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Sur le vif

Profanations à Notre-Dame-de-Lorette : abandon des poursuites requises

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 4 Décembre 2014



Profanations à Notre-Dame-de-Lorette : abandon des poursuites requises
Les deux hommes accusés d’avoir profané en 2008 les tombes musulmanes du cimetière militaire de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais) ne seront pas poursuivis. C’est du moins ce qu’a requis le procureur à leur encontre, alors que les deux prévenus comparaissaient jeudi 4 décembre devant le tribunal correctionnel d’Arras.

Les deux auteurs présumés, qui ont toujours nié les faits qui leur étaient reprochés, ont continué de clamer leur innocence pendant le procès. Ils ont assuré à l’ouverture de l’audience « ne plus avoir d’idées néonazies ». Il a été avéré qu’ils étaient sur place, par l’étude des bornes téléphonique et de l’aveu même des deux prévenus puisqu'ils ont affirmé avoir passé la soirée du 5 avril 2008 à boire avec des amis à quelques kilomètres du cimetière. Ils ont déclaré s’y être à un moment mais ont constaté que les tombes étaient déjà profanées.

Aucun élément matériel ne prouve qu’ils soient les auteurs des faits. Les analyses ADN réalisées sur les objets trouvés sur place ne correspondent pas aux deux prévenus. « A l'examen de ces éléments, je ne peux pas déterminer la présence de l'un ou de l'autre prévenu sur les lieux au moment des faits », a déclaré le procureur Hugues Weremme. Il a toutefois souligné qu’« il n'a pas été établi formellement qu'ils étaient présents à un autre endroit au moment considéré ».

Un des prévenus déjà condamné pour des profanations

Dans la nuit du 5 au 6 avril 2008, des croix gammées, des sigles nazis et des inscriptions injurieuses envers l’islam et Rachida Dati, la garde des Sceaux de l’époque, ont été tagués sur 148 tombes musulmanes du plus grand cimetière militaire français, situé à Ablain-Saint-Nazaire. Une tête de porc, accompagnée du mot halal, était aussi attachée à une stèle. A l’époque, l’émotion et l’indignation étaient générales, et le président de la République Nicolas Sarkozy s’était rendu sur place.

Mis en examen en septembre 2008, les deux auteurs présumés, aujourd’hui âgés de 26 et 29 ans, avaient effectué trois semaines de détention provisoire, avant d’être remis en liberté et placés sous contrôle judiciaire. Le plus jeune, déjà condamné pour des faits de violence, était engagé volontaire dans l’armée de l’air. Le deuxième prévenu, à l’époque membre de la mouvance skinhead, avait déjà été condamné à deux ans de prison pour la profanation de 52 tombes dans le même cimetière, en avril 2007.

Plusieurs associations, dont le MRAP, SOS Racisme, la Licra ou encore Générations mémoire harkis se sont constituées partie civile dans cette affaire. Le jugement a été mis en délibéré au 8 janvier 2015.

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