Connectez-vous S'inscrire






Société

L’enseignement privé musulman s’institutionnalise

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 1 Juin 2015



Les premières Assises de la Fédération nationale de l'enseignement privée musulman (FNEM) ont été organisées le 23 mai en région parisienne.
Les premières Assises de la Fédération nationale de l'enseignement privée musulman (FNEM) ont été organisées le 23 mai en région parisienne.
Les premières assises de la Fédération nationale de l’enseignement privé musulman (FNEM), se sont tenues samedi 23 mai à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis. En maître de cérémonie, on retrouvait son président Makhlouf Mamèche, qui cumule les fonctions de directeur adjoint du lycée Averroès de Lille et de vice-président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF).

L’occasion pour lui de faire un premier bilan d’activités de la jeune structure, fondée en mars 2014, mais aussi de « délivrer un message politique sur son engagement dans le paysage éducatif français au travers et à la suite des moments terribles que la France a connus en janvier, et construire devant vous et avec vous l’avenir de l’enseignement privé musulman de France ».

Une reconnaissance post-Charlie

Le « premier signe de notre reconnaissance officielle » est venu en novembre 2014 lorsqu’une délégation de la FNEM a été accueillie au ministère de l’Education nationale. Un premier contact qui « nous permit de comprendre que la structuration de l’enseignement musulman était espérée, attendue et encouragée » par les autorités. Ces dernières ont acté une reconnaissance officielle le 20 janvier après la participation de la FNEM « à la réunion qu’organisa la ministre (Najat Vallaud-Belkacem) après les terribles et horribles attentats de janvier 2015 avec l’ensemble des fédérations représentatives de l’enseignement privé sous contrat, pour nous appeler à participer à ce grand élan national de lutte contre les extrémismes religieux qui nuisent à la cohésion nationale », indique M. Mamèche.

Au total, ce sont près de 40 établissements scolaires musulmans qui sont ouverts en France, pour la plupart hors contrat. Seuls quatre sont sous contrat avec l’Etat : La Medersa à Saint-Denis de La Réunion, Averroès de Lille, Al-Kindi près de Lyon, et dernièrement Ibn Khaldoun à Marseille. « S’ajoute une cinquantaine de projets d’ouverture d’écoles, de collèges ou de lycées dans les années qui viennent. C’est dire le développement rapide de l’enseignement privé musulman en France, répondant à une forte attente de la communauté », constate Makhlouf Mamèche.

L'accompagnement vers la réussite

Aux Assises, ce sont une trentaine de représentants d’écoles musulmanes et de porteurs de projet – dont « la totalité a manifesté leur adhésion à la FNEM », nous assure-t-on – qui ont fait le déplacement à cette journée d’échanges organisée avec les représentants des enseignements catholique et protestant (juif étant excusé), le directeur général de l'enseignement scolaire Bernard Toulemonde et l’intellectuel Ghaleb Bencheikh.

« Ce sera la force et la réussite de l’enseignement musulman que de concilier les valeurs de la République et les valeurs de l’islam », a fait valoir le président de la FNEM, qui se pose volontiers en médiateur pour les porteurs de projets en difficulté afin de défendre leurs dossiers auprès des collectivités territoriales.

Les futurs chefs d'établissement espèrent trouver à travers la FNEM le soutien nécessaire pour les conduire vers l’ouverture puis vers l’association avec l’Etat, possible après cinq ans d’activités durant lesquels l’enseignement du programme de l’Education nationale doit avoir été respecté. Un contrat synonyme de soutien financier pour les établissements : une fois obtenu, celui-ci leur permet en effet de mieux supporter les coûts des salaires des enseignants et d'une partie de leur fonctionnement, des charges très lourdes à porter qui s'élèvent chaque année entre des dizaines et des centaines de milliers d'euros selon la taille des écoles.

« Les musulmans sont partie intégrante de la société », et les écoles musulmanes « demandent non pas un traitement favorable mais d’être considérés comme les autres établissements privés confessionnels », nous indique Makhlouf Mamèche. La rentrée 2015 devrait voir de nouveaux établissements musulmans naître sur le sol français.






Dans la même rubrique :
< >

Loading










Nos services web

Recevez le meilleur de l'actu