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Finance éthique

Finance islamique : les leçons malaisiennes pour la France

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 21 Mai 2011

La Malaisie a fait du halal sa spécialité maison. En pointe sur la finance islamique, le pays a su se hisser au top et à acquérir une forte réputation. Pourtant, peu en France et en Europe connaissent son expérience, qui ne gagne qu’à être connue. Le colloque sur les spécificités de la finance islamique en Malaisie, organisé par l’IESH de Paris et l'Institut de la finance islamique (IIIFB) de l’université islamique de Malaisie (IIUM), se tiendra les 27 et 28 mai prochain, à Saint-Denis.



Le directeur de l'IESH Ahmed Jaballah (à dr.) en compagnie du président de l'université islamique de Malaisie (IIUM), lors de la signature de l'accord-cadre de coopération scientifique, en novembre 2010.
Le directeur de l'IESH Ahmed Jaballah (à dr.) en compagnie du président de l'université islamique de Malaisie (IIUM), lors de la signature de l'accord-cadre de coopération scientifique, en novembre 2010.
La finance islamique en Malaisie : quelles spécificités et quelles leçons tirer de cette expérience pour la France ? Tel est l’objet du prochain colloque de l’Institut européen des sciences humaines (IESH) de Saint-Denis, qui se tiendra vendredi 27 et samedi 28 mai, et dont sont partenaires Saphirnews, Salamnews et le Conseil français de finance islamique (COFFIS).

Cet événement vient renforcer les liens noués entre l’IESH et l’Université internationale islamique de Malaisie (IIUM), l’une des plus grandes facultés islamiques du monde musulman, basée à Kuala Lumpur, à la suite de la visite officielle, en novembre dernier, du président de l’IIUM à Paris. Cette rencontre avait abouti à la signature d’une convention-cadre entre les deux parties, qui permettra à l’avenir les échanges de professeurs, de publications et une plus grande facilité des échanges entre les étudiants de l’IESH et de l’IIUM.

Pour Ahmed Jaballah, directeur de l’IESH, le choix de l’IIUM va de soi, car elle est « l’université dont les contenus de formations en théologie et en finance islamique sont les plus proches de ce qui est dispensé à l'IESH. C’est une grande université, très connue dans le monde musulman et qui est très ouverte au monde extérieur, ce qui rejoint notre état d’esprit ».

La Malaisie : une expérience, pas un modèle

L’importance de ce colloque est à la hauteur de celle que prend la Malaisie dans le monde financier sharia-compliant. « L’expérience malaisienne est très ancienne. Elle est l’un des premiers pays à avoir développé la finance islamique dans les années 1970. La Malaisie abrite l’IFSB (Islamic Financial Services Board), une institution internationale spécialisée dans la finance islamique, et elle est dotée de nombreux centres de recherche, d’institutions et de banques qui suscitent beaucoup d’intérêt pour les pays qui souhaitent développer la finance islamique. Mais cette expérience n’est pas suffisamment connue en France », explique M. Jaballah.

La création en Malaisie d’un indice boursier uniquement dédié à l’industrie agroalimentaire halal ne vient que confirmer le dynamisme du pays en la matière.

Cependant, pour le directeur de l’IESH, la Malaisie ne peut être érigée en modèle pour la France, en raison du contexte particulier dans lequel celle-ci évolue. « C’est une expérience parmi d’autres. Le modèle malaisien ne peut pas être transposé tel quel en France, mais il est important de mieux le connaître car il a de nombreuses spécificités dont on devrait tenir compte », indique-t-il.

Les banques françaises molles

Dans ce pays à majorité musulmane, la finance conventionnelle n’a pas été empêchée de se développer au côté de banques islamiques. « Plusieurs banques conventionnelles commercialisent des produits islamiques et il est intéressant pour la France de voir comment elles ont réussi à le faire sans avoir à devenir une institution islamique », note M. Jaballah. Ainsi dit, la finance islamique doit pouvoir s’adapter en fonction de l’environnement dans lequel elle se développe.

Ce sont pourtant les grandes banques françaises qui freinent actuellement le développement de ce système alternatif, potentiellement très lucratif selon plusieurs études. « Du bon travail est fait depuis deux ans, mais l’hésitation vient aujourd’hui des banques françaises qui, pourtant, pratiquent la finance islamique dans des pays musulmans », conclut le directeur de l'IESH. La faute au contexte politique sans grand doute.

Le colloque, qui verra l’intervention d’une douzaine d’intervenants, dont cinq venus de Malaisie, promet d’être riche en enseignements.



Hanan Ben Rhouma


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