Sur le vif

Etats-Unis : des professionnels du high tech s'opposent au fichage des musulmans

Rédigé par Imane Youssfi | Vendredi 16 Décembre 2016 à 16:42



Près de 1 300 employés exerçant dans des entreprises liées aux nouvelles technologies ont signé une lettre ouverte promettant de ne pas participer à la constitution d’une base de données qui recense les personnes de confession musulmane si on leur demandait de le faire. « Nous choisissons de rester solidaire avec les Américains musulmans, les immigrants et toutes les personnes dont la vie et les moyens de subsistance sont menacés par les politiques de collecte de données proposées par l'administration entrante », peut-on y lire.

« Nous refusons de construire une base de données de personnes basée sur leurs croyances religieuses constitutionnellement protégées. Nous refusons de faciliter les expulsions massives de personnes que le gouvernement estime indésirables », ont-ils ajouté.

Les signataires s'engagent à respecter trois principes : refuser de participer à la création de bases de données pour le gouvernement des États-Unis ciblant les personnes en fonction de leur race, leur religion ou leur origine, lutter au sein-même de leur entreprise contre toute tentative allant dans ce sens afin de minimiser la collecte et la conservation des données sensibles et s'exprimer publiquement s'ils découvrent l'utilisation illégale ou non éthique des données.

Le fichage des musulmans est une véritable crainte outre-Atlantique. En décembre 2015, Donald Trump affirmait qu’il mettrait « certainement en place » une base de données pour ficher les musulmans présents aux Etats-Unis. Cette déclaration faisait suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris et de la tuerie de San Bernardino.

Facebook et Twitter opposés

Certaines sociétés ont déjà promis de ne pas créer un tel registre. Facebook l'a confirmé cette semaine à CNN. « Personne ne nous a demandé de créer un registre musulman, et bien sûr, nous ne le ferions pas ». Twitter avait publié une déclaration similaire sur son site web avant que la lettre ouverte ne soit mise en ligne.

Donald Trump recevait, mercredi 14 décembre, à la Trump Tower les dirigeants de la Silicon Valley, y compris ceux de Facebook et de Apple. Le nouveau président leur a promis d’offrir son aide pour leur permettre de continuer à innover. En revanche, les responsables de Twitter n’étaient pas conviés à la réunion. Un comble dès lors qu'on sait combien le dirigeant américain en a fait « bon usage » durant sa campagne.

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