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Monde

Omra et Ramadan : en-Mers et contre tous

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 11 Juin 2014

Le Ramadan approchant, les autorités saoudiennes se préparent au traditionnel rush de pèlerins venus accomplir la Omra, à La Mecque, à l'heure où le royaume demeure confronté à la présence persistante du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).



Omra et Ramadan : en-Mers et contre tous
Pèlerinage et Ramadan, une formule de voyage star que rien ne semble pouvoir ébranler... rien sauf le coronavirus ? Malgré les risques d'exposition au virus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), le traditionnel afflux de pèlerins venus à La Mecque pendant le mois du jeûne pour effectuer le petit pèlerinage (Omra) devrait être aussi important que les autres années. Le Ramadan, dont la seule nuit du Destin équivaut dans la tradition islamique à 1 000 mois, est propice à la multiplication d'œuvres pieuses et d'actes d'adoration, qui se traduit pour des centaines de milliers de musulmans par un départ pour La Mecque.

Avec 282 morts recensés depuis son apparition en septembre 2012, l’Arabie saoudite est le premier foyer de contamination au coronavirus. Le royaume, qui avait initialement annoncé 190 morts lundi 2 juin, a révisé à la hausse (+67 %) le nombre de personnes décédées à la suite d’une infection dès le lendemain, dans un souci affiché de transparence et de rigueur dans la collecte des données relatives à la maladie. Le total de personnes infectées avait été évalué à 688. Depuis, selon nos constatations, le chiffre a été porté à 700, 12 nouveaux cas ayant été signalés depuis le 4 juin en Arabie Saoudite.

Omra et Ramadan : en-Mers et contre tous

La consommation de dromadaire en question

Bien que le mode de transmission soit encore inconnu des scientifiques, les cas d'infection au coronavirus par transmissions interhumaines sont avérés. La forte concentration humaine dans les Lieux saints et la promiscuité générée par l'accomplissement des rites collectifs multiplient naturellement les risques de contamination.

Devant la Grande Mosquée de La Mecque, les autorités saoudiennes font distribuer des dépliants présentant les conseils d’hygiène et les mesures de prévention, eux-mêmes détaillés sur un site internet spécialement dédié au coronavirus et parrainé par le ministère de la Santé. Si le site dont Saphirnews a fait mention dès son lancement est bien en arabe et en anglais, des sections en français y sont aussi intégrées pour renforcer la stratégie de communication.

Ainsi, on y apprend que des experts saoudiens et internationaux ont appelé le public à éviter « de manger de la viande de dromadaire (y compris le foie) crue ou peu cuite et de consommer du lait de chamelle non pasteurisé » et « d’entrer en contact avec des dromadaires malades ». « Cependant, la viande cuite et le lait bouilli ou pasteurisé peuvent toujours être consommés », ajoute le ministère. Cette recommandation fait suite à de récentes études tendant à déclarer les dromadaires et les chauves-souris comme les vecteurs potentiels du coronavirus.

La France conseille de reporter la Omra

L'Arabie Saoudite, qui ne veut pas laisser de chance à un scénario catastrophe de se produire sur son territoire, appuie depuis plus d'un an les mesures préventives consistant à conseiller les personnes âgées et souffrant de maladies chroniques, les femmes enceintes et les enfants de moins de 12 ans de différer leur pèlerinage, Omra et Hajj confondus.

Cette mise en garde est largement prise au sérieux ailleurs. En Tunisie, suite à la publication d’un rapport de l’Observatoire national tunisien des maladies nouvelles et émergentes le 21 mai, le ministère de la Santé a appuyé les recommandations saoudiennes « et ceci, pour préserver (la) santé » des plus fragiles. Trois Tunisiens, de même que deux Algériens qui ont accompli la Omra récemment, sont actuellement traités dans leur pays d’origine.

La France, qui compte la plus forte communauté musulmane d'Europe, suit aussi de près la situation. « A ce jour, aucune mesure de restriction des voyages en direction ou en provenance de ces pays (du Moyen-Orient, potentiellement à risque, ndlr) en raison du coronavirus n’est justifiée », rappelle le ministère des Affaires étrangères dans une note datée du 12 mai dernier à destination des voyageurs, tout en appuyant les mises en garde saoudiennes.

L’OMS sur ses gardes

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suit l’évolution de la situation avec inquiétude mais n’a pas appelé à la remise en cause du pèlerinage ou à une réduction du nombre des pèlerins. Des experts réunis à Genève fin mai ont constaté une progression de l'épidémie mais ont estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour déclarer une urgence de santé publique de portée globale.

Dix ans après l’épidémie de syndrome respiratoire aigu (SRAS), responsable de 800 morts, le mystère reste entier sur la poussée virale du coronavirus MERS. Le traitement contre cette infection, qui provoque des problèmes respiratoires aigus, avec fièvre, toux et essoufflement, n’a toujours pas été mis au point.






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