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Société

Au Havre, Médine met la boxe féminine à l’honneur

Rédigé par Mérième Alaoui | Mercredi 11 Mars 2015

Et si on organisait un gala de boxe féminine pour marquer la Journée internationale des droits de la femme ? C’est la démarche à laquelle le rappeur Médine s'est souscrit avec son association Don’t Panik Team au Havre. Saphirnews a fait un tour dans les terres normandes pour couvrir cet événement sportif méconnu, parrainé par la Fédération française de boxe. Amina Zidani, une jeune boxeuse prometteuse, était de la partie.



Le Ladies Boxing Tour a été organisé cette année au Havre par l'association de boxe Don't Panik, gérée par la famille du rappeur Médine (au centre), entouré ici de son père (à dr.), de son frère Nahim (à g.). A leurs côtés, la jeune boxeuse prometteuse Amina Zidani.
Le Ladies Boxing Tour a été organisé cette année au Havre par l'association de boxe Don't Panik, gérée par la famille du rappeur Médine (au centre), entouré ici de son père (à dr.), de son frère Nahim (à g.). A leurs côtés, la jeune boxeuse prometteuse Amina Zidani.
« Pour respecter nos sœurs, on n'attendra pas le 8 mars », signe Médine dans son célèbre morceau « Don’t Panik ». Le rappeur havrais a en effet préféré la veille, le 7 mars, pour mettre en valeur des boxeuses amateures. Ce samedi-là, il fait un temps splendide. Joggeurs et cyclistes se sont donné rendez-vous le long de la plage normande. Pendant ce temps-là, les jeunes boxeuses du Ladies Boxing Tour (LBT) se préparent à s’affronter.

Le LBT, qui existe depuis 2013, est un tournoi itinérant labeellisé par la Fédération française de boxe pour permettre aux femmes, encore peu nombreuses, de faire de la compétition.

« Je suis quasi né sur un ring ! J’ai grandi avec la boxe et je sais à quel point elle peut apporter. C’est l’école de la vie. Quoi de mieux que des boxeuses pour fêter l’émancipation de la femme ? », nous déclare Médine qui a lancé, avec son frère Nahim et son père, l’association [Don’t Panik Team,urlblank:http://www.dontpanikteam.com/ qui a pour vocation de promouvoir l’égalité et l’insertion, notamment à travers la boxe.

Dans la salle du Magic Mirrors, réplique identique du Cabaret sauvage à Paris, l’ambiance donne le ton. Lumière tamisée, spots concentrés sur le ring central, miroirs, velours et bois… Le speaker présente une à une les 24 boxeuses venues de Normandie, de Bretagne, de Picardie, de Champagne, d’Île-de-France et même de Belgique.

Au Havre, Médine met la boxe féminine à l’honneur

Amina Zidani remet son titre en jeu

Dans une ambiance familiale et bon enfant, les plus jeunes commencent à s’affronter durant quelques minutes, parfois pour la toute première fois. Puis, tout au long de la soirée, des boxeuses confirmées tentent d’ajouter une nouvelle victoire à leur palmarès. Pour ne pas oublier que la soirée est avant tout une fête, les combats ont été entrecoupés par la prestation de Melha Bedia. L’humoriste a exceptionnellement mis de côté son sketch « Fat and Furious » dans lequel elle s’amuse des pires clichés sur ses congénères, pour prendre le temps de « chambrer » quelques hommes du public…

Une fois les 11 combats terminés, l’ambiance change. Le dernier face-à-face est très attendu. Le speaker lance son nom. La championne havraise apparaît : « Amina Zidani ! » Tonnerre d’applaudissements pour cette brunette aux cheveux tressés, gagnante du dernier Ladies Boxing Tour. Elle remet ce soir son titre en jeu.

Très vite, son sourire fière laisse place à un regard de guerrière. A 21 ans, la jeune femme est le pur produit du club de boxe des Zaouiche. Voilà trois ans qu’elle a osé passer les portes du club de la famille de Médine, qui, depuis, la coache au quotidien.

