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Arts & Scènes

Médine : le retour sur scène d'un rappeur contestataire

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Mercredi 11 Septembre 2013

Le quatrième album de Médine est sorti dans les bacs en juin dernier. Avec cet opus intitulé « Protest Song », l’artiste, qui revendique son identité musulmane, se sert une nouvelle fois du rap comme porte-voix de son militantisme.



Médine : le retour sur scène d'un rappeur contestataire
Avec l’album Protest Song sorti le 24 juin, Médine se sert du rap comme d’outil de contestation. Ce quatrième album est l’occasion pour l’artiste de délivrer des messages qui lui tiennent à cœur comme la lutte contre l’islamophobie.

Ce n’est pas nouveau car, à 30 ans, Médine s’est imposé comme une figure du rap engagé de la scène française.

Un album à l’esprit collégial

Médine considère son nouvel opus comme « musicalement plus abouti ». Mais, comme toujours, l’engagement de ses textes est criant, 13 ans après la sortie de son premier album « 11 septembre ». Le rappeur à la voix grave répète d’ailleurs « J’fais du bruit qui pense » dans le titre « Le bruit qui pense ». L’homme, qui a sorti le livre Don’t Panik avec Pascal Boniface en 2012, nous explique mettre sa musique au « service » de ses « engagements ». Contestation contre le racisme, contre le système financier, évocation du conflit israélo-palestinien, Médine scrute les maux de notre planète.

Il est bien entouré pour les dénoncer car il a choisi pour son quatrième album de multiplier les duos. Il y en a 6 sur les 13 titres que compose l’album Protest Song. Les rappeurs Youssoupha, Orelsan et la chanteuse Kayna Samet sont de la partie. Ces collaborations sont une vraie bouffée d’oxygène pour Médine. « C’est au contact des autres que je m’enrichis », nous confie le rappeur, qui dit avoir développé « récemment » l’esprit de collégialité. Si ces collaborations étaient moins nombreuses par le passé, l’artiste est, en revanche, toujours resté attaché à de « vieilles valeurs » comme la « camaraderie ». Il nous dit ainsi être soudé avec ses amis connus en « maternelle ». « Si l’amour rend aveugle, j’crois que l’amitié, ça crève les yeux », entonne-t-il sur la chanson « Biopic ».

« Le communautarisme partout est un cancer »

Sur ce dernier titre, le père de famille se livre et nous fait part des doutes qui l’envahissent parfois. Derrière la voix grave se cache la sensibilité d’un homme. Un homme qui n’hésite pas à revendiquer son identité musulmane comme lorsqu’il se rend à la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) pour s’ « abreuver ».

« Cela me concerne profondément ces agressions », dit-il au sujet des agressions de deux femmes voilées à Argenteuil, en juin dernier. Pour lutter contre le climat islamophobe de plus en plus pesant, l’artiste a choisi d’adopter la « stratégie » de la « transgression ». « C’est d'arriver par une porte où l’on ne m’attend pas », explique-t-il. Son titre « Blokkk Identitaire » , en duo avec Youssoupha en est un exemple. L’échange de propos racistes entre un Noir et un Arabe est brut pour montrer que « le racisme entre les différentes communautés tue aussi » et que le « communautarisme partout est un cancer ».

Ode à l’Afrique

Protest Song est un album de protestation mais l’amour et l’esprit festif sont également au rendez-vous de l’opus. « Il y a le mot "love" dans "révolutionne" Avec un canon à onde, j'fais la rélovution ! », lance Médine sur le titre « Besoin d’évolution ». Dans « D’Arobaz à zéro », le rappeur, fils d’immigrés algériens, célèbre la culture arabe qui a influencé la langue française. Il en profite pour faire un clin d’œil au lycée musulman Averroès, classé meilleur lycée français 2012.

Avec « Home » en duo avec le chanteur Nassi, il fait une déclaration d’amour au continent africain. Le clip a été réalisé au Sénégal, où Médine est parrain d’une école.

Médine se produira sur la scène de l’Olympia, à Paris, le 13 septembre, où il pourra défendre ses textes emplis de poésie.





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