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Société

Grippe A : un vaccin pour les pèlerins ?

Hajj 2009

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 12 Octobre 2009

Le grand pèlerinage à La Mecque est placé, cette année, sous le signe de la grippe A. Plus que tout autre pèlerinage, le hajj, qui se tiendra du 25 au 30 novembre prochain, se déroulera dans des conditions de promiscuité propices à la propagation du virus H1N1.



Selon l'Institut Pasteur, « le vaccin contre la grippe saisonnière ne protège absolument pas contre la grippe pandémique ».
Selon l'Institut Pasteur, « le vaccin contre la grippe saisonnière ne protège absolument pas contre la grippe pandémique ».
Saint-Jacques de Compostelle, Lourdes ou encore Jérusalem : de hauts lieux saints qui attirent des milliers, voire des millions de personnes par an. Mais rares sont les pèlerinages à dates fixes dans le monde à l’image du hajj, qui réunit, chaque année, 2 à 3 millions de pèlerins, dont 30 à 40 000 musulmans de France. Du 25 au 30 novembre 2009, la très forte concentration de personnes augmente logiquement le risque de propagation du virus de la grippe A (H1N1), la nouvelle menace du moment.

L’Arabie Saoudite préconise fortement, à ce jour, aux enfants de moins de 12 ans, aux personnes de plus de 65 ans, aux femmes enceintes et aux personnes malades de ne pas se rendre à La Mecque. D’autres pays musulmans, comme l’Égypte et l’Iran, ont complètement interdit à ces personnes le voyage. Cependant, la pertinence de ces recommandations est à interroger. Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), « la majorité des cas est survenue chez des personnes de moins de 25 ans » et « la plupart des cas d’infection graves et mortels ont touché des adultes entre 30 et 50 ans ».

Dans le même temps, les autorités saoudiennes, qui comptabilisent 29 morts dus au virus ces derniers mois, se sont récemment montrées rassurantes depuis la fin du mois de Ramadan, mois pendant lequel des millions de musulmans se rendent à La Mecque pour effectuer la ‘umra, le petit pèlerinage surérogatoire. Seuls 26 cas auraient été détectés durant cette période et aucun cas mortel n’a été recensé.

Plusieurs vaccins sont recommandés

Cependant, la vigilance reste de mise. « Ce cinquième pilier a son obligation à partir du moment où nous en avons les moyens financiers et physiques. Mais, sur ce plan, très peu de nos concitoyens, notamment les personnes âgées, qui se rendent à La Mecque s’en préoccupent », affirme Zakaria Nana, président de SOS Pèlerins.

L’association laïque de défense des pèlerins rappelle, par l’intermédiaire de son président, l’obligation de consulter son médecin traitant ou un médecin spécialiste du voyage pour un bilan médical et de se faire vacciner contre la méningite à méningocoques dans un centre de vaccination international. « Le vaccin contre la méningite à méningocoques tétravalent (ACYW135), qui se trouve en pharmacie et est délivré par son médecin traitant, n’est pas le vaccin obligatoire exigé par les autorités saoudiennes », martèle M. Nana.

En définitive, toute personne qui est passée par la pharmacie pour cette vaccination doit le refaire. À cela s’ajoute la vaccination contre la grippe saisonnière, fortement recommandée par SOS Pèlerins depuis quatre ans et par les autorités saoudiennes depuis mai dernier.

Néanmoins, « le vaccin contre la grippe saisonnière ne protège absolument pas contre la grippe pandémique », plus virulente, selon le Dr Paul-Henri Consigny, responsable du centre médical de l’Institut Pasteur. Comme SOS Pèlerins, il recommande aux futurs pèlerins français « qui auront de la chance » de se faire vacciner contre le virus H1N1 dès que le vaccin sera disponible, probablement à la mi-octobre.

Le couac du vaccin contre la grippe A

Pourquoi de la chance ? « Personne, ni au ministère de la Santé ni celui des Affaires étrangères ou de l’Intérieur, ne se préoccupe véritablement du sort des pèlerins. Personne aujourd’hui n’est en mesure de leur délivrer la bonne réponse à la question : faut-il se faire vacciner contre la grippe A ? », déplore M. Nana.

Quand bien même la réponse est positive, « les pèlerins ne sont pas pris en compte parmi les patients prioritaires dans la stratégie de vaccinations définie par le ministère de la Santé », poursuit-il.

En effet, les professionnels de santé, les femmes enceintes, l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois et ceux de 6 à 23 mois avec facteurs de risques sont considérés comme étant « prioritaires du premier million de vaccins que la France va obtenir dans les prochaines semaines ».

De plus, pour que la protection soit totale, deux doses de ce vaccin sont à administrer à trois semaines d’intervalle, selon l’Institut Pasteur. Pourtant, « les grands départ pour le hajj se font à partir du 2 novembre. Il y a un véritable couac mais personne n’en parle, alerte M. Nana. Les pèlerins qui se préparent pour partir à La Mecque sont complètement abandonnés ».

Face à cette confusion apparente, SOS Pèlerins organise, jusqu’au 14 novembre, à Paris, la Hajj Académie, une formation gratuite, ouverte à tous et surtout aux pèlerins, afin que leur soient délivrés des conseils juridiques et pratiques avant leur départ pour un hajj bien accompli.






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