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Société

Rentrée : trois nouvelles écoles musulmanes ouvrent leurs portes

Rédigé par Mérième Alaoui | Mercredi 2 Septembre 2015

Environ 3 000 élèves font leur rentrée scolaire 2015-2016 dans un établissement d’enseignement privé musulman. Cette année, trois nouveaux établissements ouvrent leurs portes et deux classes ont décroché un contrat avec l’Éducation nationale.



Cette année 2015, le collège-lycée Ibn Khaldoun (photo), à Marseille, et l’Institut de formation de Saint-Quentin-en-Yvelines sont les deux établissements privés musulmans à être passés sous contrat avec l’État pour leur classe de sixième.
Cette année 2015, le collège-lycée Ibn Khaldoun (photo), à Marseille, et l’Institut de formation de Saint-Quentin-en-Yvelines sont les deux établissements privés musulmans à être passés sous contrat avec l’État pour leur classe de sixième.
Finies les vacances. Comme tous les enfants de l’Hexagone, les écoliers inscrits dans un établissement musulman regagnent les bancs de la classe. « Pour cette rentrée 2015, nous avons environ 3 000 inscrits, pour une quarantaine d’établissements », détaille Makhlouf Mamèche, le président de la Fédération nationale de l'enseignement privé musulman (FNEM).

Cette année, trois établissements ouvrent leurs portes en Île-de-France. L’établissement Excellence, à Corbeil-Essonnes (Essonne), ouvre des classes du CP au CE2 et de la sixième à la quatrième, totalisant environ 144 élèves. Les Hauts-de-Seine rattrapent le retard et voient l’ouverture de deux établissements à Nanterre. L’école Louqman donnera cours à une quarantaine d'écoliers du CP au CE2, dans des locaux associatifs. Dans le même quartier, l'Institut Ibn Badis accueille les enfants dans le bâtiment neuf d’une nouvelle mosquée. « Nous avons 150 élèves scolarisés du CP à la cinquième. L’objectif est d’ouvrir chaque année une nouvelle classe », explique Sabar Kabbouchi, directeur. L’Institut est né de l’initiative de l’association Orientation, solidement implantée dans la ville depuis 20 ans.

Deux nouvelles classes sous contrat avec l'État

« L'autre bonne nouvelle de cette rentrée, ce sont deux nouveaux établissements qui ont signé un contrat avec l’État, c’est-à-dire que la rémunération des professeurs est prise en charge », se réjouit Makhlouf Mamèche. En plus du lycée Averroès de Lille, du groupe scolaire Al-Kindi, à Décines-Charpieu (près de Lyon), et l’école Medersa de Saint-Denis de la Réunion, il y a désormais les classes de sixième de l’Institut de formation de Saint-Quentin-en-Yvelines (IFSQY) et d’Ibn Khaldoun à Marseille.

« Nous sommes passés dans un nouveau monde, celui des écoles privées sous contrat avec l’Éducation nationale, donc reconnues. C’est important. Il faut que chaque nouvelle école ait cet objectif », déclare Younès Yousfi, directeur adjoint du collège-lycée de Marseille. Lancé en 2009 dans le 15e arrondissement des quartiers nord de Marseille, l’établissement Ibn Khaldoun est en effet passé à une étape de reconnaissance importante en obtenant en juin le contrat d'association. Il s'agrandit cette année scolaire 2015-2016 en ouvrant deux classes de première, filières S et STMG.

« Seules les classes de sixième sont concernées par ce contrat. L’octroi est compliqué et surtout très long, il faut attendre cinq ans en moyenne… Autant dire qu’à ce rythme-là nous aurons une prise en charge de toutes les classes dans 20 ans ! », déplore Makhlouf Mamèche.

De plus en plus de familles intéressées

Les écoles musulmanes sont toujours aussi débordées de demandes. « À Marseille, nous sommes obligés de refuser trois dossiers sur quatre », précise Younès Yousfi. A Nanterre, l’Institut Ibn Badis a priorisé les enfants de la ville qui représentent deux tiers des inscrits. « Mais les autres élèves viennent des quatre coins d’Île-de-France », observe Sabbar Kabbouchi.

Entre 15 et 20 nouveaux projets de groupes scolaires sont en cours. « Nous demandons aux associations intéressées de monter de bons projets, quitte à prendre le temps qu’il faut », prévient Makhlouf Mamèche. « Souvent, on constate que les projets sont bloqués simplement à cause d’une mauvaise communication. Les relations avec les rectorats et les municipalités doivent être travaillées autant que le projet pédagogique. »

De nombreux blocages sont encore à déplorer cette année, souvent du fait de certains maires qui refusent l’ouverture pour des raisons techniques, mais des raisons qui demeurent plus ou moins floues pour les porteurs de projet. « Pour leur donner le plus de chances, la FNEM envisage d’organiser un séminaire de formation destiné aux futurs responsables d’établissement d'enseignement privé musulman », annonce son président. La date n’est pas encore définie, mais la conférence devrait se tenir dans les prochains mois.





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