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Ramadan

Ramadan 2012 : iftar version diplomatique

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Vendredi 3 Août 2012

En plein mois de Ramadan, les organisations musulmanes mais aussi certaines institutions comme les ambassades et les ministères organisent des dîners de rupture de jeûne. Lors de ces iftar organisés dans des cadres prestigieux, l’objectif des premiers est de véhiculer leur leadership quand les seconds cherchent à affirmer leur volonté de créer des liens avec les musulmans.



Le Quai d'Orsay.
Le Quai d'Orsay.
L’Union des associations musulmanes du 93 (UAM 93), en Seine-Saint-Denis, organisait un iftar mercredi 1er août. Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur était convié à l’événement. Finalement, il aura renoncé à la dernière minute à venir à la suite d'un « imprévu dans son agenda ».

La Grande Mosquée de Paris a eu plus de chance. Le ministre en charge des Cultes avait participé à l’iftar qui y était organisé samedi 21 juillet. Il avait été accueilli par Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris (GMP) et par Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Avec l’organisation d’un tel événement, ces institutions musulmanes cherchent à partager les valeurs de l’islam tout en prouvant leur leadership.

Un partage

« L’organisation d’un iftar nous permet de véhiculer un islam de partage, ouvert. Le Ramadan et l’iftar sont les meilleurs moyens pour montrer cela. L’iftar est comme un moyen de communication », explique M’hammed Henniche, le secrétaire générale de l’UAM 93.
L’association de Seine-Saint-Denis, qui organisait son « 7e ou 8e dîner », a déjà reçu les années précédentes des invités politiques de dimension nationale comme Hervé Morin, à l’époque ministre de la Défense, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur du gouvernement Fillon ou encore Laurent Fabius, en 2007.
Des invités politiques de plus en plus nombreux, pressés de montrer leur reconnaissance aux musulmans estimés à 5 millions en France.

En plein mois de Ramadan, ces iftar marquent ce rapprochement gagnant-gagnant. Mais maintenant que le Ramadan tombe en pleine période estivale, l’organisation de tel dîner devient difficile, juge M. Henniche. « Au mois d’août, beaucoup de responsables politiques ne sont pas joignables », indique-t-il.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Conseil français du culte musulman (CFCM) n’organise pas de repas pour l’iftar cette année. « Nous allons organiser, à la place, un dîner au mois d’octobre pour la fête de l’Aïd al-Adha » explique Mohammed Moussaoui, le président du CFCM.
Au Rassemblement des musulmans de France (RMF), même son de cloche. Pas d’iftar pour cause de vacances.

L’islam : deuxième religion de France

De son côté, le ministère des Affaires étrangères n’a pas attendu août pour organiser un iftar. Dès le troisième jour de jeûne, le 23 juillet, Laurent Fabius a accueilli au Quai d’Orsay les 57 ambassadeurs des États membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI), hormis la Syrie qui n’était pas invitée, en raison de la répression sanglante exercée sur la population par le régime de Bachar al-Assad.

Le ministre a ainsi voulu reprendre une tradition qui avait été interrompue ces dernières années. Un geste qui « permet à la France de marquer, en ce début de Ramadan, notre intérêt et notre estime pour le monde musulman » a-t-il indiqué lors d’un discours tenu lors de l’iftar.
« Je veux saluer en l’islam une religion qui enseigne la paix, la fraternité et la spiritualité. Je salue aussi en l’islam la seconde religion de France », a ajouté le ministre.
« Nous veillons et veillerons à ne pas stigmatiser les musulmans de France, mais au contraire à leur témoigner le respect qui leur est dû », a-t-il poursuivi en s’adressant aux principaux responsables de l’islam de France, également invités, comme Mohammed Moussaoui et Dalil Boubakeur.

Diplomatiquement parlant

Soucieux d’un point de vue diplomatique de suivre le travail des Etats de l’OCI, le ministre a par ailleurs confirmé la nomination d’un envoyé spécial auprès de l’OCI, M. Louis Blin, le consul général à Djeddah, en Arabie Saoudite, où siège l’institution.

« Au niveau international, la France entretient de longue date des rapports avec le monde islamique, en Méditerranée, en Afrique, en Europe et en Asie. C’est pourquoi nous avons décidé de renforcer encore nos relations d’amitié et de coopération avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et ses membres qui sont représentés ici », a-t-il déclaré.

La diplomatie, c’est également quelque chose d’important pour l’ambassade des Etats-Unis qui organisait, pour la 4e année consécutive, un iftar jeudi 26 juillet.
« Nos deux pays se ressemblent par beaucoup d’aspects. L’un d’eux est leur grande diversité et la présence importante de communautés musulmanes. (…) Ensemble, nous devons saisir cette opportunité de faire avancer nos objectifs mutuels de sécurité, de paix et de démocratie dans le Moyen Orient. Nous devons soutenir les transitions démocratiques en cours à travers la région, de la Tunisie jusqu’en Egypte », a ainsi déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles H. Rivkin.

A l’ambassade d’Iran, qui organise un iftar samedi 4 août, le ton est moins diplomatique. Le diner reste un événement « uniquement pour les personnalités musulmanes », nous indique-t-on.







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