Société

Mosquée de Valence : où en est l'enquête sur l’attaque contre des militaires

Rédigé par | Lundi 4 Janvier 2016 à 08:00



Un rassemblement de soutien a été organisé à la mosquée de Valence (Drôme) par son imam Abdallah Dliouah (tout à dr.) et le CRCM Rhônes-Alpes au lendemain de l'attaque contre des militaires chargés de la protection du lieu de culte, vendredi 1er janvier.
Vive émotion à Valence après l’attaque essuyée par des miliaires de l’opération Sentinelle. Au volant d’une Peugeot 307 rouge, un homme s’est décidé, vendredi 1er janvier, jour de la grande prière hebdomadaire, à foncer sur des militaires, au nombre de quatre, chargés de la protection de la mosquée El-Forqane.

L'attaque s'est déroulée entre 14h30 et 15h dans le parking. Après sommations, les soldats ont blessé par balle l’assaillant au bras et à la jambe dont la voiture a fini sa course dans un fossé, comme en témoigne des images de vidéo amateur plus bas. Un militaire a été légèrement blessé, de même qu’un fidèle de la mosquée, touché à la jambe par une balle perdue. Le retraité a été opéré d’urgence mais ses jours ne sont pas en danger.


Qui est l’assaillant ?

L’identité de l’individu a été dévoilée ce week-end. Il s’agit de Raouf El Ayeb, 29 ans, inconnu des services de renseignement comme des fidèles de la mosquée de Valence. Toujours hospitalisé mais dépendant d’ores et déjà de l'administration pénitentiaire, ce peintre sans emploi originaire de Bron, près de Lyon, a été mis en examen pour « tentative d’homicides sur dépositaires de l’autorité publique ».

Ses motivations demeurent floues mais face au magistrat instructeur, il a affirmé n’avoir voulu « que » renverser les militaires. « Nous avons considéré que, de toute façon, la répétition de la charge (à trois reprises en voiture, ndlr), qui était de nature à pouvoir tuer les militaires, et puis l'expression qui a été la sienne d'une intention illicite, suffisent à caractériser une volonté de meurtres », a expliqué le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, qui a précisé qu’un mandat de dépôt a été requis à l’encontre de l’assaillant.

Si l’enquête amène à conclure que l’acte du conducteur, sans antécédent psychiatrique, était prémédité, ce dernier sera alors inculpé de « tentative d'assassinats ». Mais selon le JDD, « ce serait parce qu'il ne trouvait pas de place pour se garer qu'il aurait vu rouge à la vue des militaires »… Autre point à signaler : alors que le procureur a affirmé devant la presse que le conducteur aurait crié « Allah Akbar » (« Dieu est grand ») en commettant son geste, signe pour lui d'« un lien avec une certaine religiosité », ce point n’est toutefois pas avéré, d'autant que les militaires n’auraient, eux, rien entendu.

La piste terroriste écartée

Lors d’une perquisition au domicile du chauffard, des « images de propagande jihadiste » ont été découvertes sur son ordinateur, « des images qui peuvent être tout à fait trouvées par n’importe qui sur Internet », a indiqué Alex Perrin, sans qu’il ne précise s’il s’agissait d’images dont la source est l’Etat islamique (dit Daesh).

La piste terroriste est à ce stade écartée. L’attaque est en effet décrite comme un acte isolé commis par un homme qui a agi « en solitaire ». Aucune arme ou document suspect le reliant à un groupe terroriste n’a été retrouvé dans son véhicule et « rien ne renvoie sur l’appartenance à un réseau quelconque », a fait savoir le procureur, expliquant ainsi pourquoi Raouf El Ayeb n’a pas été inculpé pour des actes en relation avec une entreprise terroriste. Le parquet antiterroriste de Paris « a estimé qu’il n’y avait pas matière à retenir sa compétence en l’état des vérifications et des perquisitions. »

A la mosquée, l’hommage aux militaires

Au lendemain de l’attaque, un rassemblement a été organisé au sein de la mosquée de Valence par l'imam Abdallah Dliouah et le Conseil régional du culte musulman (CRCM) Rhône-Alpes, avec des représentants de la ville et de la préfecture ainsi que les autorités militaires et religieuses de la commune drômoise. Le président du CFCM Laïd Bendidi, le recteur de la Grande Mosquée de Lyon Kamel Kabtane ou encore le maire (LR) Nicolas Daragon ont fait le déplacement.

En présence de nombreux fidèles, un hommage aux militaires a été rendu pour leur dévouement. « Les responsables et les fidèles de la mosquée de Valence sont profondément choqués par cet acte. Le dispositif et les soldats chargés de la protection de la mosquée sont appréciés des fidèles et nous dénonçons avec la plus grande fermeté cette agression contre ceux dont la mission est d’assurer notre sécurité », avait fait savoir la mosquée quelques heures après l’assaut. « Nous souhaitons réaffirmer que cet acte, malgré sa gravité, n’entamera pas notre détermination à promouvoir le vivre ensemble, comme nous l’avons toujours fait. »

Depuis les attentats de janvier 2015, un millier de mosquées en France sont placés sous la protection des militaires.

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur