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Politique

Le débat sur l'identité nationale sort par la petite porte

Rédigé par Leïla Belghiti | Mardi 9 Février 2010

Le séminaire des ministres s'est clôturé hier par l'adoption de mesures timides contrastant avec la teneur folklorique du débat sur l'identité nationale, lancé il y a six mois déjà, par le désormais controversé ministre Eric Besson. Une fin magistrale pour certains, une « étape » pour Besson et ses consorts. Saphirnews vous propose en exclusivité un tour d'horizon des réactions de l'intelligensia musulmane et de politiques chauffés à blanc.



Le débat sur l'identité nationale, voulu par Nicolas Sarkozy, lancé et animé par Eric Besson, défendu par François Fillon : un leurre en vue des régionales.
Le débat sur l'identité nationale, voulu par Nicolas Sarkozy, lancé et animé par Eric Besson, défendu par François Fillon : un leurre en vue des régionales.
Du débat sur l'identité nationale, le peuple français retiendra surtout les six mois de cacophonie, les 350 réunions en préfectures, les petites guerres entre partis et autres merveilles du monde électoral, régionales obligent. Les musulmans, eux, auront − en plus − retenu les « dérapages » des hommes politiques, et leur stigmatisation continue et fébrile des mois durant.

Fini ou pas fini ?

Lundi 8 février, François Fillon a réuni ses ministres pour faire le point et, surtout, tenter de sauver la face d'Eric Besson, empêtré dans un débat qui ne veut plus de lui. Mais il y tient : « Ce séminaire est un point d'étape », a souligné le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, soutenu par Matignon.

Les premières conclusions sont, en effet, réjouissantes et grandioses (sic). Parmi les propositions retenues figurent le renforcement du contrat d'accueil et d'intégration, l'apposition du drapeau tricolore « sur chaque école » et « la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui constitue notre référence républicaine, (qui) devra être présente dans chaque classe », a déclaré François Fillon. Les jeunes auront leur « carnet de citoyen » et l'éducation civique à l'école sera reboostée dans les programmes scolaires 2011.

Pour la mise en application de ces mesures, une deuxième commission, composée cette fois de chercheurs, d'intellectuels et de parlementaires, sera créée pour tenir la main au ministre de l'Immigration.

Après les élections régionales (sic), les Français de confession musulmane pourraient, à priori, de nouveau respirer.

Mais les avis sont partagés. Si pour certains le débat focalisé sur l'islam − identité nationale et burqa − s'essoufle, pour d'autres non : il se poursuivra et reprendra de plus belle lorsque l'occasion lui en sera donnée.

Burqa et identité nationale : ils donnent leurs avis



Écouter les interviews complètes ci-dessous.

benmansour.mp3 Abdallah Ben Mansour, directeur général du Forum international de dialogue et d'entente entre les civilisations (FIDEC) : « La question de l'identité nationale n'est pas à poser, c'est comme si la France doutait de son identité ; on est la risée de  (808.69 Ko)


amarlasfar.mp3 Amar Lasfar, président du CRCM Nord-Pas-de-Calais : « Le débat est légitime, les musulmans doivent y participer, mais il a pris une mauvaise tournure qui va à l'encontre des principes républicains. »  (697.37 Ko)

faridabdelkrim.mp3 Farid Abdelkrim, écrivain et réalisateur, fondateur de JMF (Jeunes Musulmans de France) : « Il s'agit d'une belle mascarade, l'identité nationale comme le débat sur la burqa sont des débats prétextes, des discussions de comptoir. (...) Au lieu de p  (770.73 Ko)

tariqramadan.mp3 Tariq Ramadan, intellectuel et islamologue : « On était mal partis, on a mal fini, maintenant il va y avoir une récupération politique pour essayer de passer l'affaire. »  (390.02 Ko)

baghezza.mp3 Abdelaali Baghezza, sociologue et auteur : « On intègre dans l'arsenal juridique la stigmatisation de l'islam. »  (617.57 Ko)

haniramadan.mp3 Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève : « Le peuple suisse suit de près ces débats, mais ne se sent pas concerné. »  (216.25 Ko)

alirahni.mp3 Ali Rahni, militant Verts : « Le débat a tout simplement libéré la parole islamophobe et xénophobe en France. »  (183.59 Ko)

omeromarongiu.mp3 Omero Marongiu, sociologue : « La majorité des Français ne s'inscrivent pas dans ce débat, (....) il y a d'autres problèmes beaucoup plus importants qui rattrapent les gens dans leur quotidien. »  (199.82 Ko)

pierremathiot.mp3 Pierre Mathiot, directeur de Sciences-Po Lille : « Le débat va s'estomper, les médias se sont rendu compte que ce n'était plus rentable. »  (162.16 Ko)






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