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Société

École privée, école à la maison : le choix des parents

Rédigé par Assmaâ Rakho Mom | Vendredi 11 Septembre 2015

Instruction en famille, école privée catholique ou musulmane, écoles alternatives, les solutions s’offrant aux parents qui optent pour le « tout sauf l’école publique » sont nombreuses. Et certains n’hésitent pas à s’en servir.



École privée, école à la maison : le choix des parents
La scolarisation n’est pas obligatoire en France, mais l’instruction l’est, selon la loi du 28 mars 1882. Et cela, Oum Rayhana, maman de quatre enfants de 3 à 10 ans vivant dans le Poitou-Charentes, l’a bien compris. Si elle a fait dès le départ le choix de l’IEF (instruction en famille), cette solution « s’est naturellement imposée à elle, car le système éducatif ne lui convenait pas ». La jeune femme était en effet désireuse d’« éduquer ses enfants en favorisant l’écoute, la parole et le respect de chacun », et surtout l’instruction religieuse. Ce qu’elle voulait aussi, c’était que ses « enfants progressent à leur rythme dans un environnement où ses valeurs seraient transmises ».

Mais ce à quoi Oum Rayhana ne s’attendait pas, c’est à « en apprendre tous les jours, sur beaucoup de sujets qu’elle n’avait pu explorer » jusqu’alors. Investie, la jeune maman a aménagé une « salle de classe dans son salon avec tables et chaises et tout le matériel nécessaire », en plus d’un « coin travail » dans les chambres des enfants. En tout, ce sont 26 heures hebdomadaires qu’Oum Rayhana consacre à l’enseignement. L’inspection d’académie ne lui a jusqu’ici rendu visite qu’une seule et unique fois, et « cela s’est très bien passé ».

« Un chantier laissé à l’abandon »

Maman de deux enfants, Rachida vit en région parisienne et est en recherche d’emploi. Son « sentiment concernant l’école publique est à l’image d’un chantier longtemps laissé à l’abandon par nos pouvoirs publics ». Il faut dire que son premier enfant y a été scolarisé « jusqu’au CE2 ». Seulement, alors que son fils était en CP, la direction de l’école a changé. La nouvelle directrice, « inexpérimentée, devait faire appel à d’autres professeurs pour canaliser les quelques trublions de sa classe ».

Pourtant, l’école publique, Rachida y a fait toute sa scolarité. Pour elle, ce fut une chance de « pouvoir côtoyer toutes les cultures », et elle n’avait jamais envisagé de devoir un jour « se tourner vers des établissement privés pour ses enfants ». C’est en CM1 qu’elle a inscrit son fils dans une école catholique. Et, selon elle, « le changement fut radical », avec, par exemple, un accompagnement des élèves en difficulté, un large choix à la cantine, etc.

Deux ans après, Rachida inscrit son fils dans un collège musulman et sa fille dans une école musulmane. Alors, certes, persistaient « quelques soucis au niveau de l’organisation », mais ses enfants étaient « en phase avec leur identité, leur religion et la culture de leurs parents ». De plus, la jeune maman a eu le « plaisir de devenir actrice au sein de l’établissement et de pouvoir ainsi créer un lien avec l’équipe pédagogique ».

« L’école publique se dégrade »

Le cas de Fatyha et de son époux, parents franciliens de trois enfants, dont un petit garçon présentant des troubles autistiques, est différent. En choisissant de se tourner vers des institutions privées, ces parents recherchaient avant tout un établissement qui intègre leur enfant « sans que cela soit un fardeau pour l’enseignant(e) », en plus d’une meilleure écoute et d’une plus grande disponibilité de l’équipe pédagogique.

Pour elle, à l’école publique, « le niveau des enseignants se dégrade », tandis que la lassitude en gagne d’autres, sans compter « les classes surchargées » et le « peu de mixité sociale ».

Enseignants moins impliqués, rythme différencié des enfants pas pris en compte, concurrence accrue, programmes et classes surchargés, système scolaire brisant la créativité des enfants, tels sont les principaux griefs que formulent les parents à l’égard de l’école traditionnelle. Et c’est ce qui pousse certains d’entre eux à s’en détourner définitivement, quitte parfois à « tester » plusieurs institutions avant de trouver celle qui leur convient.

CHIFFRES

• La France compte 12 747 800 élèves et apprentis, dont près de 80 % sont scolarisés dans le public.

• Environ 9 000 établissements catholiques accueillent plus de 2 millions d’élèves ; 280 établissements juifs scolarisent 30 000 élèves ; une quarantaine d’établissements musulmans scolarisent 3 000 élèves.

• Environ 20 000 élèves suivent dans une centaine d’établissements les pédagogies alternatives Freinet, Montessori ou Steiner.

• Instruction en famille (IEF) : plus de 18 800 enfants font l’école à domicile. Plus de 13 700 sont inscrits au Centre national d’enseignement à distance (CNED).

(Source : ministère de l’Éducation nationale)





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