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Société

Centenaire 1914-1918 : Kader Arif met à l'honneur les soldats issus des colonies

Rédigé par Christelle Gence | Vendredi 21 Novembre 2014

Dans la foulée des célébrations du 11-Novembre, une soirée était organisée, jeudi 13 novembre, à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration autour de l’exposition photographique « Memoria » et de la série télévisée « Frères d’armes », en présence de Kader Arif, le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et à la Mémoire. Fil rouge de la soirée : l’hommage rendu aux soldats venus des quatre coins du monde pour libérer la France pendant les guerres mondiales.



L'historien Pascal Blanchard, le réalisateur Rachid Bouchareb, le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants Kader Arif et le président de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration et historien Benjamin Stora, jeudi 13 novembre 2014.
L'historien Pascal Blanchard, le réalisateur Rachid Bouchareb, le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants Kader Arif et le président de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration et historien Benjamin Stora, jeudi 13 novembre 2014.
Dans la foulée des célébrations du 11-Novembre, une soirée a été organisée à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) autour des soldats issus des ex-colonies françaises. Ces combattants aux ordres de la métropole, que l'on nomme aujourd'hui plus pudiquement les « soldats de la diversité » - expression qui occulte aussi la dimension coloniale de l'engagement d'une partie des contingents -, ont reçu l'hommage de Kader Arif, le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et à la Mémoire.*

Après avoir visité l’exposition « Memoria » et visionné des épisodes de Frères d’armes, Kader Arif a rendu hommage dans un discours aux « combattants venus de loin venus défendre et libérer la France », quand les valeurs les plus fondamentales étaient menacées. Des soldats issus alors des colonies, et aussi des engagés volontaires d’Amérique, d’Espagne ou de l’Inde. « Une mémoire trop longtemps oubliée », souligne Kader Arif, qui assure que le président de la République souhaite qu’« aucune mémoire » ne soit mise à l’écart des hommages rendus par la nation.

Leur rendre hommage, et ce « quelles que soient leur origine, leur confession, leur couleur de peau, leur origine sociale », « pour mieux célébrer la France d’aujourd’hui », explique Kader Arif. Car « revisiter sa propre histoire et sa mémoire, c’est donner un sens au présent, et c’est savoir quel avenir nous voulons » ajoute-t-il.

Centenaire 1914-1918 : Kader Arif met à l'honneur les soldats issus des colonies

Revisiter l’Histoire, pour célébrer la France d’aujourd’hui

L’Histoire de France est « faite de trajectoires et d’origines diverses » dont « la France d’aujourd’hui » découle directement, rappelle le secrétaire d’Etat. « Cette France d’aujourd’hui, nous la devons à des millions de femmes et d’hommes qui, poussés par un destin exceptionnel, pris dans la tourmente d’une guerre sans scrupules, animés d’une soif de liberté et de justice, ont quitté leur terre, pour adopter la nôtre », note Kader Arif.

Le secrétaire d’Etat a salué le modèle français, ce modèle qui « a des atouts forts, des faiblesses, mais qui permet néanmoins à l’intégration de se faire ». Il permet aux populations issues de la diversité de lire leur « destin dans l’Histoire commune des Français tout en conservant à l’égard de (leur) pays d’origine (…) un attachement particulier ».

Aux jeunes générations qui « s’interrogent aujourd’hui », dans un contexte où l’« idée de nation (…) fait parfois débat », Kader Arif rappelle que « leur présence offre à notre pays une occasion de se nourrir, de s’enrichir, et de construire une nation fondée sur la tolérance, sur le respect de l’autre ».

Centenaire 1914-1918 : Kader Arif met à l'honneur les soldats issus des colonies

Valoriser les itinéraires des soldats issus de la diversité

Le secrétaire d’Etat a aussi remercié les « énergies qui se sont réunies ces derniers mois » pour commémorer les soldats venus du monde combattre aux côtés de la France. En particulier les créateurs des deux projets à l’honneur pendant la soirée, l’exposition « Memoria » et la série « Frères d’armes », qui ont l’ambition de « valoriser ces itinéraires » d’hommes et de femmes sans visages. Kader Arif les a aussi félicités d’avoir construit « un récit qui se lit au présent ».

Cette série télévisée, réalisée par Rachid Bouchareb et Pascal Blanchard, avec le soutien de Kader Arif, « met à l’honneur (…) 50 histoires singulières, des femmes et des hommes d’exception, dont les itinéraires promis à d’autres destins les ont conduits en France », a souligné le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants. Diffusée sur France Télévisions depuis le mois de mai, la série est née pour parler de « ceux qu’on ne voit jamais dans notre Histoire », rappelle Pascal Blanchard. Surtout, elle doit servir à mettre des noms et des visages sur ces destins exceptionnels, et permettre aux jeunes (et aux moins jeunes) issus de la diversité de « s’identifier à cette Histoire » de France, poursuit l’historien, qui a notamment codirigé l'ouvrage La France arabo-orientale.

« Fruit d’un long travail artistique et de recherches », souligne Kader Arif, l’exposition « Memoria », de Roberto Battistini, présentée jusqu'au 30 novembre à la CNHI dans le cadre du Mois de la photo, s’attache à retrouver la trace de ceux qui ont mis fin à l’occupation de la Corse en octobre 1943, le premier département de la France métropolitaine libéré. Le photographe est allé à leur rencontre, résistants corses et goumiers marocains, et leur a tiré le portrait, qu’il a associé à des clichés de paysages où se sont déroulés des événements de la guerre (plage de débarquement, cache de résistants, cellules de prison, lieux de combats, de fusillades…). Présent lui aussi à la soirée, Roberto Battistini, a fait part de sa « volonté d’œuvrer en tant que passeur de mémoire », rappelant à juste titre que « les morts ne sont morts que si les vivants les ont oubliés ».

*Mise à jour : La rédaction puis la parution de cet article est intervenue quelques heures avant que Kader Arif ne présente sa démission de son poste, acceptée par le ministre de la Défense, après l'ouverture d'une enquête dans le cadre d'une affaire de soupçons de favoritisme pour l'attribution de marchés publics.






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