Le moment était en tout cas bien choisi pour le Premier ministre. A une semaine de l’examen du projet de loi visant à bannir le voile intégral dans les espaces publics, le 6 juillet, M. Fillon a plus que jamais réaffirmé, tout en délicatesse, sa détermination de voir disparaître « cette pratique minoritaire » du territoire français.
« Cette pratique minoritaire, qui bafoue les règles fondamentales du vivre-ensemble et qui heurte nos concitoyens, correspond à un comportement radical qui ne reflète pas la réalité de l’islam », a-t-il martelé.
« En renvoyant une image sombre et sectaire, les personnes qui dissimulent leur visage, au prétexte de leur foi, sont consciemment ou non les opposantes à l’islam de France que vous avez contribué à construire. L’islam de France, l’islam que vous vivez au quotidien n’a rien à voir avec cette caricature qui abaisse les lumières de votre foi. (…) Et c’est pour cela que vous devez vous dresser au premier rang contre ce détournement du message religieux. C’est à vous, les premiers, de faire gagner l’intelligence contre l’obscurantisme », déclare-t-il devant un auditoire qui lui était plutôt hostile.
Même si le constat est partagé avec le Premier ministre, M. Moussaoui a réaffirmé son opposition à une loi contre le voile intégral, privilégiant le dialogue plutôt que la force. « Des pratiques et comportements marginaux, comme le port du voile intégral, ne doivent pas conduire à la stigmatisation de la pratique musulmane dans son ensemble. Les musulmans de France comme les pouvoirs publics doivent agir ensemble pour faire reculer ces pratiques et permettre à l’islam de modération et du juste milieu (…) de s’exprimer davantage », affirme-t-il.
Quant à Abdelkader Achebouche, président de l'association Al-Ihsan, il dit ne pas vouloir se prononcer en son nom propre à Saphirnews. « Je ne souhaite pas rentrer dans les polémiques. J'adhère à la Grande Mosquée de Paris, donc j'adhère au discours de son recteur », nous déclare-t-il. Pour rappel, M. Boubakeur s'était prononcé, en avril dernier, pour une loi d'interdiction du niqab tout en demandant « un délai raisonnable de pédagogie » avant son application effective.