Sur le vif

Copé, président de l’UMP et de la « droite décomplexée »

Rédigé par La Rédaction | Mardi 20 Novembre 2012 à 11:46



C’est près de 30 heures après le vote des adhérents UMP que le nom du président du premier parti de l’opposition a enfin été dévoilé. Jean-François Copé a été déclaré vainqueur dans la soirée du lundi 19 novembre après l’élection visant à désigner le président de l’UMP qui s’est déroulée la veille.

Patrice Gélard, le président de la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (COCOE), la commission chargée de contrôler l'élection à la présidence de l'UMP, a annoncé les résultats définitifs du scrutin : 87 388 voix pour Jean-François Copé (50,03 %) contre 87 290 pour François Fillon (49,97 %), soit 98 voix de différence.

Ce score très serré est annoncé après une journée et une nuit sous haute tension où les camps des deux candidats se sont déchirés. En effet, le soir de l’élection, avant même l’annonce des résultats par la COCOE, François Fillon et Jean-François Copé avaient tous les deux revendiqué leur victoire. Et leurs deux camps s’étaient même accusés mutuellement de fraudes et d’« irrégularités » de vote. « Nous avons maintenu les résultats tels qu'ils nous sont parvenus sans remettre en cause ce que les électeurs avaient choisi », a toutefois précisé Patrice Gélard.

« Je veux à nouveau dire ma très grande reconnaissance à l'ensemble des militants UMP et de celles et ceux qui ont œuvré avec un enthousiasme et une ferveur extraordinaires pour mon élection », a réagi Jean-François Copé au siège de l’UMP, entouré de ses soutiens comme Nadine Morano, Rachida Dati ou encore Luc Chatel.

De son côté, François Fillon n’a pas contesté ce score comme certains le prédisaient. Mais « pour des raisons qui dépassent de loin mon destin personnel, les méthodes qui ont été déployées ne rencontrent, de ma part, aucune approbation », a déclaré l'ex-Premier ministre, depuis son QG du VIIe arrondissement. « Au-delà des nombreuses irrégularités du scrutin que j'aurais pu contester, ce qui me frappe surtout ce soir, c'est que la fracture qui traverse notre camp politique est désormais manifeste », a-t-il ajouté, en restant flou sur son avenir politique. En tout cas, il ne deviendra pas le vice-président de l'UMP comme lui a proposé Jean-François Copé. François Fillon a refusé ce poste. Une proposition jugée « grotesque » par Eric Ciotti, son directeur de campagne durant l'élection.

Désormais, entre les mains de Jean-François, l’UMP fait un virage tout à droite, vers la « droite décomplexée » comme il qualifie sa mouvance. Un mouvement qui va à l’encontre du « politiquement correct » selon lui et qui, pour cela, se permet de stigmatiser à volonté la communauté musulmane.

Les adhérents UMP ont également voté pour les motions des différents courants du parti, dimanche. Ces résultats sont encore attendus. Ils pourraient appuyer ou atténuer le cap que le maire de Meaux veut donner à l’UMP.

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