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Hadj

Pas de hajj pour les militaires musulmans de France

Hajj 2009

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 2 Novembre 2009

L’aumônerie musulmane aux armées françaises n’organisera pas le grand pèlerinage à La Mecque pour ses militaires cette année. Les risques de contamination à la grippe A sont trop grands, ont estimé les organisateurs, qui reportent le hajj à 2010. La décision, prise voilà quelques jours, a été communiquée à Saphirnews par l’intermédiaire de Mohamed-Ali Bouharb, l’aumônier en chef du culte musulman de la gendarmerie nationale. Explications.



Pas de hajj pour les militaires musulmans de France
Le hajj 2009 se fera sans les militaires de confession musulmane. Les risques pandémiques étant jugés trop importants, le grand pèlerinage à La Mecque, dont le départ pour les militaires était initialement prévu pour le 18 novembre, a été reporté à l’année prochaine.

Le pèlerinage se fera sans les militaires musulmans de l'armée française, a déclaré Mohamed-Ali Bouharb, aumônier en chef adjoint du culte musulman de la gendarmerie nationale.
Le pèlerinage se fera sans les militaires musulmans de l'armée française, a déclaré Mohamed-Ali Bouharb, aumônier en chef adjoint du culte musulman de la gendarmerie nationale.
C’est ce qu’a déclaré, vendredi 30 octobre, Mohamed-Ali Bouharb, l’aumônier en chef adjoint du culte musulman de la gendarmerie nationale pour Saphirnews.

L'organisation d'un tel voyage au sein de l’armée française a une signification toute particulière, puisqu'il marque une nouvelle étape dans la standardisation du culte musulman dans les institutions républicaines.

Pour ce premier pèlerinage, l’aumônerie musulmane aux armées françaises tenait donc à ce que le voyage se déroule dans de très bonnes conditions. La décision de report, prise voilà quelques jours, a été le fruit d’une intense réflexion de l’aumônerie, dont M. Bouharb se fait le porte-parole.

« L’organisation d’un tel événement nécessite une vigilance toute particulière. La sécurité des militaires et de leurs familles ressort de la responsabilité de l’Aumônerie et bien que cette opération nous tienne particulièrement à cœur, il aurait été imprudent de notre part d’engager le dispositif cette année dans le contexte sanitaire instable qui est celui de la grippe A », explique l’aumônier de la gendarmerie nationale.

« L’Organisation mondiale de la santé (OMS) elle-même incite à la plus grande prudence, poursuit-il. Certes, elle ne restreint pas les voyages internationaux, mais l’environnement particulier du pèlerinage, qui met en présence des populations diverses en provenance du monde entier, nous interdit de prendre le moindre risque. »

Un report à 2010 mûrement réfléchi

Selon M. Bouharb, « tout était très bien ficelé. Le ministère des Affaires Eérangères, de l’Intérieur et de la Défense ont travaillé conjointement à l’élaboration du projet Pèlerinage. L’aumônerie devait le concrétiser avec la mise en place de l’étape finale, celle de la logistique, entièrement prise en charge par nos services ». Logistique qui s’est vue contrariée par le virus H1N1, dont les risques réels de propagation et de contamination ne sont guère connus des organisateurs.

Quand bien même le vaccin contre la grippe constitue la solution la plus efficace, il ne sera disponible pour le grand public qu’à la mi-novembre alors que les militaires étaient « censés partir le 18 novembre. Entre la date de mise en circulation des vaccins et le départ à La Mecque, le délai de réactivité est très court. Il se peut qu’il y ait finalement plus de peur que de mal pour le hajj 2009 mais nous ne prendrons aucun risque », ajoute M. Bouharb.

De leur côté, les autorités saoudiennes se veulent plus rassurantes, arguant qu’il n’y a pas eu de cas de grippe A lors du petit pèlerinage pendant le mois du Ramadan. Cependant, le nombre de cas a explosé en France métropolitaine en octobre, passant de 41 000 début octobre à 167 000 la semaine dernière, selon le réseau GROG (Groupes régionaux d'observation de la grippe). Plutôt que d’exposer les pèlerins, l’aumônerie a préféré reporté le hajj. « Même si la décision a été très difficile à prendre, elle est sage », estime-t-il.

Laïcité oblige, le ministère de la Défense n’organise pas le hajj

« L’aumônerie musulmane étant un service qui émane d’une institution publique et en l’occurrence du ministère de la Défense, la confusion peut rapidement s’installer dans les esprits. Pour être clair, c’est l'ASAMAA, l'Association de soutien de l’Aumônerie musulmane aux armées, en tant qu’association juridique légalement constituée au sein des armées, qui organise le pèlerinage » et non pas l’armée ni le ministère de la Défense, contrairement aux idées préconçues, tient à préciser M. Bouharb.

« La laïcité, induisant une séparation entre l’État et les cultes, ni l’armée ni le ministère de la Défense ne peuvent prendre part à l’organisation d’un pèlerinage, quel qu’en soit le culte. Cela est strictement interdit par la loi. Il n’y a pas de volonté publique de rompre avec la tradition républicaine. »

Comme pour les militaires catholiques partant vers Lourdes, grâce à la fédération des Amis de l'Aumônerie catholique des armées françaises (AACAF), les militaires de confession musulmane qui voudront partir au hajj devront donc faire une demande de permission auprès de leur hiérarchie. Le ministère de la Défense ne finançant aucun culte, les pèlerins ne se voient affréter ni avion ni train par les autorités, bien que certaines démarches leur soient facilitées.

Des prix en deçà du marché

Même si le décompte n’a pas encore été établi à ce jour, M. Bouharb assure qu’au moins 257 visas avaient été octroyés, « l’équivalent d’un avion complet », aux militaires et à leurs conjoints, leurs ascendants et/ou leurs descendants, les seuls autorisés à faire partie du voyage.

Chacun devait débourser 2 500 € de sa poche. Une somme peu élevée au regard de ce que payent les civils, dont le voyage peut grimper jusqu’à 5 000 €. Explications ? « Notre mission, en tant que service public, nous tient éloignés de toute velléité lucrative à la différence des tour-opérateurs. L’application du coût direct, sans plus-value financière, ne nous a pourtant pas empêchés de suivre les process classiques d’une agence de voyages. Nos prix avantageux résultent d’une absence de marge et d’une inexistence d’intermédiaires pour la négociation des tarifs et, par conséquent, nous ne versons aucune commission. Nous avons simplement demandé un agrément au ministère français du Tourisme et du ministère du Hajj saoudien, ce qui nous permet d’assurer une transparence totale de nos prestations », répond l’aumônier.








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