« L'image des boxeuses dans les quartiers a bien changé »

« Je m’entraîne tous les soirs ! Depuis que j’ai goûté à la boxe, je ne peux plus m’en passer », nous explique la jeune étudiante. Face à une adversaire aguerrie venue d’Asnières (Hauts-de-Seine), Amina gagne un combat à 40 points contre 37. La salle est en ébullition, et le prénom « Amina » résonne.

Car la jeune boxeuse, déjà championne de Normandie, a également réussi à se qualifier aux quarts de finale du championnat de France de boxe féminine en février. Elle a donc son propre public havrais. « Je dois avouer que c’est la première fois que je me rends compte que le public me suit vraiment. Avant ce soir, je pensais que seuls ma famille et mes amis s’intéressaient à mon parcours sportif… », se réjouit-elle, émue.

Pour la boxeuse, « l’image négative qu’on portait sur les filles qui boxent dans les quartiers populaires a bien changé ». Le regard des autres, et particulièrement des hommes, est un élément important à analyser pour la Don’t Panik Team. « Au départ, personne ne croyait en Amina, même pas sa famille. Elle était pratiquement la seule fille à s’entraîner sérieusement. D’ailleurs, lors des combats du club, elle affronte systématiquement des garçons, et ça ne pose aucun problème ! », précise Nahim.

La boxe, « l’école de la vie »

« Face aux garçons, on compense le manque de puissance par plus d’agressivité et peut-être plus de vice aussi comme seules les filles savent le faire ! Personnellement j’arrive à bien m’en sortir ! », rit-elle. Car Amina est très motivée, tout autant que passionnée par la boxe depuis qu’elle a découvert le parcours de Laila Ali, la fille de Mohamed Ali. « Ça a été un déclic, je me suis dit que c’était ce que je voulais faire ! ». Le club mise beaucoup sur celle qui a « un tel charisme, une telle présence sur le ring et une force de caractère incroyable ! Et ce, à juste 21 ans. Je suis sûr qu’elle peut aller très loin ! », s’enthousiasme son coach.

Amina Zahid aux côtés de son coach Nahim Zaouiche.
Amina Zahid aux côtés de son coach Nahim Zaouiche.
Comme ses entraîneurs aiment à le lui répéter, la boxe est « l’école de la vie. Seul face à ton adversaire, tu prends des coups et tu dois te défendre seul… Comme dans la vie il faut se battre et serrer les poings. Cela prend une signification toute particulière pour les filles », ajoute Médine. « C’est vrai... Parfois on n’en peut plus, on atteint les limites de l’épuisement, voire du vomissement ! Mais on doit continuer et ne rien lâcher », renchérit la jeune femme.

Arrive la fin du combat. Quand Amina lève les bras de la victoire, tous viennent la féliciter. Elle se retrouve même portée par ses supporters. Pour Médine, la boxe est un bon moyen de passer des messages d’égalité et de respect. « Ces filles prennent le risque d’être humiliée, de prendre des coups, de se faire mal et, pourtant, elles vont jusqu’au bout. Elles se surpassent. Car, croyez-moi, qu’il en faut de l’audace pour affronter quelqu’un sur un ring ! Et les garçons le savent. Cela force le respect. »

La boxe féminine, un sport d'avenir

Pour ce premier gala, les membres de la Don’t Panik Team sont satisfaits. « Même si j’aurais aimé qu’il y ait plus de monde… C’est la preuve que les compétitions féminines ont encore du mal à faire déplacer les gens, en particulier au Havre. Il faut que cela change et on va y remédier. Je suis très confiant sur l’avenir », avoue Médine en souriant.

Après le gala, place à la musique où le rappeur, comme à son habitude, fait chanter le public. Une prestation musicale de qualité d’autant plus qu’un très jeune artiste s’est invité in extremis sur scène. Massoud, le fils de Médine, qui a bravé sa timidité pour accompagner son père, exactement dans tous ses faits et gestes… Le rap et la boxe, décidément une véritable histoire de famille.






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