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Société

Stéphane Hessel ovationné, à la place des Grands Hommes

Soutien à la campagne BDS

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 20 Janvier 2011

1 500 personnes se sont retrouvées, mardi 18 janvier, pour entendre Stéphane Hessel s'indigner contre la censure dont il a fait l'objet à l'Ecole normale supérieure (ENS) sous la pression du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), grand défenseur d'Israël qui s'oppose formellement à la campagne de boycott des produits israéliens (BDS, Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Une victoire pour la liberté d'expression, clament les organisateurs de la conférence.



Stéphane Hessel, entouré de Leila Shahid et de Michel Warshawski, à la place du Panthéon, mardi 18 janvier.
Stéphane Hessel, entouré de Leila Shahid et de Michel Warshawski, à la place du Panthéon, mardi 18 janvier.
Le coup de pression du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) pour faire interdire Stéphane Hessel de Normale Sup a finalement tourné en la faveur de ce dernier.

A l'appel de la Ligue des droits de l’homme, des partis de gauche et d'associations pro-palestiniennes, des centaines de personnes sont venues mardi 18 janvier soutenir l’auteur du livre Indignez-vous, place du Panthéon, dans le 5e arrondissement parisien, à la suite de l’annulation d’une conférence prévue à l’Ecole normale supérieure (ENS), qui devait se tenir le jour même, par la directrice de l’établissement, Monique Canto-Sperber, après avoir été sensibilisée par les arguments du CRIF.

Le colloque, destiné à « défendre de la liberté d’expression », a réuni beaucoup plus de monde que les 350 inscrits initialement, ont noté les associations, puisque près de 1 500 personnes ont fait le déplacement pour acclamer l’ancien résistant à la place des Grands Hommes, autre nom de celle du Panthéon. Jamais une place parisienne n’aura aussi bien porté son nom ce soir-là.

Stéphane Hessel en bonnet phrygien
Stéphane Hessel en bonnet phrygien

La campagne BDS s'offre un tribune de choix

« Ce qui est à mon avis insupportable, c'est qu'au dernier moment l'accès à une salle où nous devions nous réunir pacifiquement nous soit refusé, sans aucune raison particulière. La liberté de l'information est bafouée par une action comme celle-là (du CRIF, ndlr) », s’est indigné M. Hessel, ancien étudiant de l’ENS, armé d’un bonnet phrygien sur la tête.

Toutefois, les sourires se sont lus sur les lèvres des militants et des personnalités. « Aucune salle de l’ENS n’aurait pu accueillir autant de monde », s’est exclamée Leila Shahid, ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union européenne. La médiatisation de cette interdiction ainsi que l’aura positif dont bénéficie M. Hessel, attaqué en justice pour son soutien à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), a contribué au succès de l’événement.

« Si quelqu’un doit être traîné devant un tribunal, c’est le gouvernement israélien », a fait savoir Alima Boumediene-Thiery, sénatrice des Verts qui a fait l'objet d'une plainte de la même nature que M. Hessel avant d'être relaxée.

« Il est non seulement légitime mais, pour nous, Israéliens, absolument nécessaire de mener cette campagne : dans BDS, ce qui est important, c’est le "S", c’est de sanctionner une politique qui ne respecte pas le droit international, les conventions internationales ni même les engagements pris par les gouvernements israéliens précédents. S’il y avait "S", il n’y aurait besoin ni de "B" ni de "D"», a rappelé l'Israélien Michel Warschawski, fondateur du Centre d'information alternative (AIC), à l'auditoire.

« In-di-gnez-vous ! », a finalement conclu M. Hessel, sous les applaudissements chaleureux du public. Cette phrase désormais célèbre a conquis des centaines de milliers de Français.







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