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Société

« Casse toi, pauvre con ! » : sanctionné pour avoir manifesté sa solidarité aux Egyptiens

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 17 Février 2011

La solidarité peut parfois coûter très cher. C'est visiblement le cas pour un professeur de français du Caire, sanctionné par sa hiérarchie pour avoir utilisé le désormais célèbre « Casse-toi, pauvre con ! », de Nicolas Sarkozy.



« Casse toi, pauvre con ! » : sanctionné pour avoir manifesté sa solidarité aux Egyptiens
Le « Casse-toi, pauvre con », lancé par Nicolas Sarkozy à un badaud rencontré en février 2008 au salon de l’Agriculture, en a inspiré plus d’un. C’est le cas pour un professeur de français travaillant au lycée français du Caire. Le fonctionnaire a décidé, début février, comme des centaines de milliers d’Egyptiens, de protester sur la place Tahrir contre Hosni Moubarak.

Jusque-là, rien d’extraordinaire à signaler… à un détail près : il tenait une pancarte sur lequel était inscrit « Casse-toi, pauvre con » à l’encontre du dirigeant égyptien.

Cette histoire aurait pu passer inaperçue. Sauf que le ministère des Affaires étrangères a pris la décision de sanctionner le professeur, en le rapatriant en France après avoir visionné un reportage de BFM TV, dans lequel le professeur expliquait sa démarche. Pire encore : il a reçu l’interdiction d’exercer son métier à l’étranger et ne pourra rentrer en Égypte que lorsqu’il sera parti en retraite en été prochain. Or c’est dans ce pays qu’il a élu résidence avec sa femme égyptienne et ses deux enfants.

L’affaire, révélée ce jeudi 17 février, a très vite pris de l’ampleur et met une nouvelle fois la ministre Michèle Alliot-Marie dans de beaux draps.

La sanction est jugée excessive mais, selon le Quai d’Orsay, le fonctionnaire doit être « soumis au devoir de réserve », devoir qui l’empêche d’exprimer ses opinions politiques dans la sphère publique. De plus, son attitude aurait donné une mauvaise image de la France, précise-t-on.

Un temps menacé de rétrogradation, il a finalement écopé d'un blâme. La chute de Moubarak devrait permettre au professeur de rentrer plus vite que prévu, à savoir après les vacances de février selon plusieurs sources. L'homme n'a, jusqu'à ce jour, pas souhaité s'exprimer dans les médias. « Selon des sources sur place, le ministère des Affaires étrangères lui aurait demandé de se taire contre la promesse d’une sanction moins lourde et un retour en Egypte plus rapide », explique le site de Télérama.

On attend toujours un blâme − a minima − pour MAM, sa supérieure, partie en vacances en Tunisie pendant que le pays se soulevait tout entier contre la dictature de Ben Ali.
Si tout le monde est censé être soumis aux mêmes lois, elle semble bien bénéficier d’une faveur présidentielle alors même qu’elle a donné une bien piètre image de la France. Qu’attend Nicolas Sarkozy − seul habilité, semble-t-il, à prononcer l'interjection « Casse-toi, pauvre con » − pour sanctionner sa ministre, toujours nimbée d'une odeur de sainteté ?







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