Sur le vif

Manuel Valls invité à l’iftar de la Grande Mosquée d’Évry

Rédigé par | Vendredi 25 Juillet 2014 à 20:54



Habitué à partager le repas de rupture de jeûne en tant que ministre de l’Intérieur en charge des cultes, c’est en tant que Premier ministre que Manuel Valls se rend ce vendredi 25 juillet au soir à la Grande Mosquée d’Évry, à l’invitation du recteur Khalil Merroun.

Critiqué pour avoir évoqué « un antisémitisme d’une forme nouvelle » qui se serait exprimé lors de la manifestation de solidarité pour Gaza du samedi 19 juillet, interdite par la préfecture de Paris sous la pression du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et de l’influence de la Ligue de défense juive (LDJ), le Premier ministre n’en est pas moins le bienvenu à la Grande Mosquée d’Évry, malgré une vingtaine d’appels téléphoniques de fidèles qu’aurait reçus le recteur, le sommant de ne pas l’accueillir à la mosquée : « Il est ici chez lui ! », confirme Khalil Merroun. « Il vient chez nous chaque année, bien avant qu’il soit Premier ministre ! Nous nous connaissons très bien. » Il est vrai que l’ex-député-maire d’Évry aujourd’hui Premier ministre a gardé son fauteuil de conseiller municipal pour rester politiquement ancré sur le plan local.

Celui qui fut décoré des insignes de chevalier de la Légion d’honneur en février dernier des mains mêmes de celui qui fut alors ministre de l’Intérieur ne compte cependant pas garder sa langue dans sa poche. Avant le dîner et les discours officiels, « je recevrai le Premier ministre en tête-à-tête et lui dirai que les musulmans ne sont pas antisémites, c’est fondé religieusement et historiquement, depuis Médine jusqu’à Mohammed V ! », nous annonce Khalil Merroun.

Face au soutien de M. Valls à son ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dans son choix d’interdire les manifestations pro-palestiniennes, dont celle qui est prévue pour demain, samedi 26 juillet, M. Merroun entend lui rappeler que « nous manifestons pour que cesse le massacre des innocents, parce que nous avons trop souffert de voir tomber des victimes civiles » et lui dire que « je suis pour la dissolution de la LDJ car je suis citoyen et convaincu que ce mouvement ne doit pas faire tâche d’huile. Si les musulmans avaient en tête de créer à leur tour une LDM, les chrétiens une LDC et les gays, qui sont eux aussi discriminés et attaqués, une LDG, ce serait l’anarchie ! Je ne crois qu’en une seule police : la police de la République ».

Sans oublier d’évoquer les dimensions du Ramadan : la miséricorde, le pardon, l’amour du prochain, qui sont « la base de la foi ». La veille, jeudi 25 juillet, la Grande Mosquée d’Évry a accueilli en son sein une conférence de presse organisée conjointement par Michel Serfaty, rabbin de l'Essonne et président de l’Amitié judéo-musulmane de France (AJMF), Michel Dubost, évêque du diocèse d’Évry et président du Conseil épiscopal pour les relations interreligieuses, et Khalil Merroun. Bien qu'« observateurs impuissants devant les divers conflits du Moyen-Orient », les cosignataires du Pacte de fraternité, qu'ils avaient signé à la mairie d’Évry en 2012, se sont réunis pour dire combien les relations interreligieuses pouvaient aider à « contrer l’antisémitisme, l’islamophobie, la haine du christianisme et les conflits des mémoires ».



Journaliste à Saphirnews.com ; rédactrice en chef de Salamnews En savoir plus sur cet auteur