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Monde

Enseigner une Histoire commune, le défi du Maroc

InterFaith Tour Africa 2016

Rédigé par Christophe Cadiou, Héléna Houard et Saïkou Camara | Mercredi 23 Novembre 2016



Le Maroc est la deuxième étape de l'Interfaith Tour Africa, effectué du 10 au 19 juillet 2016 par trois membres de Coexister : Christophe Cadiou, Héléna Houard et Saïkou Camara. Ici, à Fès.
Le Maroc est la deuxième étape de l'Interfaith Tour Africa, effectué du 10 au 19 juillet 2016 par trois membres de Coexister : Christophe Cadiou, Héléna Houard et Saïkou Camara. Ici, à Fès.
Quittant non sans émotions la Tunisie, nous nous dirigions vers Fès, au Maroc, pour notre deuxième étape d’Interfaith Tour Africa 2016, où nous étions attendus par Abdelhakim Z., bénévole franco-marocain de Coexister Limoges qui sera à nos côtés pour une semaine.

Le Maroc, royaume de l’hospitalité (et des klaxons…) à la hauteur de sa réputation, est officiellement à 99 % musulman. En effet, les textes constitutionnels marocains prévoient que l’« islam est la religion de l’État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes ». Le roi Mohammed VI, possédant le titre d'Amir al Mouminine (« commandeur des croyants »), perpétue la tradition familiale par son engagement en faveur du dialogue interreligieux.

Au Maroc, en plus de la coexistence historique entre juifs et musulmans, sont présents plus de chrétiens qu’en Tunisie malgré l’interdiction du prosélytisme, même si, paradoxalement, de nombreux chrétiens, catholiques et protestants, demandent la nationalité marocaine, y vivant très bien au quotidien. Même si tout n’est pas parfait, tous les Marocains rencontrés s’accordent à dire que la principale préoccupation de la société reste l’éducation.

Ce défi est encore compliqué dans la mesure où chaque communauté religieuse a son école, enseignant ainsi aux enfants son histoire du Maroc. Dans le cas des musulmans, l’éducation est plus politique, l’Histoire faisant notamment l’éloge de la famille alaouite (celle du roi actuel). Plus généralement, la présence des autres religions est enseignée, mais pas vraiment la coexistence entre ces dernières.

L’Université al Akhawayn, à Ifrane (Maroc).
L’Université al Akhawayn, à Ifrane (Maroc).
Ainsi, l’éducation est l’une des raisons, sinon la raison, qui a fait qu’avec le temps les jeunes marocains vivent seulement les uns à côté des autres et non plus ensemble, même si, comme nous le rappelleront le rabbin Jacky Sebbag et Ahmed Ghayat de Marocains Pluriels, rencontré lors de la commémoration de l’attentat de Nice au Consulat général de France à Casablanca, l’identité marocaine rassemble et prime, avant même l’évocation de l’identité religieuse .

Abdelhakim témoignait d’ailleurs lors de l’une de nos rencontres : « Je n’ai su mon ignorance sur l’Histoire de mon pays que lorsque je suis arrivé en France. C’est là-bas que j’ai compris que l’on m’a juste enseigné une partie de l’Histoire et, depuis, j’ai appris beaucoup de choses. Cela me peine de savoir que les jeunes, au Maroc, continuent à grandir dans l’ignorance de l’Histoire de leur pays qui pourrait leur rappeler qu’ils ont une Histoire commune qui fait d’eux des Marocains avant d’être d’une conviction différente ».

Toutefois, les centres de formation religieuse mais également les universités prestigieuses (citons notamment la Rabita Mohammedia des oulémas du Maroc, l’Institut al Mowafaqa, l’Université al Akhawayn et bien d’autres…) préparant les futurs cadres et leaders internationaux ont pris à cœur cette responsabilité, en insérant pleinement cet enseignement de la diversité religieuse marocaine. Cela est de bon augure pour l’avenir du royaume.








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