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Monde

Syrie : Yarmouk, symbole du désastre humanitaire voulu par le régime

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 27 Février 2014



Des centaines de Palestiniens du camp de Yarmouk, en Syrie, se dirigeant vers un point de distribution de nourriture le 31 janvier. © UNRWA
Des centaines de Palestiniens du camp de Yarmouk, en Syrie, se dirigeant vers un point de distribution de nourriture le 31 janvier. © UNRWA
Yarmouk illustre à lui seul le drame que traverse le peuple syrien depuis mars 2011. Après des mois d’un siège insoutenable imposé au camp palestinien par le régime d'al-Assad, ses habitants avaient été autorisés un court temps à recevoir de l’aide humanitaire, en vertu d'un accord conclu mi-janvier entre les factions palestiniennes et les rebelles syriens. Ces derniers ont été appelés à se retirer de Yarmouk, condition émise les forces gouvernementales pour ouvrir l'accès du camp à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Cependant, l’accord n’a pas été longtemps respecté par le régime syrien. Mis en œuvre le 18 janvier, il a été suspendu le 8 février. Le commissaire général de l'UNRWA, Filippo Grandi, a réclamé un accès continu à Yarmouk, situé dans la banlieue de Damas, pour y distribuer de l'aide aux 18 000 Palestiniens otages d’une guerre sans merci que livre Bachar al-Assad contre les rebelles. Avant la guerre, le camp comptait quelque 150 000 habitants, souvent Palestiniens. Comme pour la plupart des Syriens, ceux qui ont pu quitter Yarmouk à temps ont fui vers les pays voisins, principalement au Liban et en Turquie.

La photo témoin du désastre humanitaire à Yarmouk

Le siège, décrété en été 2013, a déjà provoqué la mort de dizaines de personnes par manque de soins ou de nourriture. La photo plus haut, prise le 31 janvier par un membre de l'UNRWA puis diffusée par Reuters, montre des centaines de Palestiniens du camp de Yarmouk convergeant vers un point de distribution de nourriture. Celui-ci était situé dans un no man’s land, dans le champ de tir de snipers de l’armée de Bachar al-Assad, rapporte notamment Rue 89. Les destructions matérielles sont aussi visibles que la détresse des familles.

« On dirait une apparition de fantômes », a déclaré à l'AFP Filippo Grandi. « Certains peuvent à peine parler. J'ai essayé de questionner nombre d'entre eux, et ils parlent tous de privation absolue. » « Ils sont restés piégés, non seulement sans nourriture, ni médicaments, ni eau potable - toutes les nécessités de base - mais aussi probablement avec la peur au ventre à cause des combats intenses », a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, samedi 22 février, une résolution appelant toutes les parties à lever immédiatement les sièges des zones peuplées et à permettre un accès humanitaire sûr et sans entraves aux ONG. La mise en œuvre de cette résolution est rendue difficile par l’attitude du régime syrien. La punition collective infligée par Bachar al-Assad à sa population pour mater les insurgés aggrave la crise humanitaire en Syrie, où la famine est apparue dans diverses régions du pays, y compris à Damas. La mobilisation de la communauté internationale reste timide pour mettre fin au conflit syrien.

Halte au blocus de Yarmouk

Trois ans déjà que le conflit en Syrie a commencé. En France, des manifestations en faveur du peuple syrien sont régulièrement organisées mais ne font malheureusement pas déplacer les foules. Elles n'en demeurent pas moins importantes. Notons le rassemblement organisé le 1er février à Paris par le Mouvement des Jeunes Palestiniens (PYM). L'organisation réclame, hier comme aujourd'hui, la levée du siège imposé au camp de Yarmouk et de toutes les villes assiégées en Syrie. Plus que jamais, l'heure est à l'urgence.





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