongée dans l’obscurité du fait « des coupures d’électricité fréquentes. Les appareils hospitaliers cessent de fonctionner et les foyers en sont privés. Ils n’ont plus d’eau, plus de chauffage. Or, c’est l’hiver et il fait très froid. Pourtant, les gens sont obligés de laisser leurs fenêtres ouvertes car lorsque les bombes explosent, les fenêtres se cassent et blessent les habitants. »