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Economie

Des entrepreneurs sociaux de toutes religions réunis par la Fondation de Rothschild

Rédigé par Pauline Compan | Vendredi 6 Janvier 2012

Connecter les acteurs de l'entrepreneuriat social. Le programme Ariane de Rothschild Fellowship, de la Fondation Edmond de Rothschild, réunit, depuis 2009, des entrepreneurs sociaux sur un programme de formation économique et de découverte interculturelle. Américains, Français, Belges ou Britanniques, ils sont juifs, musulmans ou chrétiens. Ils se retrouvent pour apprendre à se connaître et établir, par la suite, des partenariats entre leurs structures.



Matthew Fieldman et Asher Hasan, deux entrepreneurs sociaux vivant aux Etats-Unis.
Matthew Fieldman et Asher Hasan, deux entrepreneurs sociaux vivant aux Etats-Unis.
Vingt-trois entrepreneurs de quatre nationalités différentes ont été retenus pour participer à cette édition du programme Ariane de Rothschild Fellowship.

Après une formation de quinze jours, au sein de l'Université de Cambridge, en juillet dernier, il sont à Paris du mercredi 4 janvier au vendredi 6. La dernière session de formation pour ce groupe d'entrepreneurs sociaux. Un programme qui plaide pour un dialogue interculturel actif en confrontant les participants à ses avantages directs. Du business social pour partager ensemble les valeurs communes.

Des partenariats porteurs

Matthew Fieldman est juif et américain. Directeur de développement au sein de l'organisation humanitaire MedWish International, il œuvre pour envoyer du matériel médical dans les pays en demande. « On voulait développer notre action en faveur des pays musulmans de l'Asie », explique Matthew. Mais il manquait de contacts. Asher Hasan est le fondateur de l'entreprise sociale Naya Jeevan, qui œuvre pour un accès universel à la santé. Ce musulman britannique connaît bien le Pakistan où il a vécu. « Les Pakistanais ont une mauvaise image de l'Amérique à cause de ses relations avec Israël, une image négative qui existe aussi dans l'autre sens », analyse-t-il.

Lors de la première session des Fellows à Cambridge, cet été, ils ont décidé de joindre leurs forces et leurs moyens. Quinze tonnes de matériel médical ont été envoyées à un hôpital de Karachi. « Les bénéficiaires savent qu'une organisation de personnes de confession juive a coordonné cette action. Cela participe à la déconstruction des stéréotypes », continue Asher.

Et les deux hommes ne se sont pas seulement ouvert de nouveaux horizons professionnels. « On a appris les uns des autres dans le programme, on a pris conscience de nos points communs », s'enthousiasme Matthew Fieldman. Il a d'ailleurs visité deux mosquées lors des sessions des Fellows, dont la Grande Mosquée de Paris. Vendredi, il partagera avec ses collègues le jour du Shabbat.
C'est aussi cette découverte mutuelle que le programme Ariane de Rothschild entend encourager.

Carole Da Silva, fondatrice de l'AFIP.
Carole Da Silva, fondatrice de l'AFIP.

Une ouverture sur le monde

Une des trois Français de ces Fellows est Carole Da Silva, la fondatrice de l'Association pour favoriser l’insertion professionnelle (AFIP), qui milite pour l'accès à l'emploi des cadres issus des minorités visibles. Grâce au programme, elle a pu rencontrer des personnes britanniques et américaines qui ont une culture différente sur ces questions.

« La formation me permet aussi d'être plus performante, car j'ai appris à mieux mobiliser les potentiels », assure Carole. Elle permet aussi de créer des ponts. Ainsi, au mois de mars prochain, l'AFIP organisera des Rencontres franco-britanniques sur l'emploi des minorités visibles. Le colloque sera enrichi des interventions de personnes qualifiées outre-Manche, une possibilité offerte par les contacts des Fellows.






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