Religions

Diplômés, les récitateurs du Coran de l’IESH honorés

Rédigé par | Mercredi 7 Décembre 2011 à 22:00

L’Institut européen des sciences humaines (IESH) de Paris organise, jeudi 8 décembre, une cérémonie de remise des diplômes d’apprentissage du Coran, dans ses locaux de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). L'occasion pour Ammar Rouibah, un des responsables de l'IESH, de rappeler aux lecteurs de Saphirnews l'importance de la mémorisation du Coran dans la religion musulmane.



L'heure est aux réjouissances à l’Institut européen des sciences humaines (IESH) de Paris. Les 12 étudiants qui ont mémorisé, durant leur cursus de trois ans,* la totalité du Livre saint (houfadh) et qui maîtrisent entre deux et quatre lectures du Coran seront distingués, jeudi 8 décembre dès 18 h 30, par la remise du diplôme de l'Ijaza dans les locaux de l'Institut de Saint-Denis.

Pour les honorer seront présents le Cheikh Ahmed Aissa El-Masarawi, grand maître égyptien des récitations du Coran officiant à l'université d'Al-Azhar, et Ahmad Jaballah, directeur de l'Institut européen des sciences humaines (IESH) et président de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF).

De l’importance de la mémorisation du Coran

Pour tout musulman, l'importance d'apprendre le Coran - ou du moins une partie - est grande. Si un grand nombre de musulmans, parmi les pratiquants, se contentent de mémoriser quelques sourates afin de pouvoir accomplir les prières, ils sont aussi nombreux qui aspirent à aller plus loin afin de renforcer leur relation vis-à-vis de Dieu.

« Détenir l’intégralité du Texte coranique dans sa poitrine est l’aspiration de tout musulman. Bien plus qu’une bonne action, c’est un acte d’adoration parmi les plus méritoires et les plus riches en sens et en foi. Apprendre par cœur le Saint Coran, la parole révélée de Dieu, c’est rejoindre les "gens de Dieu", ceux qui seront dignes d’être aimés, honorés et respectés de tous leurs coreligionnaires, ceux qui s’élèveront le plus haut le jour où Dieu dira à tout musulman : "Récite et élève-toi, ton ascension dans les hauteurs du Paradis s’arrêtera au dernier verset que tu réciteras" », selon un récit rapporté du Prophète Muhammad (hadith), explique Ammar Rouibah, chargé du développement des ressources au sein de l'IESH.

« La préservation dans les poitrines est plus fiable que la préservation dans les livres. Ce qui assure cette authenticité et cette fidélité au texte initial, c’est la transmission orale selon des règles strictes : chaque élève apprend le Texte coranique et ses règles de récitation d’un maître, ce dernier ayant lui-même récité l’intégralité du Texte coranique en respectant toutes ces règles à son maître et ainsi de suite », précise-t-il.

La chaîne de transmission perdure

Ainsi, lorsqu'un maître décerne l'Ijaza à son élève, ce dernier obtient la reconnaissance qu’il a récité fidèlement le Coran, rajoutant son nom à sa chaîne de transmission orale et devenant ainsi le dernier maillon d’une chaîne « dont le premier est Dieu lui-même, le deuxième l’ange Gabriel, et le troisième le Prophète Muhammad. Certains, aujourd’hui, peuvent ainsi se prévaloir d’être les 27e d’une telle chaîne », selon M. Rouibah.

« Jusque-là, les grands maîtres de la lecture du Livre saint venaient principalement de l'étranger et il fallait séjourner dans un des grands pays musulmans dans lesquels vivent et enseignent les spécialistes du Coran. Désormais, nous avons, grâce notamment aux diplômes dispensés par l'IESH de Paris et de Château-Chinon, nos propres récitateurs » dans l'Hexagone, indique fièrement M. Rouibah. Leur présence contribuera à l'essor d'une spiritualité au sein de la communauté musulmane de France.




Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur