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Profanations de Notre-Dame-de-Lorette : Moussaoui demande « des signaux fermes »

| Mercredi 10 Décembre 2008

Pour la troisième fois en moins de deux ans, plus de 500 stèles musulmanes et une dizaine de tombes juives ont été profanées au cimetière militaire de Notre-Dame-de-Lorette, près d’Arras (Pas-de-Calais). Cette fois encore, des croix gammées ainsi que divers messages insultant l'islam et la garde des Sceaux Rachida Dati ont été tracés à la peinture noire. Les dégradations ont été découvertes lundi matin, jour de la fête de l'Aïd el-Kébir, par un promeneur, a précisé à la presse le procureur de la République d'Arras Jean-Pierre Valensi. Selon ses constatations, ce nouvel acte ressemble à la précédente profanation, commise en avril 2008.



Profanations de Notre-Dame-de-Lorette : Moussaoui demande « des signaux fermes »
Une délégation du Conseil français du culte musulman (CFCM), conduite par son président, Mohammed Moussaoui, s’est rendue au cimetière de Notre-Dame-de-Lorette, mardi 9 décembre, pour se recueillir sur les tombes profanées. Lors de la cérémonie qui a réuni près de 150 personnes selon le CFCM, Mohammed Moussaoui a appelé le président de la République à se rendre sur place pour marquer son « attachement et son respect », et s'exprimer « à la mémoire des musulmans morts pour la France ».

Joint par téléphone, le président du CFCM a déploré auprès de Saphirnews la présence « insuffisante » des autorités. Seul le directeur de cabinet du préfet a fait le déplacement. « La communauté musulmane attend des pouvoirs publics des signaux fermes à la mesure de l’indignation qui est la leur », a tenu à souligner M. Moussaoui. « Cette visite du président de la République permettra de rappeler que la douleur infligée aux musulmans de France concerne l’ensemble de la communauté nationale », précise-t-il dans leur dernier communiqué.

Une journée nationale à la mémoire des soldats musulmans ?

En réaction à la répétition de ces actes de profanation, le Rassemblement des musulmans de France (RMF) propose d’instaurer une journée nationale de commémoration de la « mémoire des musulmans de France », ceci « afin de sensibiliser les jeunes à la contribution des musulmans qui sont tombés sur le champs d’honneur pour défendre la dignité de leur nation, La France, et la liberté de tous les français, quelles que soient leurs religions ou leur croyances », souligne son président Anouar Kbibech dans un communiqué. A ce sujet, il précise qu'« un contact formel » doit avoir lieu « dans les prochains jours » avec le ministère de l'Intérieur. Ce cimetière militaire où reposent 40 000 hommes compte 576 sépultures musulmanes. Le lieu inauguré en 1925 commémore les combats de la première guerre mondiale.

De son coté, la classe politique a aussitôt réagi. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a dénoncé un « racisme répugnant » et souhaite « que les coupables soient rapidement identifiés, traduits en justice, et condamnés, avec toute la sévérité qui s'impose ». Même émotion exprimée par la première secrétaire du PS, Martine Aubry. « Chaque fois qu'un acte ignoble comme celui-là est commis, c'est une blessure pour tous les Français », a-t-elle affirmé.

Des peines moins sévères qu'il y a dix ans

Une mission parlementaire présentera, jeudi 11 décembre à l’Assemblée, le contenu d’un rapport sur les violations de sépultures. En mai dernier, Jean-François Copé avait confié à deux députés du groupe UMP, Jean-Frédéric Poisson (Yvelines) et André Flajolet (Pas-de-Calais), le soin d’identifier leurs causes et de proposer des solutions pour lutter contre ce phénomène. Selon le document d’une trentaine de pages dont Le Figaro et La Croix ont eu connaissance, ces actes de vandalisme seraient en hausse depuis le début de cette année après une stabilité constatée ces dix dernières années. Des profanations seraient commises tous les deux ou trois jours en France. En revanche, les atteintes à l’intégrité des dépouilles restent assez rares avec une moyenne de huit cas par an.

Autre constat de ce rapport, les peines prononcées seraient moins sévères « qu’à la fin des années 1990 ». L'année dernière, 53 profanateurs ont été condamnés pour ces délits passibles de 45 000 à 75 000 euros et de trois à cinq ans d'emprisonnement. Sur les 310 condamnations prononcées en dix ans, seules 15 peines fermes, pour une durée moyenne de 3,7 mois de prison, ont été délivrées par la justice.





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