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Religions

Mosquée d’Evreux : la mairie choisit l’UCME, l’AME sans terrain

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 7 Mars 2013

La mairie d’Evreux a décidé cette semaine d’attribuer un terrain de 5 000 m² destinée à la construction d’une mosquée à l’Union cultuelle des musulmans d’Evreux (UCME). Sa rivale, l’Association des musulmans d’Evreux (AME) ne décolère pas devant cette décision, prise non sans mal par un conseil municipal divisé par cette affaire. Cependant, l’UCME continue son bout de chemin avec le soutien plein et entier du maire et entend bien promouvoir son projet – expliqué plus bas - auprès des Ebroïciens.



Le projet de mosquée de l’Union cultuelle des musulmans d’Evreux (UCME).
Le projet de mosquée de l’Union cultuelle des musulmans d’Evreux (UCME).
Une nouvelle mosquée devrait voir le jour dans les prochaines années en Normandie. La mairie d’Evreux a décidé, lundi 4 mars, d’attribuer le terrain de 5 000m², situé dans le quartier de La Madeleine, à l’Union cultuelle des musulmans d’Evreux (UCME) afin de permettre la construction d’un lieu de culte.

Toutefois, le débat au conseil municipal n’en fut pas moins « houleux », témoigne Badr Eddine Bouzada, le chargé de communication de l’UCME, qui fut présent à la délibération. Au terme de 1h30 de débats, le dossier de l’UCME a bien été accepté mais pas à l’unanimité. Sur les 45 élus, seul un issu de l’UDI a voté contre mais les 9 élus UMP et les 8 élus communistes ont choisi de s’abstenir. A chacun leur raison, selon M. Bouzada. « L’UMP a choisi de ne pas voter en citant le projet de l’AME, il a estimé que le choix (pour l’UCME, ndlr) allait créer une division au sein de la communauté musulmane. (…) Les communistes ont décidé de ne pas participer à la votation, en disant que la municipalité n’a pas à s’immiscer dans les affaires religieuses quelles qu'elles soient, même pour la désignation d’un terrain. Leur ligne de conduite : on est laïc donc on ne vote pas », nous raconte-t-il.

« Le maire a rappelé qu’il a reçu qu’un dossier de candidature, celui de l’UCME et qu’il s’agissait d’étudier la recevabilité de notre dossier. (…) Le caractère crédible et réalisable du dossier a fait qu’il a été défendable par la majorité et adopté par ses élus », souligne-t-il, insistant sur la présence, dans les rangs de la majorité, de deux élus socialistes membres de l’UCME qui ont décidé de ne pas prendre part au vote « pour éviter des recours de l’AME ou de l’opposition ».

Le maire, soutien indéfectible de l’UCME

Avant même la délibération du conseil municipal, l’Association des musulmans d’Evreux (AME) - présente aux débats - a déploré une « procédure partisane » qui l’a empêchée de déposer un dossier et qui a « pour unique objet l’attribution de gré à gré - sans consultation des autres porteurs de projet - d’un terrain municipal à un groupuscule d’individus non représentatifs. On est loin de la volonté politique affichée de recherche consensuelle d'intérêt général et du rassemblement le plus large ».

« Le projet de délibération (…) est organisé dans l’opacité et le flou total pour aboutir à une décision inique en faisant fi de la bienséance républicaine à savoir l’impartialité et l’équité », assure l’AME dans un communiqué.

Dans le conflit qui oppose l’UCME à l’AME, Michel Champredon (Parti radical de gauche) a toujours soutenu publiquement l’UCME et son projet, estimant qu’il s’inscrit dans une dynamique fédérateur que le maire a lui-même impulsé pour éviter une brochette d’interlocuteurs pour un seul projet de mosquée, nous avait-il fait savoir voici plusieurs mois. Il est même allé jusqu’à tenter d’empêcher l’initiative de votation publique organisée par l’AME en juin 2012.

L’UCME, qui avait refusé d'y participer, « est dans une optique de rassemblement, on ne cesse de dire à l’AME de nous rejoindre », répéte M. Bouzada, qui regrette les communiqués de ses rivaux, signe manifeste de division entre les musulmans d’Evreux.

Un délai de six ans pour bâtir la mosquée

Aux attaques de l'AME, l’UCME préfère désormais se concentrer à la construction de la mosquée. Le terrain leur est attribué au titre d'un bail emphytéotique de 99 ans « avec un loyer symbolique d’un euro par an », nous informe-t-on. Toutefois, l’association a l’obligation de bâtir le lieu de culte musulman dans un délai de six ans à partir de la signature du bail, qui interviendra « dans quelques semaines ».

Le permis de construire a été déposé, le 1er mars, auprès de la mairie d’Evreux et de la commune voisine de Guichainville, nous fait aussi savoir M. Bouzada. Le terrain octroyé à l’UCME appartient bien à Evreux mais est situé à Guichainville.

Une campagne de récolte de dons devrait prochainement être lancée. Jusque là, « on n’acceptait pas de dons, juste des cotisations des adhérents à hauteur de 50€ par an. On compte plus de 200 adhérents, leurs cotisations serviront en partie à financer la mosquée. On a en revanche eu des promesses de dons, elles avoisinent les 190 000 € », dit M. Bouzada.

Une goutte d’eau pour un projet qui s’élève à 2,4 millions d’euros et qui n’aura droit à aucun financement de l’étranger, comme l’exige le maire. La priorité de l’UCME : « construire la partie cultuelle » qui sera constituée d’une salle de prière de 800 m² - 600 m² pour les hommes – dans un futur bâtiment qui fera 1 970 m² sur deux étages.

L’AME n’a pas pour autant rendu les armes. A la recherche d’un terrain dans le parc privé à Evreux, elle cherche toujours à construire une mosquée.






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