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Religions

A peine lancé, du rififi autour du conseil théologique du CFCM

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 11 Mai 2016

L'Union des mosquées de France (UMF) a dénoncé le lancement du conseil théologique du Conseil français du culte musulman (CFCM) sans qu'elle n'ait été préalablement informée et annonce le boycott de la prochaine réunion du Conseil d'administration. Le président du CFCM Anouar Kbibech réagit auprès de Saphirnews.



A peine lancé, du rififi autour du conseil théologique du CFCM
La création du Conseil théologique a été actée dimanche 8 mai par le Conseil français du culte musulman (CFCM). Mais au lendemain de l’annonce de cette décision du bureau, l’Union des Mosquées de France (UMF), par la voix de son président Mohammed Moussaoui, s’est insurgée de la mise en place de la structure, apprise uniquement « via un communiqué de presse ».

Mohammed Moussaoui, qui est aussi président d'honneur du CFCM, dit craindre « que les circonstances qui entourent cette mise en place ne portent les germes de son échec auprès des musulmans de France » car les Conseils régionaux du culte musulman (CRCM) « n’ont été ni informés ni consultés » à propos du Conseil théologique, comme les membres du Conseil d’administration (CA) du CFCM.

« Ce manque de concertation et de transparence à l’égard des instances même du CFCM est de nature à affaiblir davantage la légitimité du CFCM auprès des musulmans de France et de ses interlocuteurs », fait part l’UMF. Afin de marquer son désaccord, Mohammed Moussaoui, avec 12 autres présidents et vice-présidents de CRCM, annonce le boycott de la réunion du CA du CFCM organisée samedi 14 mai, alors que se déroulera le Rassemblement annuel des musulmans de France (RAMF).

Une réaction « inappropriée » pour Anouar Kbibech

« Parler d'une surprise est totalement inapproprié alors que le Conseil théologique est un vieux projet du CFCM », réagit auprès de Saphirnews Anouar Kbibech, qui juge la réaction de Mohammed Moussaoui « précipitée ».

« C’est un projet qu’on voulait concrétiser de longue date. (…) Dans mon discours d’orientation générale (après la passation de pouvoir avec Dalil Boubakeur en juillet 2015, ndlr), j’avais fixé la mise en place d’un conseil théologique - qu’on appelait à l’époque commission théologique - comme une des priorités de la direction collégiale », se défend le président du CFCM. Depuis, il rappelle que le projet a été évoqué publiquement à de multiples reprises, dernièrement lors de l'instance de dialogue avec l’islam en mars dernier et à laquelle « de nombreux responsables des CRCM étaient présents ».

Pour le moment, « la décision du bureau du CFCM a été de former le premier noyau du Conseil avec les fédérations et les grandes mosquées statutaires », y compris l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la Grande Mosquée de Lyon qui ne font pas partie du bureau actuel de l’instance.

L’UMF, de sensibilité marocaine, née d’une scission actée en 2014 avec le Rassemblement des musulmans de France (RMF), ne fait pas partie des membres statutaires. Mais « nous avons clairement indiqué dans le communiqué qu’il y aura des élargissements du conseil théologique à des compétences au-delà même des grandes fédérations », fait part le président du CFCM, qui n’exclut pas la possibilité pour Mohammed Moussaoui de proposer des personnalités compétentes.

La liste des 22 personnalités cooptées par les fédérations, qui n'a pas encore été rendue publique, va être soumise au Conseil d’administration ce samedi et elle devrait être élargie avant la première session du conseil théologique « après l'été et le Hajj, probablement entre octobre et mi-novembre », nous signifie Anouar Kbibech.

Mise à jour jeudi 12 mai : Réagissant aux propos tenus par Anouar Kbibech, Mohammed Moussaoui a fait part du maintien de sa décision quand au boycott de la réunion. « Le président du CFCM considère le fait d’avoir évoqué à certaines occasions son intention de mettre en place ce conseil théologique est synonyme de concertation et de consultation » mais ces déclarations d’intention n'ont été faites uniquement lors d’occasions organisées face à des journalistes, déclarations auxquelles « les administrateurs ont pris connaissance par la presse », indique-t-il, réitérant par la suite ses critiques après l'annonce.

« Ne pas associer les administrateurs au processus de concertation sur les modalités de la mise en place de ce "conseil théologique" et annoncer la clôture de sa première réunion, via encore un communiqué de presse à une semaine de la réunion du Conseil d’administration, est plus qu’une erreur, c’est une faute. » Les débuts du conseil théologiques sont bel et bien houleux.

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